..."Harmony between spirituality and animality"...
..."Avec la création de l'univers naquit à son tour la danse qui symbolise l'union des éléments. La ronde des étoiles, les constellations des planètes reliées aux astres fixes, l'ordre et l'harmonie de tous les éléments reflètent la danse originelle du temps de la création. La danse est le plus riche des dons faits à l'homme par les muses. Grâce à son origine divine, elle a sa place dans les mystères, est aimée des dieux et pratiquée par les hommes en leur honneur." (Lucien, poète grec, IIème siècle)...
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O jour, lève-toi,
Les atomes dansent,
Les âmes éperdues d'extase dansent,
La voûte céleste, à cause de cet Être, danse;
A l'oreille je te dirai où l'entraîne sa danse;
Tous les atomes qui se trouvent dans l'air et le désert,
Sache bien qu'ils sont épris comme nous,
Et que chaque atome heureux ou malheureux
Est étourdi par le soleil de l'âme inconditionnée.
(Rumi)
CONATUS
"Eternity is in love with the productions of time...
...
All wholesome food is caught without a net or a trap...
...
Shame is Pride's cloke...
...
Prisons are built with stones of Law, Brothels with bricks of Religion...
...
Joys impregnate. Sorrows bring forth...
...
One thought fills immensity..."
...
...
From Proverbs Of Hell (The Marriage of Heaven and Hell), W. BLAKE
« L'espace est un symbole de l'éternité; car dans l'espace il y a liberté, il y a réversibilité du mouvement , et il n'y a rien, dans la nature d'un espace, comme c'est le cas pour celle du temps, qui condamne ceux qui y sont mêlés à la mort et à la dissolution inévitables. En outre, lorsque l'espace renferme des corps matériels, il apparaît la possibilité d'un ordre, d'un équilibre, d'une symétrie, d'une forme – la possibilité, en un mot, de cette Beauté qui, avec le Bien et la Vérité, prend sa place dans la trinité de la Divinité manifestée. A ce sujet, il faut noter un point éminemment significatif. Dans tous les arts dont la matière première est d'une autre nature temporelle, le but primordial de l'artiste est de spatialiser le temps. Le poète, l'auteur dramatique, le romancier, le musicien – chacun d'eux prend un fragment du perpétuel périr, dans lequel nous sommes condamnés à entreprendre notre voyage à sens unique vers la mort, et essaye de le doter de quelques-unes des qualités de l'espace, à savoir: la symétrie, l'équilibre et l'ordre (les caractéristiques, productrices de beauté, d'un espace renfermant des corps matériels), ainsi que la multidimensionalité et la faculté de permettre librement le mouvement dans toutes les directions. Cette spatialisation du temps est réalisée, en poésie et en musique, par l'emploi de rythmes et de cadences récurrents, par l'emprisonnement de la matière traitée dans des formes conventionnelles, telles que celles du sonnet ou de la sonate, et par l'imposition, au fragment choisi d'indéfini temporel, d'un commencement, d'un milieu, et d'une fin. Ce qu'on dénomme « construction », dans le drame et le récit, sert au même but de spatialisation. Le but, dans tous les cas, est de donner une forme à ce qui est essentiellement amorphe, d'imposer la symétrie de l'ordre à ce qui est en réalité un flux indéfini vers la mort. »
[...]"W.S.Burroughs est fasciné par la mutation, par l'immortalité. En grand ennemi des mots qu'il est, il ne s'intéresse pas à l'immortalisation de la personnalité par la conservation du cerveau via la cryonique ou par l'uploading. Pour lui, le cerveau, c'est l'ensemble des réflexes appris, ce qui précisément nous maintient prisonniers dans une vision réduite de la réalité. Ce qu'il cherche dans les doctrines anciennes, ce sont les recettes psychologiques qui permettent d'échapper au contrôle, à la programmation dans laquelle les mots nous tiennent enchaînés. Ce qui l'attire, c'est ce qui est hors du temps, hors de la domestication et de l'habitude et qui constitue la racine de notre être: ce que les Indiens nomment l' "âtman", le soi qui se trouve de toute éternité en dehors de l'illusion du monde. Mais pour WSB, le "soi" possède une matérialité, ce n'est pas un simple concept métaphysique: il s'agit de l'ADN. Du coup, la seule immortalité, l'unique réincarnation possible est celle offerte par le clonage."[...]
