Daniel SLOWIK auteur, compositeur
Le dernier souvenir
Texte: Leconte De Lisle
Musique : Daniel Slowik
Violon: Marie Lesnik
Michel Houellebecq m'a fait le joli cadeau de
m'autoriser à mettre en musique trois de ses poèmes.
"Tout cela est d'une cohérence remarquable. " MH
Voici le premier.
Pourquoi ne pouvons nous jamais ?
Texte : Michel Houellebecq
Musique : Daniel Slowik
Violon: Marie Lesnik
Choeurs: Ivanne et Sophie-Anne DESCAMPS
Les petits objets nettoyés
Traduisent un état de non-être
Dans la cuisine, le cœur broyé
J’attends que tu veuilles reparaître.
Pourquoi ne pouvons nous jamais
Jamais
Être aimés ?
Compagne accroupie dans le lit,
Plus mauvaise part de moi-même
Nous passons de mauvaises nuits,
Tu me fais peur. Pourtant, je t’aime.
Pourquoi ne pouvons nous jamais
Jamais
Être aimés ?
Un samedi après-midi,
Seul dans le bruit du boulevard.
Je parle seul. Qu’est-ce que je dis ?
La vie est rare, la vie est rare.
Pourquoi ne pouvons nous jamais
Jamais
Être aimés ?
Ton regard, bien aimée
Michel Houellebecq
Musique : Daniel Slowik
Ton regard, bien-aimée, me portait dans l’espace
Tes yeux étaient si tendres et je n’avais plus peur
Au milieu des courants et des cristaux de glace,
Le doux flot de la joie faisait battre mon cœur.
Au milieu du danger mon âme était sereine
L’homme déchirait l’homme, plein de hargne et de haine,
Nous vivions un moment redoutable et cruel
Et le monde attendait une parole nouvelle.
Ton regard, mon amour, me portait dans la foule
Et je n’avais plus peur d’affronter les cyniques
Quelquefois cependant j’avais la chair de poule,
Le mal se propageait comme un choc électrique.
Alors je t’appelais, je te disais : « Je t’aime »
Et tu me promettais qu’il y aurait d’autres jours
Au milieu de la mort, de l’orgueil, du blasphème
Si nous pouvions le faire, nous sauverions l’amour.
Et puis cette nuit vint, une nuit ordinaire
Le soleil se battait, glissait dans les ténèbres
Mes genoux ont plié, je suis tombé par terre
Son baiser était froid, indifférent, funèbre.
Je me suis redressé après quelques secondes
Et j’ai lu dans tes yeux que tu n’aimais personne
Tu glissais vers la vie, tu revenais au monde,
Au chaos sec et dur que la mort emprisonne.
J’ai vu de grands rochers se briser dans le ciel,
J’ai vu de longs courants se tordre et se détendre
J’ai vu le grand serpent du monde matériel
Qui étouffait en toi le dernier regard tendre.
Notre amour se brisait comme une maison s’effondre,
Jamais on ne viendrait pour relever ses murs
Jamais des cris d’enfants au milieu des décombres
N’éveilleraient les spectres et leur vague murmure.
L’aube vint. J’étais seul. Vers l’est, de grands nuages
Se tordaient souplement, annonciateurs d’orage.
Je me suis relevé après une longue attente ;
J’ai arraché des fleurs de mes deux mains tremblantes ;
Très loin, je le savais, le principe destructeur
Se réorganisait. J’ai marché dans la peur.
Véronique
Michel Houellebecq
Musique : Daniel Slowik
Violon: Marie Lesnik
La maison était rose avec des volets bleus
Je voyais dans la nuit les traits de ton visage
L’aurore s’approchait, j’étais un peu nerveux,
La lune se glissait dans un lac de nuages
Et tes mains dessinaient un espace invisible
Où je pouvais bouger et déployer mon corps
Et je marchais vers toi, proche et inaccessible,
Comme un agonisant qui rampe vers la mort.
Soudain tout a changé dans une explosion blanche
Le soleil s’est levé sur un nouveau royaume ;
Il faisait presque chaud et nous étions dimanche,
Dans l’air ambiant montaient les harmonies d’un psaume.
Je lisais une étrange affection dans tes yeux
Et j’étais très heureux dans ma petite niche ;
C’était un rêve tendre et vraiment lumineux,
Tu étais ma maitresse et j’étais ton caniche.
4-Aimez-vous les cimetières ?
Gilles Warembourg et Daniel Slowik
Musique : Daniel Slowik
Aimez vous les cimetières ?
Communauté d’âmes alignées
Après le passage sur terre
Après une vie hallucinée.
