Jean Guidoni, un récital théâtral
Par Armelle Héliot le 8 novembre 2009.
Aux Abbesses, il chante Prévert, au jour le jour ou à la nuit la nuit. On retrouve ave bonheur cet artiste hyper-sensible, voix superbe et légèreté de danseur, densité des émotions.
Vie de famille ne figure pas dans le CD Etrange étrangers mais Jean Guidoni la chante, vers la fin de ce très beau récital consacré aux textes de Jacques Prévert mis en musique par différents compositeurs. Elle est très intéressant cette chanson, car elle est comme le chiffre secret de ce très beau moment : elle est théâtrale et d'ailleurs c'est pour le Groupe Octobre que Jacques Prévert écrivit ces mots qui furent mis en musique par Hans Eisler. N'est-ce pas que c'est là le théâtre même ! Ecrite en 1934, elle fut aussitôt inscrite au répertoire du Groupe Octobre...
Jean Guidoni n'a rien perdu de sa grâce et c'est avec un grand plaisir qu'on le retrouve et tout naturellement dans un théâtre ! De Maintenant j'ai grandi à Chanson dans le sang, de Thierry Escaïch à Joseph Kosma, il cisèle merveilleusement les mots de Prévert. C'est un Prévert sombre, lucide, sans agresssivité, mais un Prévert qu raconte, croque le monde en épiphanies sans retouches. Le monde est rude, les textes racontent des histoires qui disent bien cette vérité...les compositions les portent sans les trahir : Kosma bien sûr, et Eisler donc, Wal-Berg pour Embrasse-moi et aussi Fabrice Ravel-Chapuis qui est en scène, au piano, et Adrien par Christiana Verger, et encore Dans ma rue par Juliette Nourredine, tout cela ravive à merveille les couleurs de Jacques Prévert.
Très bien entouré de Fabrice Ravel-Chapuis au piano, de la belle Florence Hennequin au violoncelle, d'Emmanuel Feramus à la batterie, Marc Delhaye au banjo et à la guitare, Jean Guidoni enchaîne les chansons avec une aisance très séduisante. La voix coule de source et lorsqu'il glisse quelques pas dansés, il est d'une légèreté d'elfe.
Très beau spectacle avec les lumières de Bruno Daraquy et un son très subtilement équilibré de Frédéric Pierre, un moment de théâtre avec chansons. Idéal !
C'est en voyant Ingrid Caven
interpréter du Fassbinder au Pigall's que Guidoni a le déclic.
Il rencontre alors Pierre Philippe, cinéaste et traducteur de Fassbinder,
qui va lui écrire ses premières chansons marquantes.
Enfin il trouve sa voie, en 1980, le public découvre Jean Guidoni
sur la scène du Théâtre en Rond
pour sa première grande scène parisienne.
Maquillé de blanc et vêtu de noir, Guidoni se dévoile enfin
tel qu'en lui-même, avec ses blessures et ses angoisses.
Les chansons dégagent un relent de sexe et de mort.
C'est un énorme succès critique et public.
Ceci se concrétise par son album "Je marche dans les villes"
qui obtient en mars 81, le prix de l'Académie Charles-Cros.
Un premier "Olympia" le 9 juin 81.
C'est sur scène que Guidoni s'épanouit,
il monte un nouveau spectacle
"Crime Passionnel"aux Bouffes du Nord,
solitude, homosexualité, désespoir, ce spectacle
est encore hanté par les fantômes douloureux de son existence.
L'album "Crime passionnel" sort à cette époque
et reste un des plus populaires du chanteur :
il s'agit d'un opéra pour un seul homme
composé par le maître argentin Astor Piazzolla
dont le livret est signé par Pierre Philippe
qui écrit parmi ses plus beaux textes.
Suivront en 1983
"Le rouge et le rose" -
album comprenant le titre "Le Bon Berger",
hagiographie parodique de Pétain,
et "Putains…" en 1985 qui fait l'objet
de tous les scandales et se voit boycotté
par les grandes radios.
Chacun des ces deux albums
s'accompagne d'un spectacle : l'Olympia 83 où Guidoni
utilise toutes les possibilités théâtrales de la scène mythique
de Coquatrix et Jean-Michel Boris
en reprenant ses grandes chansons
et des titres d'avant-guerre,
et le Cirque d'Hiver en 1985,
spectacle en deux parties très scénographié
qui offre quelques pépites inédites
(Rendez-moi l'enfant, Santa Maria Blanca, Chromos…)
Pour la première fois depuis longtemps,
en 1987 Guidoni écrit un album sans Pierre Philippe,
pour lequel il reçoit une seconde fois
le prix de l'Académie Charles Cros
: c'est l'album "Tigre de porcelaine",
cosigné avec Michel Cywie et Pascal Auriat,
qui contient deux chansons très connues :
Tramway Terminus Nord et Mort à Venise.
Un spectacle au "Bataclan"
Il est suivi d'un concert, l"Européen 1989"
à "L'Européen" et à 'L'Olympia"
où Guidoni est accompagné de deux pianistes japonais, chante ses classiques et rend hommage à Jacques Prévert
à travers de nombreux titres
dont La Chanson de l'Homme
ou La Chanson dans le Sang.