Austin Osman SPARE
"Les hommes qui préfèrent choquer, et par là déplaire, désirent la même chose que ceux qui veulent ne pas choquer et plaire, seulement à un degré bien plus haut et indirectement, au moyen d'une marche intermédiaire par laquelle en apparence ils s'éloignent de leur but. Ils veulent l'influence et la puissance, et par cette raison montrent leur supériorité, même de manière à causer une impression désagréable ; car ils savent que celui qui enfin est parvenu à la puissance plaît presque en tout ce qu'il fait et dit, et que là même où il déplaît, il a l'air encore malgré tout de plaire. L'esprit libre aussi et de même le croyant veulent la puissance afin de plaire un jour par elle ; si à cause de leur théorie un mauvais destin, persécution, prison, supplice, les menace, ils prennent plaisir à la pensée que de cette façon leur théorie se gravera dans l'humanité par le fer et le feu ; ils l'acceptent comme un moyen douloureux, mais efficace, bien qu'agissant tardivement, d'arriver encore malgré tout à la puissance."
Friedrich NIETZSCHE, L'homme avec lui-même
Sun Ra~~Dead Can Dance~~Ravi Shankar~~The Doors~~Magma~~Klaus Nomi~~Vangelis~~Debussy~~Moondog~~Boris Vian~~John Cage~~Ella Fitzgerald~~Cabaret Voltaire~~Einstürzende Neubauten~~Edgar Varèse~~Eric Satie~~Palo Alto...
Joachim Montessuis~~Chopin~~Franz Liszt~~Maurice Ravel~~John Coltrane~~Mahavishnu Orchestra~~John Zorn~~Evan Lurie~~Caulerpa Taxifolia~~Brigitte Fontaine~~Janis Joplin~~Serge Gainsbourg~~Catherine Ribeiro~~ The Young Gods and...~~ Khu~~Ojos De Brujo~~Philip Glass~~Nick Cave~~Klaus Schulze~~Art Zoyd~~Björk~~Cosmic Shenggy~~Nic Endo~~ Pink Floyd (until 1977)~~Lounge Lizards~~Otis Redding~~Frank Zappa~~David Bowie~~Fantomas~~Kenji Siratori~~Joy Division~~Brandtkalk~~Amon Tobin~~Psychic TV~~Bardo Pond.....
SPK Diamanda Galas
Bessie Smith Camarón de la Isla
"Whereas, breakbeats have been the missing link connecting the diasporic
community to its drum woven past
Whereas the quantised drum has allowed the whirling mathematicians to
calculate the ever changing distance between rock and stardom.
Whereas the velocity of the spinning vinyl, cross-faded, spun backwards, and
re-released at the same given moment of recorded history , yet at a
different moment in time's continuum has allowed history to catch up with
the present.
We do hereby declare reality unkempt by the changing standards of dialogue.
Statements, such as, "keep it real", especially when punctuating or
anticipating modes of ultra-violence inflicted psychologically or physically
or depicting an unchanging rule of events will hence forth be seen as
retro-active and not representative of the individually determined is.
Furthermore, as determined by the collective consciousness of this state of
being and the lessened distance between thought patterns and their secular
manifestations, the role of men as listening receptacles is to be increased
by a number no less than 70 percent of the current enlisted as vocal
aggressors.
Motherfuckers better realize, now is the time to self-actualize
We have found evidence that hip hops standard 85 rpm when increased by a
number as least half the rate of it's standard or decreased at ? of it's
speed may be a determining factor in heightening consciousness.
Studies show that when a given norm is changed in the face of the
unchanging, the remaining contradictions will parallel the truth.
Equate rhyme with reason, Sun with season
Our cyclical relationship to phenomenon has encouraged scholars to erase the
centers of periods, thus symbolizing the non-linear character of cause and
effect
Reject mediocrity!
Your current frequencies of understanding outweigh that which as been given
for you to understand.
The current standard is the equivalent of an adolescent restricted to the
diet of an infant.
The rapidly changing body would acquire dysfunctional and deformative
symptoms and could not properly mature on a diet of apple sauce and crushed
pears
Light years are interchangeable with years of living in darkness.
The role of darkness is not to be seen as, or equated with, Ignorance, but
with the unknown, and the mysteries of the unseen.
