Photo of Charles Tcharlès

Charles Tcharlès

General Info

  • Genre: Acoustic / Folk / Roots Music

    Location Porto-Vecchio, Santa-Maria, Corse, Fr

    Profile Views: 30465

    Last Login: 12/17/2012

    Member Since 4/26/2007

    Record Label CORSICABOVERDE

    Type of Label Indie

  • Bio

    Rencontre avec Charles Marcellesi, chanteur Corse, au Cap Vert Portrait d’un musicien qui mêle dans une savante mélopée les chants corses et les mélodies chaloupées du Cap Vert. Dosage subtil de talent et d’émotion. Nous avons eu envie de le rencontrer sur son île de Sal ou île du sel, lui qui vient de la cité du sel, Porto-Vecchio. En route pour les îles du Cap Vert ! Petit précis du grand Charles. Pour ceux qui le connaissent, vous pouvez sauter le paragraphe, mais pour les autres ce sera un parcours singulier fait de passions, de joies, de souffrances aussi d’où émerge la voix grave et troublante de cet artiste inspirant et inspiré. Né à Sfax, en Tunisie, pays où ses parents se sont rencontrés, quelques années en Auvergne, dix ans au Maroc, un long séjour dans le sud de la France puis enfin la Corse, où la famille rentre pour s’y installer. Un père musicien qui dirige le lycée de Sartène, un job de pion dans l’établissement paternel et la découverte des chanteurs et groupes corses. I Muvrini, Canta et tant d’autres lui donnent l’envie de porter la musique avec un groupe, Surghjenti, qui connaîtra un beau succès. Il y joue de la guitare, compose et à partir du deuxième disque son frère le rejoint. Charles se met au chant. Les deux frères se produisent dans des soirées et bientôt dans leur propre affaire, La Taverne du Roi (l’Alba) à Porto-Vecchio avec un succès grandissant. Ils jouent aussi au festival de Bonifacio et on parle de plus en plus des frères Marcellesi. En 92, Charles rencontre celle qui va le faire basculer dans cet autre monde qu’est le Cap-vert. Sa famille est propriétaire d’un sublime établissement sur l’île de Sal, l’hôtel Morabeza. Il vend ses parts du cabaret et en 96 il s’installe sur l’île tout en gardant un pied en Corse. Ses enfants vont à l’école du village et parlent créole et Charles fait la rencontre d’une amie de la famille : Cesaria Evora. Le petit plait et Lusafrica, la maison de la diva aux pieds nus va le signer pour un disque, Corsicaboverde dont nous reparlons plus loin. Dans le même temps son frère Jean-Pierre sort son disque aussi et FR3 leur consacre un reportage et le monde des Marcellesi change, et nous avec ! L’artiste et le Cap-Vert. Luis Sepulveda avait intitulé un de ses romans le monde du bout du monde. La Patagonie en était le lieu d’action, terre perdue où les hommes se perdent et parfois se trouvent. Le Cap-Vert est de ces lieux étranges, différent certes de l’Amérique australe mais si perdu et si proche de nous. Charles Marcellesi y est comme un poisson dans ces eaux limpides qui frôlent les côtes du Sénégal. Parlant créole, il manie cette langue avec emphase, se l’approprie, la rapproche de sa langue maternelle, le Corse. Il y trouve des similitudes, la fait sonner, chanter. Mais il est vrai que parfois on ose la comparaison et sur ses chansons, elles y sont toutes deux représentées. Sans opposition, mêlées, fusionnelles, bercées par ces rythmes swing et ces embruns du large. Au travers de nos déplacements, nous avons rencontré une grande partie des artistes du Cap. Charles jouant avec Kiko le guitariste de Cesaria Evora, échangeant des heures durant avec Paulino Vieira, Tété Alhinho, Cesaria ou Youssou n’Dour. Charles, accompagné de Roger Brattin, consul de France de l’époque et comparse respecté de tous sur l’île de Santiago et au Cap-Vert pour ses actions pour les enfants défavorisés. (3 cd sont sortis avec des titres de Cesaria, Bau, Charles. Roger y chante et écrit des textes bourrés d’humour.) Voir tous ces artistes du cru, tous ces talents reconnus pour certains sur la scène internationale nous a surpris. Notre porto-vecchiais est aimé de tous, souriant, séduisant et tous le respectent. C harles, c’est le Corse qui chante créole, celui qui est des leurs, insulaire parmi les insulaires. Promenade avec lui, les musiciens de Cesaria et le consul dans les rues de Praia, la capitale. Dans le brouhaha de la ville une fièvre agite les habitants et les visiteurs, la fièvre de la musique et des rythmes chaloupés. Carnaval et fête, danses et masques, innombrables bars à musiciens, marchés luxuriants et chamarrés, rien de ce qui est flamboyant ne nous sera épargné. Les filles y déambulent, jolies, souriantes. Les hommes s’interpellent, la vie est de partout du lever au coucher du soleil avec une température élevée mais le vent est là et on n’a pas vraiment de difficultés à respirer. Et il reste les différents grogs pour vous remettre sur le chemin de la bonne humeur ! un grog étant cette eau de vie fabriquée à Porto Novo sur l’île de Santo-Antão. Charles nous fait visiter différentes îles que l’on aborde par la voie des airs et les avions de la Tacv, modernes et bien entretenus, contrairement aux légendes qui courent