benee

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  • benee

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L’aspect double du mot d’une part comme symbole représentant une chose absente et d’autre part comme signe linguistique doté d’un signifiant et d’un signifié selon Saussure est ce que je me propose d’étudier dans une première partie composée de deux sous parties :
-nous verrons premièrement avec Piaget dans son ouvrage « La formation du symbole chez l’enfant » que la fonction symbolique qui n’est pas une addition mais véritablement un dédoublement dans le sens d’un pouvoir de trouver à un objet sa représentation, et à sa représentation un signe est concomitante de l’acquisition du langage chez l’enfant. -ensuite nous nous pencherons sur la théorie du signe linguistique chez Saussure (« Cours de linguistique générale ») qui est à double face et suppose un signifiant (l’image acoustique) et un signifié (le concept) puis sur les entités de la langue qui sont à la fois solidaires à l’intérieur d’un système de signes et oppositives si l’on tient compte des axes syntagmatique et paradigmatique sur lesquelles elles s’inscrivent.
En second lieu je voudrais faire apparaître l’aspect double également de la ligne esthétique (en peinture avec le créateur Christopher Wool et dans la sculpture) à l’interface du figuratif et de l’abstrait, à la fois lieu de la jonction entre plusieurs dimensions et signe sur le tableau ou l’objet sculpté. En effet « la ligne est exactement à la croisée des chemins entre figuratif et abstrait, entre le réel et sa représentation .Elle relie les domaines tout en les maintenant séparés. La ligne, comme le point, le plan, la lumière ou la couleur, est constitutive du réel, on la trouve dans la nature. Mais elle est également le biais, le vecteur qui permet de reconstituer ce réel, de le représenter en deux ou trois dimensions .Et, en même temps qu’elle s’exprime comme un simple report à la surface de la toile, elle se révèle en tant que signe, comme un équivalent condensé du visible, un artifice, une abstraction » (Catalogue du musée d’art contemporain d’Ivry).
Ceci, afin de relier le langage discursif au langage esthétique avec l’idée sous-jacente que le langage repose sur des formes esthétiques, ce qui apparaît par exemple dans l’étude des brouillons d’écrivains.
Ici pourrait intervenir le point de vue du linguiste E. Sapir « pour qui le langage en général, et chaque langage en particulier,est une recherche instinctive de la forme (« instinctive feeling for form »).Chaque idiome obéit secrètement à un plan de base (« basic plan », « structural genius ») qui se marque dans la constellation des ses phénomènes, le choix des ses procédés grammaticaux, enfin son mode d’organisation syntaxique »(cf. « La fonction symbolique et le langage » de jean Paulus, Charles Dessart,1969)
Même si Sapir cherche dans les profondeurs du psychisme humain cet attrait inconscient pour la forme il admet par ailleurs que ce « feeling for form »se manifeste en musique et en mathématiques (« Language », pp156 et 159). Je le chercherai pour ma part davantage du côté des arts plastiques avec un intérêt particulier pour les techniques du « cut up »(burroughs, Gysin) et de la calligraphie.Ceci,quitte à établir de nouveaux liens entre la peinture et la poésie à la suite de la formule d’Horace « ut pictura poesis » à la différence près qu’il ne s’agira pas tant d’établir une comparaison de la peinture et de la poésie quant au mode de représentation du réel (mimésis) mais de créer un mode d’identité essentielle entre les deux techniques.