Thus, in the name of:
ROBESON, GOD'S SON, HURSTON, AHKENATON, HATHSHEPUT, BLACKFOOT, HELEN,
LENNON, KHALO, KALI, THE THREE MARIAS, TARA, LILITHE, LOURDE,WHITMAN,BALDWIN, GINSBERG, KAUFMAN, LUMUMBA, GHANDI, GIBRAN, SHABAZZ, SIDDHARTHA,
MEDUSA, GUEVARA, "GURDJIEFF", RAND, WRIGHT, BANNEKER, TUBMAN, HAMER, HOLIDAY,
DAVIS, COLTRANE, MORRISON, JOPLIN, DUBOIS, CLARKE, SHAKESPEARE, RACHMNINOV,
ELLINGTON, CARTER, GAYE, HATHOWAY, HENDRIX, KUTL, DICKERSON, RIPPERTON,
MARY, ISIS, THERESA, PLATH, RUMI, FELLINI, MICHAUX, NOSTRADAMUS, NEFERTITI,
LA ROCK, SHIVA, GANESHA, YEMAJA, OSHUN, OBATALA, OGUN, KENNEDY, KING, FOUR
LITTLE GIRLS, HIROSHIMA, NAGASAKI, KELLER, BIKO, PERONE, MARLEY, COSBY,
SHAKUR, THOSE STILL AFLAMED, AND THE COUNTLESS UNNAMED
We claim the present as the pre-sent, as the hereafter.
We are unraveling our navels so that we may ingest the sun.
We are not afraid of the darkness, we trust that the moon shall guide us.
We are determining the future at this very moment.
We now know that the heart is the philosophers' stone
Our music is our alchemy
We stand as the manifested equivalent of 3 buckets of water and a hand full
of minerals, thus realizing that those very buckets turned upside down
supply the percussion factor of forever.
If you must count to keep the beat then count.
Find you mantra and awaken your subconscious.
Curve you circles counterclockwise
Use your cipher to decipher, Coded Language, man made laws.
Climb waterfalls and trees, commune with nature, snakes and bees.
Let your children name themselves and claim themselves as the new day for
today we are determined to be the channelers of these changing frequencies
into songs, paintings, writings, dance, drama, photography, carpentry,
crafts, love, and love.
We enlist every instrument: Acoustic, electronic.
Every so-called race, gender, and sexual preference.
Every per-son as beings of sound to acknowledge their responsibility to
uplift the consciousness of the entire fucking World.
Any utterance will be un-aimed, will be disclaimed - two rappers slain
Any utterance will be un-aimed, will be disclaimed - two rappers slain."
...~~Stanley Kubrick~~Costa Gavras~~The night of the Hunter (Charles Laughton)~~ Black Panthers - Huey!,(Agnès Varda)~~Paris-Texas (Wim Wenders)~~Polanski~~Ingmar Bergman~~Le roi et l'oiseau (Paul Grimault)~~Le chien andalou (Luis Bunuel) ~~
The naked lunch (Cronenberg)~~
Profumo di donna (Dino Risi)~~Nick Zedd~~ Alicia (Jaume Balaguero)~~Jean-Luc Godard~~La pianiste (Haneke)~~Georges Méliès~~David Lynch~~Almodovar~~Behind the green door (Mitchell brothers)~~La leçon de piano (Jane Campion)~~Eternal sunshine of the spotless mind (Michel Gondry)~~Jacques Tati~~Buster Keaton
Charlie Chaplin~~Terry Gilliam~~Gloria (John Cassavetes)~~François Truffaut~~In the mood for love (Wong Kar Wai)~~Hiroshima mon amour (Resnais)~~Le Sacrifice (Tarkovsky)~~Blade Runner (R. Scott)~~Barton Fink (Frères Coen)~~ Matthew Barney~~ Irréversible (Gaspard Noé)~~...
"Le langage est un virus venu de l'espace." (W. Burroughs)...
"Le langage est piégé: il détermine un monde dont nous ne pouvons difficilement nous détacher. Nous ne sommes pas seulement prisonniers des présupposés métaphysiques inclus dans le langage, nous sommes également victimes des réactions sémantiques qui nous attachent sentimentalement à certains mots et nous éloignent d’autres..."
