Tout et n'importe quoi
L'illustration. Voilà bien un domaine dans lequel on trouve tout et surtout n'importe quoi. N'importe quel hurluberlu un peu beau parleur et avec un pinceau peut convaincre quiconque que ce qu'il fait est de l'art, et donc, sous-entendu, qu'il est génial. Sébastien Bontemps n'est pas de ceux-là. D'ailleurs il parle peu. Ses mots, il les pompe dans des magazines, dans des séries cultes ou dans les chansons d'Elvis. Drôle de mélange. Comme ses ..uvres qui se jouent de la photo, de l'illustration, de la typographie, le tout autour de formes humanoïdes. Fragmentaires. A peine esquissées. Squelettiques, au sens propre. Mais qui flirtent souvent avec l'expressionnisme. De la poésie crue. Ou de la sobre morbidité. On joue avec les contrastes. Dans le fond. et dans la forme. Torturé? Non. Tortueux. Et l'on se surprend à apprécier se balader dans les méandres fantasmées de l'artiste. Un art hybride? Non. Un art mutant. Qui s'inscrit dans une époque où tout change trop vite. Comme un instantané. Qui ne pourrait que reproduire ce qu'il voit dans un étrange capharnaüm anachronique et organisé. L'artiste jongle avec les techniques. Aléatoire au premier coup d'..il. D'une infime méticulosité au second. Et d'une envoûtante puissance évocatrice aux suivants. Certains y verront peut-être n'importe quoi. Les autres y verront peut-être tout.