Où va le rap français ? Pendant que certains roulent à fond la caisse vers l’auto-parodie ou la starification, quelques irréductibles de la rime restent obstinément scotchés à l’idée que cette forme d’art venue de la rue doit avant tout servir une cause, parler de ses origines sociales, proposer un discours de révolte, d’espoir et de lutte.
La Canaille fait bien sûr partie de la seconde catégorie. À la genèse du collectif, le rapper, auteur et chanteur Marc Nammour fonde d’abord un petit groupe en province avec son colocataire DJ, Nicolas Rinaldi. Les deux amis se sont rencontrés dans le Jura, à Saint-Claude. C’est là que Marc a atterri au milieu des années 80, après que ses parents aient fui la guerre du Liban. Marc et Nicolas fondent un premier groupe, histoire de se forger une identité. Puis il est temps de se confronter à la capitale. La rencontre à Paris, en 2003, du bassiste Walter Pagliani puis du guitariste Marc Barnaud (le voisin du dessous de M. Nammour) marque la naissance officielle de cette bande des quatre rapologique, La Canaille.
Mais tout n’est pas si facile. M. Nammour : « On a d’abord galéré, on avait tous des petits boulots. J’ai arrêté mes études après ma licence en science de l’éducation qui ne m’a servi à rien, et j’ai bossé à l’usine pour me payer ma première MPC, une table de mixage et des enceintes. J’ai aussi été animateur et éducateur, Walter était au RMI et vivotait comme il pouvait de la musique, Nico a passé son concours d’instituteur, Marc travaillait dans le théâtre. On n’avait pas le temps de créer, on a fait avec les priorités financières de chacun ».
La roue tourne quand un ami de M. Barnaud, un professionnel du disque, vient écouter les premières compositions de La Canaille. M. Nammour lui chante en live deux morceaux, dont « L’usine », le premier texte du groupe écrit en 2003. Touché par l’originalité des textes et la richesse des compositions, il s’implique dans le projet, ouvre au groupe son studio, ses machines et ses contacts et coproduit l’album avec le groupe. C’est le déclic que le groupe attendait : La Canaille lâche les chiens, enfin. S’inscrit à plusieurs gros tremplins (Eurockéennes de Belfort, Chorus des Hauts-de-Seine, Découvertes du Printemps de Bourges). Et y fait sensation. Devant des publics de rockers, ils s’imposent avec une musique live aux épices orientales (M. Barnaud, multi instrumentiste, possède une collection impressionnante de guitares, saz, bouzoukis etc...) et des textes sans concessions qui sentent le vécu. Attention : pour Marc, pas question de jouer les gangsters de salon ou les opportunistes du music biz. « Je suis d’une génération de trentenaires bercés par le rap qui continue à en écouter mais se reconnaît de moins en moins dans ce genre musical. On est rentré dedans pour des groupes comme Public Enemy ou La Rumeur, pour la revendication, ce côté plume du bitume qui s’approprie les mots sans avoir forcément fait de longues études. C’est pour ça que j’adore l’essence de ce mouvement. J’aime l’aspect haut-parleur de la rue. Il est hors de question qu’on se lance dans un rap bling-bling ou un rap creux et mièvre. Le décalage musical a été voulu. De part sa culture théâtrale et son expérience, Marc Barnaud avait une approche différente, il nous a aidés à devenir plus subtils dans le choix de nos arrangements ».
En plus de ses propres textes, M. Nammour reprend un texte écrit en 1870 pendant la Commune de Paris, « La canaille ». Le texte, splendide, est intemporel : « Dans la vieille cité française existe une race de fer/Dont l’âme comme une fournaise a de son feu brûlé la chair/Ses fils naissent sur la paille/Pour palais n’ont qu’ un taudis/C’est la canaille, eh bien j’en suis ». C’est ce qu’on appelle une déclaration de foi. Dès les tremplins et les premiers concerts formateurs, La Canaille ne fait pas de compromis sur son répertoire, ni sur son attitude. Marc se souvient encore d’un concert au cœur d’une cité où la chanson « Ni Dieu ni maître » est restée en travers de la gorge des plus jeunes. « On s’est fait insulter, les mecs ne voulaient pas entendre ça. On se demande parfois si on va jouer cette chanson, et on choisit toujours de le faire. La Canaille c’est aussi ça, on assume. S’il y a des débordements, on ira voir le public, et si ça part en sucette on le regrette, mais on ne peut pas se dire que c’est politiquement incorrect de jouer “Ni Dieu ni maître“ en cité, sinon ça voudrait dire que les intégristes ont gagné ».