"Écrire, l'exigence d'écrire : non plus l'écriture qui s'est toujours mise (par une nécessité nullement évitable) au service de la parole ou de la pensée dite idéaliste, c'est-à-dire moralisante, mais l'écriture qui, par sa force propre lentement libérée (force aléatoire d'absence), semble ne se consacrer qu'à elle-même qui reste sans identité et, peu à peu, dégage des possibilités tout autres, une façon anonyme, distraite, différée et dispersée d'être en rapport par laquelle tout est mis en cause, et d'abord l'idée de Dieu, du Moi, du Sujet, puis de la Vérité et de l'Un, puis l'idée du Livre et de l'Œuvre, en sorte que cette écriture (entendue dans sa rigueur énigmatique), loin d'avoir pour but le Livre, en marquerait plutôt la fin : écriture qu'on pourrait dire hors discours, hors langage."
Maurice BLANCHOT
"Assise, elle maintenait haute une jambe écartée : pour mieux ouvrir la fente, elle achevait de tirer la peau des deux mains. Ainsi les "guenilles" d'Edwarda me regardaient, velues et roses, pleines de vie comme une pieuvre répugnante." Madame Edwarda, Georges BATAILLE
"La première étude de l'homme qui veut être poète est sa propre connaissance entière; il cherche son âme, il l'inspecte, il la tente, l'apprend. Dès qu'il la sait, il doit la cultiver ! Cela semble simple: en tout cerveau s'accomplit un développement naturel; tant d'égoïstes, se proclament auteurs; il en est bien d'autres qui s'attribuent leur progrès intellectuel ! - Mais il s'agit de se faire l'âme monstrueuse: à l'instar des comprachicos, quoi ! Imaginez un homme s'implantant et se cultivant des verrues sur le visage. Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit - et le suprême Savant ! - Car il arrive à l'inconnu ! Puisqu'il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu'aucun ! Il arrive à l'inconnu,
et quand, affolé, il finirait par perdre l'intelligence de ses visions, il les a vues ! Qu'il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innommables: viendront d'autres horribles travailleurs: ils commenceront par les horizons où l'autre s'est affaissé ! [...] Donc le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux même; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions; si ce qu'il apporte de là-bas a forme, il donne forme; si c'est informe, il donne l'informe. trouver une langue. - Du reste, toute parole étant idée, le temps d'un langage universel viendra ! Il faut être académicien, - plus mort qu'un fossile - pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des fables se mettraient à penser sur la première lettre de l'alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie ! Cette langue sera de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d'inconnu s'éveillant en son temps dans l'âme universelle: il donnerait plus - que la formule de sa pensée, que l'annotation de sa marche au Progrès! Enormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !"
Arthur Rimbaud, Lettre à Paul Demeny (15 Mai 1871)
"La rêverie nous met en état d'âme naissante"
Bachelard
"Le mythe est-il le souvenir de l'action d'éclat d'un héros ou bien est-il le souvenir du cataclysme d'un monde" (in "L'eau et les rêves")
(symbolise Nüwa (mythologie chinoise) qui intervient pour réparer le cosmos, quand le déluge menace)
"...C'est que le grand artiste doit savoir se mettre au diapason des courants et des tourbillons naturels afin de les communiquer aux autres hommes..." (cf Li Tch'eng)
« Il n’y a qu’un savoir, ô mon ami, et qui est partout, c’est l’Atman, qui est en moi, en toi, et dans chaque être. Et voilà pourquoi je commence à croire qu’il n’est pas de plus grand ennemi du vrai savoir que de vouloir savoir à tout prix, d’apprendre. » (Siddhârta, Hermann Hesse)
Le cabinet d'Ole Worm, 1655 (On définit en général le cabinet de curiosités comme un microcosme ou résumé du monde où prennent place des objets de la terre, des mers et des airs (minéral, végétal et animal), à côté des productions de l'homme. L'objectif des curieux est de pénétrer les secrets intimes de la Nature par ce qu'elle propose de plus fantastique. En collectionnant les objets les plus bizarres qui l'entourent, le curieux a la sensation de pouvoir saisir, de surprendre le processus de Création du monde...)
