C'est en voyant Ingrid Caven
interpréter du Fassbinder au Pigall's que Guidoni a le déclic.
Il rencontre alors Pierre Philippe, cinéaste et traducteur de Fassbinder,
qui va lui écrire ses premières chansons marquantes.
Enfin il trouve sa voie, en 1980, le public découvre Jean Guidoni
sur la scène du Théâtre en Rond
pour sa première grande scène parisienne.
Maquillé de blanc et vêtu de noir, Guidoni se dévoile enfin
tel qu'en lui-même, avec ses blessures et ses angoisses.
Les chansons dégagent un relent de sexe et de mort.
C'est un énorme succès critique et public.
Ceci se concrétise par son album "Je marche dans les villes"
qui obtient en mars 81, le prix de l'Académie Charles-Cros.
Un premier "Olympia" le 9 juin 81.
C'est sur scène que Guidoni s'épanouit,
il monte un nouveau spectacle
"Crime Passionnel"aux Bouffes du Nord,
solitude, homosexualité, désespoir, ce spectacle
est encore hanté par les fantômes douloureux de son existence.
L'album "Crime passionnel" sort à cette époque
et reste un des plus populaires du chanteur :
il s'agit d'un opéra pour un seul homme
composé par le maître argentin Astor Piazzolla
dont le livret est signé par Pierre Philippe
qui écrit parmi ses plus beaux textes.
Suivront en 1983
"Le rouge et le rose" -
album comprenant le titre "Le Bon Berger",
hagiographie parodique de Pétain,
et "Putains…" en 1985 qui fait l'objet
de tous les scandales et se voit boycotté
par les grandes radios.
Chacun des ces deux albums
s'accompagne d'un spectacle : l'Olympia 83 où Guidoni
utilise toutes les possibilités théâtrales de la scène mythique
de Coquatrix et Jean-Michel Boris
en reprenant ses grandes chansons
et des titres d'avant-guerre,
et le Cirque d'Hiver en 1985,
spectacle en deux parties très scénographié
qui offre quelques pépites inédites
(Rendez-moi l'enfant, Santa Maria Blanca, Chromos…)
Pour la première fois depuis longtemps,
en 1987 Guidoni écrit un album sans Pierre Philippe,
pour lequel il reçoit une seconde fois
le prix de l'Académie Charles Cros
: c'est l'album "Tigre de porcelaine",
cosigné avec Michel Cywie et Pascal Auriat,
qui contient deux chansons très connues :
Tramway Terminus Nord et Mort à Venise.
Un spectacle au "Bataclan"
Il est suivi d'un concert, l"Européen 1989"
à "L'Européen" et à 'L'Olympia"
où Guidoni est accompagné de deux pianistes japonais, chante ses classiques et rend hommage à Jacques Prévert
à travers de nombreux titres
dont La Chanson de l'Homme
ou La Chanson dans le Sang.
La fin des années 1980 est pour lui difficile :
des tournées épuisantes,
l
la disparition d'Auriat,
un projet mort-né avec William Sheller
l'amènent à faire une dépression.
Sort en 1990 l'album
"Aux tourniquets des Grands Cafés",
assez désenchanté où il s'en prend à la gauche caviar
et aborde des thèmes
tels que le sadomasochisme ("La punition"),
le Mur de Berlin ("Checkpoint Charlie Gesang"),
le tournage d'un film ("Vérone Véronal"),
chansons très populaires parmi son public.
À noter quelques récitatifs
dont l'époustouflant "Impérial Palace".
Les arrangements et compositions sont
de Bernard Estardy et Jairo.
Il reparaît sur scène en 1991,
participe à un spectacle organisé
au Cirque d'Hiver par le magazine homosexuel Gai Pied.
En 1992, son nouvel album "Cas particulier"
donne lieu à un nouveau spectacle
sur la scène du Théâtre de la Ville,
avec notamment le titre "Manque".
L'affiche, célèbre,
voit Guidoni pasticher un tableau de Magritte.
1995 est l'année des retrouvailles avec Michel Legrand.
Les deux hommes unissent leur talent sur l'album "Vertigo".
Legrand en écrit toutes les musiques
qui se marient avec les thèmes récurrents
du répertoire de Guidoni, sida, mensonge,
intolérance mais aussi humour.
Le duo Legrand/Guidoni se retrouve
au Casino de Paris pour un spectacle du nom
de "Comment faire partie de l'orchestre",
chaleureusement salué par la critique.
Il reprend cette année-la un tour de chant
à "La Manufacture des Oeillets"
1999 sonne l'heure des retrouvailles avec Pierre Philippe
pour un spectacle "Fin de siècle"
qui donne lieu à deux albums,
à l'écriture duquel ont participé notamment
Matthieu Gonet et Juliette.
2000 est une année marquée
par la reprise au Cabaret Sauvage du "Crime passionnel"
par son créateur, Jean Guidoni,
dans une version plus acoustique,
moins électrique que l'originale.
Trente ans de carrière jalonnés
de rencontres et de collaborations avec les plus grands,
Michel Legrand, Catherine Sauvage, Astor Piazzolla, Carlos d'allessio, Alain Bashung et Michel Cywie entre autres,
mais Guidoni reste boudé par les radios;
peut-être sa personnalite
et son ton sulfureux effraient-ils.
Jean Guidoni publie en 2003
un roman auto-biographique Chanter n'est pas jouer,
ainsi qu'un longbox 4 cd reprenant
majoritairement sa carrière scénique.
L'album "Trapèze" réalisé par Edith Fambuéna
sort en octobre 2004
et reçoit des critiques souvent élogieuses.
Guidoni a bénéficié notamment
de la collaboration des écrivains
Jean Rouaud et Marie Nimier.
En 2004-2005, il remplit quatre salles parisiennes :
le Café de la Danse,
L'Européen (ex-Théâtre en Rond de ses débuts),
l'Elysée Montmartre et le Vingtième Théâtre.
En 2007, sort son dernier album
"La Pointe Rouge", disque auquel ont collaboré
Dominique A,
Jeanne Cherhal,
Mathias Malzieu (de Dionysos)
et Philippe Katerine.
La sortie de l'album est suivi d'une série de concerts
à la Boule Noire, à Paris.
Trente années de carrière et Jean Guidoni
n'a jamais sonné aussi libre. Deux ans après le très beau Trapèze, il revient, bénéficiant de la reconnaissance de ses pairs.
Né de sa collaboration avec Nicolas Deutsh (Julien Baer, Thomas Fersen)
qui a mis en musique et réalisé les titres écrits par Jean Guidoni,
l'album compte quatre titres écrits
par Dominique A, Jeanne Cherhal, Katerine et Mathias Malzieu.
En 2008 un nouveau cd "Guidoni chante Prévert"
dont une chanson en duo avec JULIETTE.
ORPHANE.
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