La fin des années 1980 est pour lui difficile :
des tournées épuisantes,
l
la disparition d'Auriat,
un projet mort-né avec William Sheller
l'amènent à faire une dépression.
Sort en 1990 l'album
"Aux tourniquets des Grands Cafés",
assez désenchanté où il s'en prend à la gauche caviar
et aborde des thèmes
tels que le sadomasochisme ("La punition"),
le Mur de Berlin ("Checkpoint Charlie Gesang"),
le tournage d'un film ("Vérone Véronal"),
chansons très populaires parmi son public.
À noter quelques récitatifs
dont l'époustouflant "Impérial Palace".
Les arrangements et compositions sont
de Bernard Estardy et Jairo.
Il reparaît sur scène en 1991,
participe à un spectacle organisé
au Cirque d'Hiver par le magazine homosexuel Gai Pied.
En 1992, son nouvel album "Cas particulier"
donne lieu à un nouveau spectacle
sur la scène du Théâtre de la Ville,
avec notamment le titre "Manque".
L'affiche, célèbre,
voit Guidoni pasticher un tableau de Magritte.
1995 est l'année des retrouvailles avec Michel Legrand.
Les deux hommes unissent leur talent sur l'album "Vertigo".
Legrand en écrit toutes les musiques
qui se marient avec les thèmes récurrents
du répertoire de Guidoni, sida, mensonge,
intolérance mais aussi humour.
Le duo Legrand/Guidoni se retrouve
au Casino de Paris pour un spectacle du nom
de "Comment faire partie de l'orchestre",
chaleureusement salué par la critique.
Il reprend cette année-la un tour de chant
à "La Manufacture des Oeillets"
1999 sonne l'heure des retrouvailles avec Pierre Philippe
pour un spectacle "Fin de siècle"
qui donne lieu à deux albums,
à l'écriture duquel ont participé notamment
Matthieu Gonet et Juliette.
2000 est une année marquée
par la reprise au Cabaret Sauvage du "Crime passionnel"
par son créateur, Jean Guidoni,
dans une version plus acoustique,
moins électrique que l'originale.
Trente ans de carrière jalonnés
de rencontres et de collaborations avec les plus grands,
Michel Legrand, Catherine Sauvage, Astor Piazzolla, Carlos d'allessio, Alain Bashung et Michel Cywie entre autres,
mais Guidoni reste boudé par les radios;
peut-être sa personnalite
et son ton sulfureux effraient-ils.
Jean Guidoni publie en 2003
un roman auto-biographique Chanter n'est pas jouer,
ainsi qu'un longbox 4 cd reprenant
majoritairement sa carrière scénique.
L'album "Trapèze" réalisé par Edith Fambuéna
sort en octobre 2004
et reçoit des critiques souvent élogieuses.
Guidoni a bénéficié notamment
de la collaboration des écrivains
Jean Rouaud et Marie Nimier.
En 2004-2005, il remplit quatre salles parisiennes :
le Café de la Danse,
L'Européen (ex-Théâtre en Rond de ses débuts),
l'Elysée Montmartre et le Vingtième Théâtre.
En 2007, sort son dernier album
"La Pointe Rouge", disque auquel ont collaboré
Dominique A,
Jeanne Cherhal,
Mathias Malzieu (de Dionysos)
et Philippe Katerine.
La sortie de l'album est suivi d'une série de concerts
à la Boule Noire, à Paris.
Trente années de carrière et Jean Guidoni
n'a jamais sonné aussi libre. Deux ans après le très beau Trapèze, il revient, bénéficiant de la reconnaissance de ses pairs.
Né de sa collaboration avec Nicolas Deutsh (Julien Baer, Thomas Fersen)
qui a mis en musique et réalisé les titres écrits par Jean Guidoni,
l'album compte quatre titres écrits
par Dominique A, Jeanne Cherhal, Katerine et Mathias Malzieu.
En 2008 un nouveau cd "Guidoni chante Prévert"
dont une chanson en duo avec JULIETTE.
Gérard Philipe, French Romantic Actor. ( 4 décembre 1922 - 25 novembre 1959). Superstitieux, il modifia son nom pour que celui-ci compte treize lettres...
DEMONTS ET MERVEILLES VENTS ET MAREES AU LOIN DEJA LA MER S'EST RETIREE ET TOI COMME UNE ALGUE DOUCEMENT CARESSEE PAR LE VENT DANS LES SABLES DU LIT TU REMUES EN RÊVANT DEMONS ET MERVEILLES VENTS ET MAREES AU LOIN DéJà LA MER S'EST RETIREE MAIS DANS TES YEUX ENTR'OUVERTS DEUX PETITES VAGUES SONT RESTEES DEMONS ET MERVEILLES VENT ET MAREES DEUX PETITES VAGUES POUR ME NOYER.
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Ah là je ne sais que répondre tellement c'est fou, cette coïncidence !!! par contre pour ceux qui auraient envie de découvrir Steven Cohen,on peut voir son dernier spectacle "Golgotha" à cette adresse :