*
Extrait de la préface (par Pierre CLASTRES):
« Et l’on s’aperçoit alors que, loin de passer toute leur vie à la quête fébrile d’une nourriture aléatoire, ces prétendus misérables ne s’y emploient au maximum que cinq heures par jour en moyenne, plus souvent entre trois et quatre heures. Il en résulte donc qu’en un laps de temps relativement court, Australiens et Bochimans assurent très convenablement leur subsistance. Encore faut-il observer d’abord que ce travail quotidien n’est que rarement soutenu, coupé qu’il est de fréquents arrêts de repos ; ensuite qu’il n’implique jamais l’intégralité du groupe : outre le fait que les enfants et les jeunes gens ne participent que peu ou pas du tout aux activités économiques, ce n’est même pas l’ensemble des adultes qui se consacre simultanément à la recherche de la nourriture. »[...]« si en des temps courts à intensité faible, la machine de production primitive assure la satisfaction des besoins matériels des gens, c’est, comme l’écrit Sahlins, qu’elle fonctionne en deçà de ses possibilités objectives, c’est qu’elle pourrait, si elle le voulait, fonctionner plus longtemps et plus vite, produire des surplus, constituer des stocks. Que si, par conséquent, le pouvant, la société primitive n’en fait rien, c’est qu’elle ne veut pas le faire.»
"L’homme pendant des millénaires est resté ce qu’il était pour Aristote : un animal vivant et, de plus, capable d’une existence politique ; l’homme moderne est un animal dans la politique duquel sa vie d’être vivant est en question..." (La volonté de savoir, Michel Foucault)
Le type qui prêche ses vérités à lui
est encore venu hier me parler.
Il m'a parlé de la souffrance des classes laborieuses
(non des êtres qui souffrent, tout bien compté les vrais souffrants) .
Il parla de l'injustice qui fait que les uns ont de l'argent,
et que les autres ont faim - faim de manger
ou faim du dessert d'autrui, je ne saurai dire.
Il parla de tout ce qui pouvait le mettre en colère.
Comme il doit être heureux, celui qui peut penser au malheur des autres !
Et combien stupide, s'il ignore que le malheur des autres n'est qu'à eux,
et ne se guérit pas du dehors,
car souffrir ce n'est pas manquer d'encre
ou pour la caisse n'avoir pas de feuillards !
Le fait de l'injustice est comme le fait de la mort.
Pour moi, je ne ferais pas un pas afin de modifier
ce qu'on appelle l'injustice du monde.
Mille pas que je ferais à cet effet,
cela ne ferait que mille pas de plus.
J'accepte l'injustice comme j'accepte qu'une pierre ne soit pas ronde,
ou qu'un chêne-liège ne soit né pin ou chêne à glands.
J'ai coupé l'orange en deux, et les deux parties ne pouvaient être égales;
pour laquelle ai-je été injuste - moi qui vais les manger toutes les deux ?
(Le gardeur de troupeaux, Poèmes désassemblés, Fernando Pessoa)
~~~
« Pour moi, il n’y a pas de révolution sans révolution dans la culture, c’est-à-dire dans notre façon universelle, notre façon, à nous tous, de comprendre la vie et de poser le problème de la vie. Déposséder ceux qui possèdent est bien, mais il me paraît mieux d’ôter à chaque homme le goût de la propriété. [...] Pour faire mûrir la culture il faudrait fermer les écoles, brûler les musées, détruire les livres. »(Artaud)
*
Afin de récompenser Frère Jean des Entommeures de ses exploits lors de la guerre contre Picrochole, le géant Gargantua lui offre de fonder une abbaye qui soit « au contraire de toute autre », l’abbaye de Thélème, c’est-à-dire une abbaye nommée « Désir » selon l’étymologie grecque.
Toute leur vie était dirigée non par les lois, statuts ou règles, mais selon leur bon vouloir et libre-arbitre. Ils se levaient du lit quand bon leur semblait, buvaient, mangeaient, travaillaient, dormaient quand le désir leur venait. Nul ne les éveillait, nul ne les forçait ni à boire, ni à manger, ni à faire quoi que ce soit... Ainsi l'avait établi Gargantua. Toute leur règle tenait en cette clause :
FAIS CE QUE VOUDRAS
car des gens libres, bien nés, biens instruits, vivant en honnête compagnie, ont par nature un instinct et un aiguillon qui pousse toujours vers la vertu et retire du vice; c'est ce qu'ils nommaient l'honneur. Ceux-ci, quand ils sont écrasés et asservis par une vile sujétion et contrainte, se détournent de la noble passion par laquelle ils tendaient librement à la vertu, afin de démettre et enfreindre ce joug de servitude; car nous entreprenons toujours les choses défendues et convoitons ce qui nous est dénié.