Des noms, des dates, sur le marbre
Des noms, des dates, c’est à dire rien
Des feux follets sous les arbres
Dissipés au petit matin
Aimez vous cette manière
Qu’ils ont de ne rien vous dire
Et de laisser planer dans l’air
L’absence de leurs souvenirs
Mais si l’on écoutait un peu
Le message de ce silence
On comprendrait peut-être mieux
La vanité de l’existence
Les tombes défilent sous vos pas
Et vous vous demandez, je pense
Comment sont-ils arrivés là
Tous ces guerriers défaits d’avance
Alors arpentant le cimetière
Repensez à tous ces potins
A ces histoires scrutées derrière
Les rideaux du soir au matin
A ces secrets insignifiants
Que les années, sans peine, effacent
Repensez à tous ces serments
Que le temps transforme en farce
Ainsi votre marche funéraire
Vous apprendra en même temps
Cet enseignement salutaire
L’exquise douceur du détachement.
5- Je veux que l’on soit homme
Molière, extrait du Misanthrope
Musique : Daniel Slowik
Choeurs: Sophie Anne Descamps et Pauline Fouquet
Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode
Qu'affectent la plupart de vos gens à la mode;
Et je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations,
Ces affables donneurs d'embrassades frivoles,
Ces obligeants diseurs d'inutiles paroles,
Qui de civilités avec tous font combat,
Et traitent du même air l'honnête homme et le fat.
Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse,
Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse,
Et vous fasse de vous un éloge éclatant,
Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant ?
Refrain :
Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre,
Non, non, il n'est point d'âme un peu bien située
Qui veuille d'une estime ainsi prostituée;
Et la plus glorieuse a des régals peu chers,
Dès qu'on voit qu'on nous mêle avec tout l'univers :
Sur quelque préférence une estime se fonde,
Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde.
Puisque vous y donnez, dans ces vices du temps,
Morbleu ! vous n'êtes pas pour être de mes gens;
Je refuse d'un cœur la vaste complaisance
Qui ne fait de mérite aucune différence;
Je veux qu'on me distingue; et pour le trancher net,
L'ami du genre humain n'est point du tout mon fait.
Refrain :
Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre,
Et parfois il me prend des mouvements soudains
De fuir dans un désert l'approche des humains.
6- Jeanne,
tondue en juillet 1944, coupable d'avoir aimé.
Aimé la mauvaise personne au mauvais moment.
Elle supplie, "Je n'ai dénoncé personne et commis aucun crime",
mais rien n'arrêta, n'arrête et n'arrêtera la cruauté des lâches.
Jeanne
Daniel SLOWIK
Jeanne, ma Jeanne
Là-bas je pensais qu’à tes yeux
Jeanne, ma Jeanne
Et la douceur de tes cheveux.
Je ne peux dire ce qu’est le plus insupportable
Entre survivre ou bien se perdre en la bataille
Où est le Dieu, de toutes ces vies, comptable
A qui crois tu que je pensais sous la grenaille.
Refrain
On en ramenait même les tirant par les pieds
Certains fumaient encore du fer dans les entrailles
Tandis qu’un camarade aidait l’autre à marcher
A qui crois tu que je pensais sous la mitraille.
Refrain
Et un beau matin les canons se sont tus
Je jour anniversaire, cinq ans de nos fiançailles
Et j’ignorais encore que j’avais perdu
Bien plus ici que sur le champ de bataille
Jeanne, ma Jeanne
Là-bas je pensais qu’à tes yeux
Jeanne, ma Jeanne
Mais qu’as tu fait à tes cheveux.
Il est parti meurtri d’avoir deux fois perdu
Toi au milieu sous les deux feux qui te tenaillent
Heureuse, déchirée, libérée et vaincue
Et ta peine a gâché aussi nos retrouvailles
Jeanne, ma Jeanne
Là-bas je pensais qu’à tes yeux
Jeanne, ma Jeanne
Mais qu’ont-ils fait à tes cheveux.
Texte et musique Daniel SLOWIK
11 septembre
Texte et musique Daniel SLOWIK
Violon: Marie Lesnik
Bout de tissu blanc agité
Appelle un sauveur
Mais tous les dieux bien trop distraits
Regardaient ailleurs.
Paroles et actions impossibles
Reste la douleur
Aux témoins de l’indicible
Il reste la peur.
Bout de tissu blanc agité
Au fond de nos cœurs
Mais tous les dieux bien trop distraits
Regardaient ailleurs.
L'ADN
Texte et musique Daniel SLOWIK
J’ai l’ADN qui me remonte
Et me brûle dans la gorge
Un peu comme un morceau de fonte
Quand tu souffles sur la forge
Y avait-il un peu de mon sang
Au Golgota de la souffrance
Un ancêtre de mes parents
Est-ce lui qui tenait la lance ?