Etude du rapport mot-image dans les collages dadaïstes et les cut-ups.
J’ai commencé par tenter un rapprochement entre les forme que Sapir découvre dans la syntaxe de la phrase et la technique du cut-up (collage d’images et de mots) pour avancer dans cette idée qu’il existe une forme à l’œuvre derrière la pensée mais de ce rapprochement justement aucune lumière n’a jailli Sapir me menant à l’éthnologie et les cut-ups demeurant muets.
C’est la vision des brouillons d’artistes qui m’avait amenée à formuler cette hypothèse.
J’ai finalement changé de perspective : au lieu d’aller de l’image au mot j’irai désormais du mot à l’image en lisant Mandiargues chez qui le mot enveloppe exactement la forme d’une image, le signifiant devenant le signifié. Alors j’ai trouvé deux occurrences de ce rapprochement mot-image qui devenait plus fructueux dans l’histoire de l’art : l’Ut pictura poesis due à Horace dans l’Antiquité qui identifie le mot à l’image et plus tard le Laocoon de Lessing qui, au 18ème siècle, soutient une indépendance de nature entre les arts du visible et ceux de la parole. J’avais donc un premier cadre qui venait s’élargir au contact de deux autres, historiques ceux-là. Il me fallait maintenant voir de façon presque microscopique (puisque le « macrocosme » était trouvé) de quelles façons la perception visuelle s’organisait autour d’un objet et à la lecture des théories de la Gestalt , Arnheim « La pensée visuelle » notamment j’ai retenu l’aspect impressioniste de l’image mentale avec cette idée que la vision des formes à l’œuvre derrière la pensée tient plus de la re-présentation que de la présentation. L’image mentale qui fait intervenir la mémoire et décrite comme impressioniste par Arnheim qui reprend les propos de Tichener un auteur du début du siècle me semblant apporter une touche explicative à l’aspect « intérieure » de la vision de la pensée en lui donnant une forme en l’occurrence esthétique .
J’ai ensuite trouvé dans l’introduction du livre de Foucault « Les mots et les choses » un description d’un tableau de Velasquez qui comporte tous les aspects impressionistes cherchés c’est-à-dire un flou, une oscillation dans le vision des formes, etc…
J’avais donc là peut-être une confirmation de l’idée selon laquelle l’image des formes à l’œuvre derrière la pensée est bel et bien une forme et celle-ci peut être qualifiée d’esthétique.
Puis comme une évidence je me suis rapprochée de la définition de la beauté chez Breton qui provient du rapprochement « automatique » : au hasard de deux objets et même s’il n’applique pas cette définition au rapprochement mot-image dans cette recherche je pouvais peut-être l’appliquer à ce champ, par transposition. De cette étude à la loupe je retiens deux nouveaux aspects de l’image dans son rapport avec le mot, toujours avec pour toile de fond les collages dadaïstes de Schwitters ou ceux d’Ornk comme support à l’étude, son côté impressioniste en tant qu’image mentale et surréaliste appliquée au mot.


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Comments

Displaying 12 of 12 comments
  • Nov 8 2009 7:22 AM

    Hello, commander en avant première le premier album d'Amnesiac quartet "Tribute to Radiohead" chez www.musearecords.com Sébastien Paindestre : clavier Joachim Florent : contrebasse Fabrice Theuillon : sax soprano Antoine paganotti : batterie www.jazzseb.com
  • Jun 4 2009 1:19 PM

    C'est bien la rade de Villefranche.
    Les musiques piano solo sur mon myspace sont totalement improvisées , après un long travail sur ce type d'harmonies :-)
    Texte très intéressant sur ta page.
    Henri

  • Nov 4 2008 7:38 PM

    Merci Benee! Sigur Ros oui, c'est une référence flatteuse! Derrida et Saussure, c'est pas mal non plus … RV le 21 novembre au Sunset? Amitiés
    Pierre
  • Aug 23 2008 11:10 PM

    Salut Benee

    Pour encadrer sans sous-verres, je contre-colle sur du bois pour donner de l'épaisseur et je viens coller, par derrière, un cadre fait avec une baguette d'angle, cf:"cadres americains".