Par cette liberté, ils entrèrent en une louable émulation à faire tout ce qu'ils voyaient plaire à un seul. Si l'un ou l'une disait : " Buvons ", tous buvaient. S'il disait: "Jouons ", tous jouaient. S'il disait: " Allons nous ébattre dans les champs ", tous y allaient. Si c'était pour chasser, les dames, montées sur de belles haquenées, avec leur palefroi richement harnaché, sur le poing mignonne- ment engantelé portaient chacune ou un épervier, ou un laneret, ou un émerillon; les hommes portaient les autres oiseaux.
Ils étaient tant noblement instruits qu'il n'y avait parmi eux personne qui ne sût lire, écrire, chanter, jouer d'instruments harmonieux, parler cinq à six langues et en celles-ci composer, tant en vers qu'en prose. Jamais ne furent vus chevaliers si preux, si galants, si habiles à pied et à cheval, plus verts, mieux remuant, maniant mieux toutes les armes. Jamais ne furent vues dames si élégantes, si mignonnes, moins fâcheuses, plus doctes à la main, à l'aiguille, à tous les actes féminins honnêtes et libres, qu'étaient celles-là. Pour cette raison, quand le temps était venu pour l'un des habitants de cette abbaye d'en sortir, soit à la demande de ses parents, ou pour une autre cause, il emmenait une des dames, celle qui l'aurait pris pour son dévot, et ils étaient mariés ensemble; et ils avaient si bien vécu à Thélème en dévotion et amitié, qu'ils continuaient d'autant mieux dans le mariage; aussi s'aimaient-ils à la fin de leurs jours comme au premier de leurs noces.
(Bellmer)
"... La caresse de l'oeil sur la peau est en effet d'une douceur
complètement extraordinaire avec en plus un certain côté cri de coq horrible,
tellement la sensation est étrange..."
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Hermann Hesse
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"Ah ! Les idées sont des êtres vivants ! ... Le comte avait creusé dans l'air la forme de son amour, et il fallait bien que ce vide fût comblé par le seul être qui lui était homogène, autrement l'Univers aurait croulé. L'impression passa, en ce moment, définitive, simple, absolue, qu'Elle devait être là, dans la chambre ! Il en était aussi tranquillement certain que de sa propre existence, et toutes les choses, autour de lui, étaient saturées de cette conviction. On l'y voyait ! Et, comme il ne manquait plus que Véra elle-même , tangible, extérieure, il fallut bien qu'elle s'y trouvât et que le Grand Songe de la Vie et de la Mort entrouvrît un moment ses portes infinies ! Le chemin de résurrection était envoyé par la foi jusqu'à elle ! Un frais éclat de rire musical éclaira de sa joie le lit nuptial; le comte se retourna. Et là, devant ses yeux, faite de volonté et de souvenir, accoudée, fluide, sur l'oreiller de dentelles, sa main soutenant ses lourds cheveux noirs, sa bouche délicieusement entrouverte en un sourire tout emparadisé de voluptés, belle à en mourir, enfin ! La comtesse Véra le regardait un peu endormie encore.
« Roger ! ... » dit-elle d'une voix lointaine
Il vint aurpès d'elle. Leurs lèvres s'unirent dans une joie divine, - oublieuse – immortelle !
Et ils 'aperçurent , alors, qu'ils n'étaient, réellement, qu'un seul être .
Les heures effleurèrent d'un vol étranger cette extase où se mêlaient pour la première fois, la terre et le ciel.
Tout à coup, le comte d'Athol tressaillit, comme frappé d'une réminiscence fatale.
« Ah ! Maintenant je me rappelle !... fit-il.