sur l’Afrique. Le volcan de l’île de Sal est en dessous du niveau de la mer et l’eau du large s’y infiltre. Le volcan abrite une mine de sel partiellement exploitée de nos jours et cette vision extraordinaire vaut à elle seule le déplacement. Les plages y sont nombreuses et le vent assure toute l’année à tel point que nous y avons croisé des champions du monde des disciplines aquatiques venus taquiner la houle loin des foules et mettre au point leur travail de l’année. Mêlé à la population notre Corse est intégré et n’a pas reconstitué comme certains le club des blancs européens. Cet enracinement et cet amour de Sal et du Cap-Vert sont palpables dans le moindre mot, la moindre note lâchée au vent par Charles. Entre le Cap et la patrie de Paoli, un déchirement qui fait qu’il regrette toujours l’endroit qu’il quitte mais adore retrouver l’endroit qu’il aborde, celui de ses racines. Les pieds marins de T’charlès sont faits de petits regrets mais de grands bonheurs aussi ! Et si on tournait ? Plongé dans cet univers ensoleillé, il était bon pour nous de le découvrir sur une scène, et là, devant des centaines de personnes, il nous a soufflé. Humain, sensible, artiste jusqu’au bout des indécisions qui font de lui un créateur humble et fort. En concert Charles Marcellesi est unique de maîtrise, de tact, de discrétion, ce qui est osé pour un spectacle. Et pourtant il tourne : du Cap-vert à la Corse en passant par le Portugal, le Mozambique, les Seychelles, le Brésil et tant d’autres pays, il gagne doucement les galons de la renommée et cela sans faire de bruit, presque en murmurant « je chante, ne vous occupez pas de moi ». Charles est discret, et pourtant ils sont nombreux ceux qui aimeraient jouer devant ces publics variés et multicolores. En dehors d’ I Muvrini, que Charles aime très fort (duo avec Jean-françois et Alain Bernardini sur son nouveau cd enregistré dans le studio du groupe), il est solitaire sur ces terres lointaines à porter le chant et la langue Corse. Nous, nous étions à mille lieux de penser qu’un chanteur de Porto-Vecchio pourrait un jour voir son nom sur une affiche avec Cesaria Evora ou Youssou n’Dour. Fort de son potentiel, il délivre sur les planches un show qui n’en est pas un, plutôt une halte faite de sagesse, juste troublée par des accents graves, un ton mesuré, une voix qui se refuse au cri, à l’indécence. Entre deux titres, il parle, explique le texte, remercie les auteurs, le public. Et il laisse son groupe s’exprimer, swinguer sur leurs compositions, montrer qu’ils ne sont pas que des sparring partners. C’est aussi une part de cette générosité qu’il nous a été donné de ressentir. Et l’ambiance après le concert est plus que joyeuse. Ces hommes se côtoient en dehors, sortent ensemble et une partie de ces moments de vie amicale se traduit en live par des moments complices, une pulsation commune au groupe et à T’Charles comme ils disent. Corsicaboverde, jeu de mots ou jeu tout court ? Finalement le lien qui unit Marcellesi et le Cap-vert est intraduisible, sinon dans les chansons qui ornent le très beau Corsicaboverde, album sensible et doux, tricoté dans un studio portugais puis chez Dossoul avec l’aide du frère Jean-Pierre, Michel Precastelli au piano et les amis de l’archipel créole. Mario Lucio Sousa, agitateur du groupe Simentera, pose ses mots subtils sur des mélodies fragiles et douces à la fois. Choc des cultures ? non, simple bateau naviguant sur les eaux du monde, pas toujours limpides, pas toujours tranquilles. Textes de Marc Cecarelli aussi, faits du même devoir, celui de poser les espérances qui vont au delà des simples convenances. Charles y croise la voix avec ce superbe artiste cap-verdien qu’est Boy G. Mendès, avec aussi Mario Lucio et tout respire le naturel, rien n’y est contraint, l’ambiance est jouissive, presque solennelle sur certains titres. Titre jazzy comme « u soli », chant en créole et en corse à deux voix, histoire inspirée par le poète Fernando Pessoa, mais aussi histoire d’une rencontre insolite, la vie d’une chanson est faite d’émotions puisées dans le réel. De balades dédiées au père disparu en sautillantes hymnes au plaisir de la vie lascive, rien n’est vraiment léger chez ce funambule hyper sensible. Charles est si loin de cette image d’animateur chanteur de cabaret qui lui a parfois collé à la peau. Mais c’est oublier que nombre d’artistes viennent de cette scène. Trenet, Higelin, Reggiani ont chanté dans ces lieux avant de connaître la lumière. Charles Marcellesi peut la revendiquer cette lumière, même tamisée, et ses nouvelles compositions, plus rentrées et personnelles vont lui donner l’occasion de présenter une autre facette de son talent enraciné sur ces terres faites du sel de la vie, l’émotion. Juste une phrase de Platon pour fermer les volets sans faire de bruit: il faut aller au vrai avec toute son âme. Nous n’aurions pu mieux dire ! . ............ .. .. .. .. .. .. .. .. .. .......... .............. .. .. .. .. .. .. .. .. .. .......... ..........
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