Je n’ai jamais eu de carrière mais, en une poignée de manifestations depuis que j'ai remporté, à la tête du groupe Les Nerfs, l'édition 1987 de Rock-Envol, un concours pan-canadien organisé par Radio-Canada, j'ai glané une kyrielle de marques de reconnaissance que même des artistes professionnels pourraient envier.
Une série de l'événement
a été baptisée du titre de ma chanson Au coeur de la nuit. Des chroniqueurs réputés ont émis, à mon sujet, dans des publications à grand tirage, des commentaires dithyrambiques comme on en voit rarement. Et j’ai acquis le respect, voire l’admiration, de nombre d’auteurs et compositeurs qui gagnent leur vie tellement mieux que moi.
En dépit de la sporadicité de mes prestations, j’ai eu l’occasion de me commettre devant une large variété de publics, du général à l'intello, du trash à la chanson, de toutes générations, dans des conditions allant des boîtes les plus obscures aux FrancoFolies et j’ai toujours été reçu non seulement bien mais avec enthousiasme, allant chercher des ovations dans tous ces contextes. Plusieurs de mes chansons telles Tous les oiseaux du Paradis, Je m'en chrisse de la crise, Au coeur de la nuit, Délivrance et Intermède(Un moment de grâce) ont atteint un statut iconique dans divers milieux.
En fait, l'expérience démontre que je touche une plus large palette de public que beaucoup d'artistes qui vendent, mais dans une zone considérée comme marginale, ce qui fait croire aux gens de l'indutrie que je suis voué aux marginaux.
Aux dires de ma soeur Anne-Marie, ça fait de moi une légende urbaine.