Qu'ai-je donc ? - Mais tu es morte ! »
A l'instant même, à cette parole, la mystique veilleuse de l'iconoclaste s'éteignit. Le pâle petit jour du matin, - d'un matin banal, grisâtre et pluvieux, - filtra dans la chambre par les interstices des rideaux. Les bougies blêmirent et s'éteignirent, laissant fumer âcrement leurs mèches rouges; le feu disparut sous une couche de cendres tièdes; les fleurs se fanèrent et se desséchèrent en quelques moment; le balancier de la pendule reprit graduellement son immobilité. La certitude de tous les objets s'envola subitement. L'opale, morte, ne brillait plus; les tâches de sang s'étaient fanées aussi, sur la batiste, auprès d'elle; et s'effaçant entre les bras désespérés qui voulaient en vain l'étreindre encore, l'ardente et blanche vision rentra dans l'air et s'y perdit. Un faible soupir d'adieu, distinct, lointain, parvînt jusqu'à l'âme de Roger. Le comte se dressa; il venait d'apercevoir qu'il était seul. Son rêve venait de se dissoudre d'un seul coup; il avait brisé le magnétique fil de sa trame radieuse avec une seule parole. L'atmosphère était, maintenant, celle des défunts.
Comme ces larmes de verre, agrégées illogiquement, et cependant si solides qu'un coup de maillet sur leur partie épaisse ne les briserait pas, mais qui tombent en une subtile et impalpable poussière si l'on en casse l'extrêmité plus fine que la pointe d'une aiguille, tout s'était évanoui.
« Oh ! Murmura-t-il, c'est donc fini ! - Perdue ! ... Toute seule ! - Quelle est la route, maintenant, pour parvenir jusqu'à toi ? Indique-moi le chemin qui peut me conduire vers toi ! ... »
Soudain, comme une réponse, un objet brillant tomba du lit nuptial, sur la noire fourrure, avec un bruit métallique; un rayon de l'affreux jour terrestre l'éclaira !...
L'abandonné se baissa, le saisit, et un sourire sublime illumina son visage en reconnaissant l'objet: c'était la clé du tombeau.
Extrait de Véra (Contes cruels, 1883), Villiers de l'Isle d'Adam
...
« Sub specie aeterni.
— A. : “Tu t’éloignes toujours plus vite des vivants : bientôt ils vont te rayer de leurs listes !”
— B. : “C’est le seul moyen de partager le privilège des morts.”
— A. : “Quel privilège ?”
— B. : “Ne plus mourir.” »
Nietzsche, Le Gai Savoir, III, 262)
Les catacombes des Capucins de Rome
L'Archangélique
De la bouse dans la tête
j’éclate je hais le ciel
qui suis-je à cracher les nues
il est amer d’être immense
mes yeux sont des cochons gras
mon cœur est de l’encre noire
mon sexe est un soleil mort
les étoiles tombées dans une fosse sans fond
je pleure et ma langue coule
il importe peu que l’immensité soit ronde
et roule dans un panier à son
j’aime la mort et la convie
dans la boucherie de Saint-Père.
Noire mort tu es mon pain
je te mange dans le cœur
l’épouvante est ma douceur
la folie est dans ma main.
[...]
Mes sanglots sur tes genoux
j’ébranlerai la nuit
(L’Archangélique et autres poèmes, Bataille)
...
Les malheurs des immortels révélés par Paul Eluard et Max Ernst
...
"La petite personne noire a froid. A peine si trois lumières bougent encore, à peine si les planètes, malgré leur voilure complète, avancent en flottant: depuis trois heures il n'y a plus de vent, depuis trois heures la gravitation a cessé d'exister. Dans les tourbières, les herbes noires sont menacées par le prestidigitateur et restent en terre avec les chauves et la douceur de leur chair que le jour commence à broder de nuages amers." MON PETIT MONT BLANC
"Dans l'atmosphère transparente des montagnes une étoile sur dix est transparente. Car les esquimaux ne réussissent pas à enterrer la lumière dans leurs glaciers abominables.
Un moment d'oubli, la lumière se retourne et fixe avec soin les tendres baisers d'une mère modèle. Les tourterelles en profitent pour enfoncer la lune et la douleur sous les arbustes fragiles.
Silencieux, le cher ange supporte la prudence des phrases édentées. Il fond tout doucement, première aurore. A LA RECHERCHE DE L'INNOCENCE
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"I could not love except where Death
Was mingling his with Beauty's breath..."
