Byga compose les textes et les mélodies puis chante et joue le tout avec sa petite guitare classique.
Sébastien Leroyer se transforme en homme-batterie et s'arnache de toutes sortes de percussions pour battre les blancs en neige.
Jean-Claude Kebaili, qui joue de la basse comme d'autres respirent, assure l'assise et le groove de la mayonnaise finale.
Des influences ? pas évidentes à déceler, car leur musique ne se range dans aucune des nombreuses «cases» de la chanson française. Alors mieux vaut les demander à celui qui compose.
Voici ce qu’il en dit : «A part Brassens, j’avoue avoir peu soumis mes oreilles aux « Dieux » de la chanson. Un peu de Renaud aussi («les charognards» trônent dans mon panthéon de la chanson) et du Dick Annegarn. Et puis l’inclassable Arthur H, évidemment, depuis toujours. Sans oublier l’immense Allain Leprest, depuis peu. Mais les Red Hot (ceux d’avant) et la Mano Negra ont beaucoup plus contribué à fatiguer mes lecteurs cassettes. Depuis, Keziah Jones s’est installé confortablement dans le rôle de pilier de ma discothèque. Sans oublier quelques pointures du rock, comme PJ Harvey, quelques rappeurs comme Buck 65 ou Eminem pour son imparable efficacité. Un peu de Californie pour le soleil avec Cake ou encore les reggaemen de Groundation. Et dans ce rayon, ne pas oublier Tiken Jah Fakoly qui me rappelle mon enfance africaine. Daby Toure, aussi, qui sait tout faire. Et Fela Kuti, évidemment, dont le rejeton, Femi, mérite aussi le détour. Lénine, pour son groove parfait. Et pourquoi ne pas l’avouer, Nine inch nails aussi. De la douleur et de la hargne industrielle tellement léchée qu’on ne s’en lasse pas. Au rayon des petits nouveaux, Piers Faccini, pour son minimalisme sensuel. Anja Garbarek, dont l’album « Smiling and waving » est une perle de rosée sur un lit de plumes. Et dire que j’allais oublier Tom Waits... Bienvenue dans mon Ipod »
Oui, Byga : Gaby en verlan, du nom du chanteur-guitariste et compositeur. Mais c’est aussi « enfant » en mossi, la langue la plus répandue au Burkina-Faso, le pays d’enfance dudit chanteur.
Byga c’est qui ?
C’est une drôle de bouture. Principal ingrédient : un petit Savoyard, bien vert. Faites le pousser dans la brousse au Burkina-Faso pendant une demi-douzaine d’années. Laissez-le ensuite prendre racine à l’adolescence au conservatoire de piano, à s’éclater sur du Debussy, tout en caressant le projet d’écrire à Manu Chao pour « faire choriste de la Mano Negra ». Puis transplantez-le à Paname. Ajoutez au pot un guitariste jazzophile devenu percussionniste pour des questions de lombaires pas très coopératives. Laissez germer une amitié créative à coups de bœufs pendant une dizaine d’années. Et soutenez le tout par un bassiste qui roule sa bosse dans le métier depuis 20 ans. Gaby, à la composition, chant et guitare, Jean-Claude à la quatre-cordes, et Sébastien au cajón, sorte de caisse claire qui fait aussi tabouret (sans oublier son ingénieuse chaussette qui fait aussi maracas) : Byga, c’est tout ça.
Byga ça sonne comment ?
Encore comme un hybride : la tête en France, mais les pieds qui gigotent un peu partout ailleurs, parce que la chanson française, c‘est rythmiquement « un peu plat ». Chez les Byga, on n’a pas peur d’onduler comme il faut. Objectif : faire se déhancher la langue de Molière. Car leurs influences, sorti de maître Brassens ou des déjà cité Mano Negra, se baladent plutôt du côté de –M-, les Red Hot Chili Pepper, ou Keziah Jones –longtemps soudé au lecteur de CD de Gaby. Plus funk ou soul que musette, donc. D’ailleurs, quand Byga compose, c’est souvent la mélodie qui pointe son nez la première, le texte arrive ensuite.
Byga, ça raconte quoi ?
Des choses drôles, avec une langue qui sautille et asticote autant que la mélodie. D’un type sympa mais un brin lambda, qui sait bien que sa vie serait plus exaltante s’il était une jolie fille. Du même gars, peut-être, qui se résigne à faire une cure de magnésium-jojoba pour pas vieillir, qui s’agace d’être le seul à trier ses déchets et traverser au vert. Et qui regarde TF1, parce que bon, un petit quart d’heure vicelard, ça fait tout de même du bien... De Gaby lui-même, sans doute, de ses contradictions dans une autobiographie plutôt acide.
Mais le drôle se mélange –encore !- à du poétique. Les pique-niques avec son amoureuse quand le dimanche est baigné de soleil. Et puis du grave, les super-tankers, les chanteurs qui vieillissent mal et le sort réservé aux vieux piliers de comptoir.
Merci pour l'ajout Byga! Sympatoche chez toi! c'est frais et ça pétille même si le blues d'être dirigé par des démagos te chatouille... Bonne continuation!
Salut Gab Si tu veux nous voir, va falloir te dépêcher, parece qu'il nous reste 2 concerts (mercredi au Franc Pinot et jeudi à Suresnes) avant le split (pour cause de départ de la chanteuse aux US pour 2 ans). T'es dispo mardi 3 pour déjeuner?
Salut gars
La patate?
Alors, pas de concert? Si tu cherches un lieu sympa ou jouer, tu devrais aller faire un tour au Zic Zinc. C'est exigu, mais les tauliers sont des copains, et c'est le repère de la chanson française underground (ou pas) contemporaine (euh... ou pas).
A+