    Si tu m'autorise les codes html je t'enverrai des photos explcatives.
  • Aug 4 2008 6:43 PM

    je le connais ce texte
    dévorer la ville
    le highest peak s'en charge
    c'est l'allègement suprême
    de se savoir joie
    en chantant
    parfois
    et cela suffit de se savoir soi
  • Aug 4 2008 12:15 PM

    On croyait courir

    Contrôler le décor

    On avait tellement peur de pourrir

    Qu'on ployait sous l'effort

    Alors

    Sous les pluies acides des forêts industrielles

    On bâtissait des nefs improbables

    On déployait nos ailes artificielles

    Tendues de flêches néons et de cables

    Se mettre en mouvement

    Aller vite

    Conserver l'équilibre un moment

    Puis prendre le fuite

    Rapides

    Féroces

    Goûter l'attraction du vide

    Y puiser la force

    Jusqu'à ce que nos yeux fantômes percent le voile à la nuit tombée

    Jusqu'à ce que nos doigts blancs griffent à nouveau les formes évaporées

    Découpées laser sur des flaques de tôles rouillées

    Souillées au sang de nos âmes

    Teintées du rouge et du brun de nos vies perdues

    Courir

    Courir et rattraper les ombres enfuies

    Courir au silence immobile

    A dévaler les rues

    S'arrêter enfin et se retourner

    Puis

    D'un seul élan

    Dévorer la ville
  • Aug 3 2008 3:53 PM

    toit-soie
    aéré
    partagé d'éclairs
    de colère
    et d'apaisement
    lorsque la couverture de soie se reforme
    et que soi est soie ne font qu'un
  • Aug 1 2008 7:32 PM

    Toi-soie
    de velours le jour
    Toi-soie
    fourrure de minuit
    au jour-le-jour
    nuit après nuit
  • Jul 7 2008 10:26 PM

    Petit salut en passant
    à Bientôt
  • Jun 2 2008 4:21 PM

    Salut Béné,
    bienvenue dans la jungle myspacienne !
    merci pour la musique en écoute c'est sympa, tu as toute ma reconaissance.

    bravo aussi pour tes jolie textes singuliers et plein de vie.

    bises
    peace
    www. jazzseb. com
  • May 28 2008 2:52 PM

    Bravo !Voilà ce qu'on appelle "breathing the day" motalement (voir blog).Merci.
  • May 28 2008 1:45 PM

    On puise dans cette matière sans compter

    Comme s'épuise l'âme des condamnés à force d'espérer

    C'est espoir ou peur que tout ça finisse un jour

    Violent sûrement comme accident de sang

    On voudrait donner plus qu'on ne pourrait pas toujours

    Le moment vient vite où manque le carburant

    Alors on attend que tout soit terminé

    Il y en aura même pour dire qu'on fait tout pour que ça arrive

    Cette matière qui vit devant nos yeux dérives

    Mais on s'enivre de cette impuissance que l'on a appris à nommer

    I-D-E-N-T-I-T-E

    C'est à ce moment précis de l'histoire

    Là

    Que les cathédrales de verre et d'acier se sont vaporisées

    Dans la cendre de peur mêlée de sang

    Dans un ciel devenu rouge

    Un soleil de tous les minuits s'est mis à briller

    Chaleur liquide qui consume comme serpent fou en jungle de feu

    C'est à ce moment précis de l'histoire

    Là

    Qu'on a compris le principe des grandes transmutations

    Athanor de l'ouest du sud et de l'est

    Trace à une vitesse folle les lignes des permutations


    Donne-moi ta vacuité

    Je la creuserai en vase ouvragé

    Montre tes failles et cavités

    Je les comblerai de plomb d'étain d'ambre et d'or niellé

    Grand trésor qui comble tout

    L'espace et la boue

    L'impact laissé par les bombes

    Le vide que laisse le vif mouvement à l'instant où la balle quitte la fronde


    Une ligne droite sans début ni fin à la fonction très spéciale

    On va continuer à travailler la matière fange glaciale

    Plonger les mains dans l'égout

    Orfèvres très au-delà du style et du goût

    De la merde transmutée en verve

    Vide nous ferons vivre

    ET MEME RESPIRER

    Cette étonnante et improbable transformation

    Cette merveilleuse matière à supraconduction