Edgard Poe
Jan Saudek
(Mélodie de l'âme)
Heroes
"Les phénomènes de la vie peuvent être comparés à un rêve, un phantasme, une bulle d'air, une ombre, la rosée miroitante, la lueur de l'éclair, et ainsi doivent-ils être contemplés." (Le Bouddha, dans le Sutra Immuable)
blessing/giving
Le temps que nous passons dans ce monde n'a point de prix
sans vin et sans échanson; il n'a pas de prix
sans les sons mélodieux de la flûte. J'ai beau observer les choses d'ici-bas,
je n'y vois que la foi et le plaisir qui aient du prix: le reste n'est rien.
(extrait des Robaïyat, Quatrain 52, Omar Khayyâm)
Fulgjya ~~... away ...."Se retrouver dans un état d'extrême secousse, éclaircie d'irréalité, avec dans un coin de soi-même des morceaux du monde réel" (Artaud) view more
Je te frapperai sans colère
Et sans haine, comme un boucher,
Comme Moïse le rocher !
Et je ferai de ta paupière,
Pour abreuver mon Saharah,
Jaillir les eaux de la souffrance.
Mon désir gonflé d'espérance
Sur tes pleurs salés nagera
Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon coeur qu'ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge !
Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ?
Elle est dans ma voix, la criarde !
C'est tout mon sang, ce poison noir !
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde !
Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !
Je suis de mon coeur le vampire,
- Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire !
(C. Baudelaire, in Les Fleurs du Mal, Slpeen et Idéal)
*
"Un noeud de la servitude imaginaire" (Lacan)
(Khalo)
..."Quand j'aurai joué tous les rôles, jeté tous les masques, peut-être trouverai-je mon vrai visage ?"... (Satprem)
......"Fuis la lutte contre les hommes pour retrouver la lutte pure, la lutte contre les éléments. Fuis là-haut où souffle un vent rude et fort." ( Ainsi parlait Zarathoustra, NIETZSCHE)......
Hokusai
"(...) Rejeter les limitations habituelles de l'homme et des pouvoirs de l'homme et à rendre infinies les frontières de ce que l'on appelle la réalité (...)"
(Le théâtre et son double, Antonin Artaud)
"Ah qu’il est donc difficile de retrouver cette trace divine au milieu de la vie que nous menons, de cette vie si satisfaite, si bourgeoise, si dénuée d’esprit en face de ces bâtisses architecturales, de ces affaires, de cette politique, de ces hommes ! Comment ne serais-je pas un loup des steppes et un ermite hérissé au milieu d’un monde dont je ne partage aucune des ambitions, dont je n’apprécie aucun des plaisirs ! […] à peine puis-je lire un journal, rarement un livre contemporain ; je ne comprends pas quelle est cette jouissance que les hommes cherchent dans les hôtels et les trains bondés, dans les cafés regorgeant de monde, aux sons d’une musique forcenée, dans les bars, les boîtes de nuit, les villes de luxe, les expositions universelles […], les corsos, les stades : tous ces plaisirs qui me seraient accessibles et que des milliers d’autres convoitent et poursuivent aux prix d’efforts, je ne puis ni les comprendre ni les partager. En revanche, ce qui m’arrive dans mes heures rares de jouissance, ce qui m’est émotion, joie, extase et élévation, le monde l’ignore, le fuit et le tolère tout au plus dans la poésie ; dans la vie, il traite cela de folie. En effet, si la foule a raison, si cette musique des cafés, ces plaisirs collectifs, ces hommes américanisés, contents de si peu, ont raison, c’est bien moi qui ai tort, qui suis fou, qui reste un loup des steppes, un animal égaré dans un monde étranger et incompréhensible […]"
(Le loup des steppes – Hermann Hesse)
"Je suis un oiseau du jardin céleste,
Je ne suis pas d'ici, de ce monde terrestre
On m'a fait une cage de ce corps mortel
Pour que dans la cage quelques jours je reste"
(Jalâl al-Dîn Rûmî)
Who I'd like to meet:
L'ETERNITE
Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.
Ame sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.
Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.
Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.
Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.
Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.
Bienvenue Fulgjya chez nuit Close, je suis très admiratif dont la manière vous avez soignée votre page et beaucoup aimé Le loup des steppes :) Je vous souhaites un agréable et paisible été! Le Hibou
« Il
arriva que le feu prît dans les coulisses d'un théâtre. Le bouffon vint
en avertir le public : on pensa qu'il faisait de l'esprit et on
applaudit. Il insista ; on rit de plus belle. C'est ainsi, je pense,
que périra le Monde : dans la joie générale des gens spirituels qui
croiront à une farce. »