On l’attendait depuis bon nombre d’années, maudissant le père Noël de la pop de n’avoir pas répondu plus tôt à notre supplique! Quand un groupe français allait-il rendre honneur à ce courant, sans pour autant s’agenouiller sur l’autel des références anglo-saxonnes ? Puis ils sont arrivés, sans crier gare, godasses trouées, coiffures ébouriffées, gueules d’anges sur écrits psychotiques.
Montgomery ou le groupe qui se joue de nous.
Le pire c’est que nous aimons cela. Avec des mélodies imparables et des refrains entêtants, sur fond de folie douce, ces esthètes du bidouillage se moquent, avec délectation, de la simplicité apparente des rythmiques et apportent une déconstruction sonore et textuelle savamment maîtrisée. Se faire passer pour un groupe de popeux draguant la nouvelle scène de la chanson française, puis nous prendre à revers en live en insufflant une énergie insoupçonnable.
Ce groupe est fait d’entités, de collages et d’équilibre fragile. Voilà pourquoi il nous
séduit, nous ébahit par son potentiel, tout en nous effrayant par l’achoppement de ce trop plein d’ambitions musicales : trop d’idées, trop d’influences disparates, trop de talents … Cependant, le passage à la scène nous fait prendre conscience de notre erreur ; cette attitude scénique, mélange de fierté non assumée et de timidité refoulée, est un cri du coeur de ces cinq musiciens. Le monde
Montgomery est présenté tel quel, vous y adhérez instinctivement ou vous passez votre route. Sans s’en rendre compte, ces cinq là nous amènent à refouler nos habitudes maladives d’aller chercher au-delà de la prime impression. La vie on se doit de la rêver sous risque de catharsis.
Les
Montgomery ne sont pas de sales gamins se jouant malicieusement des codes de la pop musique pour nous prouver leur supériorité. Non, ce sont juste de doux dingues ayant l’arrogance de croire que la rêverie peut amener à la tranquillité, l’imaginaire en figure de proue face à notre conscience comme avec ce dynamitage du
Mad Max de
George Miller, ciné-concert monstrueux, véritable mariage de folie et de sensations fortes. Cette créature schizophrénique à cinq têtes ne peut que forcer la curiosité. Essayez ce mélange subtil d’évidence et d’exigence et vous serez instinctivement accro à leur formule de drogue musicale qui ne nuit pas à la santé.
Tout du moins à la santé physique.
MONTGOMERY vs MADMAX I
(création ciné-concert)
MONTGOMERY - PREMIER ALBUM
Phantomatik/naïve (2007)

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