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Poèmes
"Sans Titre"
Lorsque la pendule pend le cavalier,
Chaque heure du passé martelle la pierre.
Lorsque le soleil aveugle la vallée,
Chaque pierre écrase la terre au son de l'été.
Lorsque je croise les pierres,
Le pendule s'exaspère et prie la flamme.
Mais lorsque je retrouve le chemin,
La vile pâleur du matin s'illumine dans ton regard.
Un battement d'aile
Et j'espère ton retour,
De jamais au soleil,
Au feu de mon amour,
Qui gouverne la croix perdue dans la vallée...Fracture
Tu vas
Tu viens
Tu fractures l'air
Tu fais lever les mains d'une armée
Et cracher le doute
Tu es le passeur galant de cadavres
Et le voleur de voix
Tes cendres te trahissent
A l'increvable carnage qui t'entoure, tu souris.
Blanche comme un ange tu me tiens la main...
Mon amour de cigarette.
Bigoudi (Be-Good-I)
Tâche d'hivers à marque de printemps
Vomissent le temps
Tu temps au temps, vibres en automne
Tes feuilles s'envolent
Du froid au chaud
Du chaud au froid
Clic et voilà !
Amère déception
Du temps qui s'en va
Quand l'été revient
Les cheveux secs...Charade
Ma charade, Quelle mascarade !
Elle prend le phare de part en part
Le pose en Un et va dans le coin
Puis tombe en averse en sens inverse..Définitions :
Le rail est le fracas cauchemardesque de la plume tombée du nid.
L'évier est la cachette dans laquelle s'engouffre l'alphabet placé en échos.
Le banc est le blanc de l'âme conversant avec elle-même.Contine
Tu as brisé la flêche !
Vulgairement
et simplement,
Dans un vile crépitement.
Vois l'horreur !
Quelle terreur !
Et si je ne meurs
Ce sera donc la crêche.
La fleur perdue
L'as-tu pendue ?
Toi qui jamais nu
Hurle à la joie.
Tu as brisé la flèche !
Ou bien est-ce moi ?...
Tu cries à quoi ?
A MOI POUR TOI.Passage avide
Mur mitoyen
Entrelacement d'ententes sourdes.
...Je vie, je vis, tu meurs...
Sage image
Songe de voix muettes.
...Je ris, je vie, tu pleures...
Pas seulement
Changement de plan dans l'interface
...Je...je tue...
...Tu tues...je...
L'ogre carnassier
...Je tu...
...Tu tu...
...Je meurs.....Autoportrait : Délivrance
J'écris.
Mes lettres s'accrochent et la farce opère.
Chaque mot braille mes sens.
C'est alors que je cherche désespérément à gratter les courroies poreuses du cahier, à en arracher la chair.
Lorsque mes doigts se percent d'une écharde, le doux sang coule à flots.
La rugosité s'installe.
La création prend place.
Et me voilà.
Fraîcheur osseuse, empreintes, moëlle, tout y est...