Parlons de ma lignée royale
Sous la couronne de l’aïeul
La cruauté que seule égale
La raison d’état par le deuil
Quelle est ma part dans ce carnage
Barthelémy de la douleur
L’éclat du pourpoint au passage
Tire le sang pour sa couleur
Refrain
Mais de où revient ce silence ?
Dans ce monde sourd et bruyant
Toutes les questions que je lance
Me viennent en écho du néant
Pendant la longue traversée
Etait-il le fier capitaine
De l’un de ces vaisseaux armés
Allant tuer les indigènes
Il est permis que l’on me dise
Oublie ces anciennes affaires
Mais ce passé, la haine aiguise
Venez me prouver le contraire
Etait-il en place de grève
Quand Chénier y perdit la tête
Rire quand le couperet se lève
Applaudir comme à la fête
Est-il possible qu’on me pardonne
L'histoire coulant dans mes veines ?
Pourquoi le mal fait aux autres hommes
Me brise tant et me concerne ?
Refrain
Regarde le fronton de la grille
Il dit « Le travail libère »
C’est un allemand de ma famille
Qui n’a pas perdu que la guerre
Il conduisait aussi des trains
Combien encore se souviennent ?
Et s’il s’est sali les mains
La honte est restée sur les miennes
Enola Gay sur une branche
De mon arbre généalogique
C’est le vertige quand je me penche
Etait ce un oncle d’Amérique ?
L’empreinte, de mon pouce, digitale
Sur le bouton de l’infamie
Et pourquoi me faire tant de mal
A me faire croire que j’étais lui ?
Refrain
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Salut Daniel ! Espérant que tous va pour le mieux pour toi.
Je vais réécouter "aimez-vous les cimetières". Je l'avais oublié jusqu'à revenir sur ta page. ...........j'aime le souvenir que rien n'est banal, et cette chanson là, me le rappel bien.
je me suis balader délicieusement sur le flot de ta musique.... ta voix en fût le transport où je me suis trouvée dans une aise parfaite.... Merci !!!!!!
CC !!!! Un petit passage sur ta page pour prendre des nouvelles et te dire que je venez d'ajouter un court extrait : Pourquoi Passe me dire ce que tu en penses Musicalement DyaLe
merci de ta gentillesse. En ce moment énorme boulot. Peu de disponibilité. Je songe à clôturer mon compte ou en tous cas à le mettre en veilleuse car faut que je me plonge dans l'écriture et termine un manuscrit !myspace dévore trop le temps !!!
Franchement je n'aurai pas cru être autant surpris ! J'ai écouté " aimez vous les cimetières" elle est excellente. Pour tout dire j'aurai aimé l'écrire. J'aurais mis ma touche personnel bien sur, mais elle me va très bien comme ça.
Si je peux donner mon humble avis vers 1min13 j'aurais mis un violon. Au niveau des paroles au passage (vers 2mn20) "Alors arpentant le cimetière" j'aurais mis "alors arpentons le silence".
C'est parce que j'ai beaucoup aimé et que ça m'as touché que je me suis permis mon avis. En espérant avoir mis la forme nécessaire pour ne pas avoir était inconvenant.
Je vais écouté le reste. A plus tard.
ps: je suis content moi aussi de pouvoir te dire que je suis ravi d'être arrivé ici.
Pas si difficile que ça de faire des rimes sur "JE VOULAIS TE DIRE JE T'AIME", tu t'es plutôt bien débrouillé, chanson qui m'a fait sourire, j'ai eu plusieurs l'impression d'entendre Alain Souchon...
Désolée de ne pas venir te rendre visite plus souvent mais j'avoue avoir du mal à tout gérer en ce moment. En tout cas, c'est à chaque fois un réel plaisir que de passer un excellent moment sur ta page.
Je te souhaite une belle semaine à venir. Bises marines du pays breton Domi
Très belle musique pour ce " dernier souvenir "... Bravo à toi, j'aime vraiment beaucoup. Pour ce qui est du texte je le trouve un peu...un peu... comment dire...? glauque ? Bah oui, moi qui suis sous le choc de la mort de mon ami, je ne voudrais certes pas qu'il parle de la sorte au sujet de son trépas. Il était d'ailleurs tout le contraire de ça, gai, optimiste, jovial et chaleureux. Il doit donc voguer entre cuicui ( comme je le dis dans mon texte ) et couleurs mirifiques... A part ça j'apprécie beaucoup ce que tu fais. Tu as un vrai talent, continue de composer de la musique, tu es vraiment bien inspiré. Je t'embrasse
Bonne nuit Daniel Ecouter Leconte de l'isle chanté, il n'y a que chez toi que çà peut se faire! Tu as de bons paroliers! Sourires! Je te souhaite un bon week-end Bises Lucette