Au fil des mois et des concerts, La Canaille développe son paradoxe, celui d’être un groupe de rap qui ose briser les frontières, plus musical encore que la plupart des formations rock ou world. Le répertoire musical est vaste, et les shows de La Canaille mettent en valeur un groove inédit fait des pures ambiances urbaines mélangées à des plages d’apaisement, le tout sous tension perpétuelle. « L’usine » et ses arrangements orientaux berçant un texte racontant le quotidien d’un ouvrier spécialisé, « La prose du Transsibérien » qui adapte un poème en prose de Blaise Cendrars aux influences tziganes, « Qu’est-ce qu’y a ?!! » et ses apostrophes aux rappers poseurs : le champ lexical est riche, et malgré leur virulence, jamais les mots employés ne sont ceux de la haine ou de l’insulte. M. Nammour : « On n’a pas besoin de dire “fils de pute“ pour s’imposer à la table des négociations. Je n’ai pas d’étiquette, j’ai envie de dire qu’on fait du rap de fils d’ouvrier, de prolo. Je suis libanais né à Beyrouth, je suis entre la France et le Moyen-orient, entre Arabe et Français. Mais La Canaille, c’est universel, on est au-delà du blanc, noir, jaune, tout le monde peut partager notre combat et nos valeurs. C’est pour ça que quand j’écris, je mets de coté mes origines parce que je pense que l’origine sociale est plus forte que la couleur de peau, la religion ou la nation ».
Avec son premier album d’une stupéfiante maturité, Une goutte de miel dans un litre de plomb, La Canaille fait une fracassante entrée sur la scène française. Entre plusieurs mondes. « On est tellement le cul entre quatre millions de chaises que les programmateurs se demandent où nous classer », conclut Marc. La réponse est pourtant simple : dans la catégorie des originaux, des inclassables, des défricheurs et des rebelles. Ni Dieu, ni maître. Juste l’inspiration et les mots qu’il faut. C’est La Canaille. Soyez-en.
Bio réalisé par Olivier Cachin
Oui Monsieur, c'est important de bien s'entourer! Au fait: j'aime pas le rap!...Hormis Keny Arkana...et, après avoir écouté la devise anarchiste "Ni Dieu, ni maitre" en chanson, peut-être un peu la Racaille...euh, la Canaille! Plates excuses.
Salut La Canaille !! Habituellement peu enclin à faire de l'autopromotion, j'ose tout de même aujourd'hui pour vous inviter à découvrir nos nouveaux morceaux sur notre page myspace ainsi que sur notre nouveau site sur http://resistancehh.free.fr (avec intégralité des textes en livret numérique !!)... N'hésitez pas à critiquer !!
Au plaisir et que la musique soit bonne à Palaiseau, je n'en doute pas une seule seconde !!
Hey sava ? J'espere que tout roule chez vous et que tout avance comme vous le voulez Un petit message juste pour te dire que si tu a besoin d'un graphiste pour refaire ton myspace ,faire un site ,un montage ,une pochette ,un logo ou autres je suis dispo ! Quelques soit tes envies on pourra toujours s'arranger , n'ésite pas à me contacter ! (tu trouvera tout les renseignemenst sur mon myspace : http://www.myspace.com/notnodesign ) Bonne continuation et à bientot j'espère Peace
salut la Canaille!!! j ecoute votre album en boucle sur mes trajets ratp!!!c est la Canaille et bien j en suis! juste une abscence!!!REQUIEM Pas grave en live vous la jouer donc c est la Canaille et bien je suis! oui a vendredi a Pantin salle jacques brel et bravo pour cette album ou ce melent tant d influences
Salut La Canaille, Passes trop bien votre album !! Du bon taf, du bon son, du bon texte, de la bonne zic !! Tout parfait quoi !! A très bientôt j'espère Richard et l'équipe Zicamontreuil qui vous attend !!!
Hey la Canaille! merci pour l'ad et pour le concert de samedi, c'etait une bonne soiré, rien a dire de plus, sa fait plaisir de voir des bons groupes conscient!! Ps a l'occaz passé sur mon myspace et lachez vos critiques Peace
Merci ,bonne continuation en espérant vous voir peut être un de ces quatre sur Saint-Etienne pour apprécier en live ce fabuleux album découvert part hasard chez le disquaire...
salut l'équipe. on s'est capté hier après votre concert à la pêche, et franchement je le redis: c'était vraiment lourd comme set, dans le meilleur des sens!
j'ai pris une bonne gifle consciente dans la tête, ça fait du bien..
en tout cas ne lâchez rien, votre fusion est trop nourrissante, et au plaisir de vous revoir sur d'autres scènes. N'hésitez pas à passer sur notre myspace et désolé, les sons y sont mal enregistrés ;) vous pourrez dire ce que vous en pensez. Peace.
Merci pour ce super concert hier soir ! Pas eu l'occas' de vous le dire de vive voix. Super énergie. Et d'accord avec le comm précédent, j'ai largement préféré votre set. Super ambiance... La team sanclaudienne a été conquise !! Tout ce qu'on vous souhaite, une longue route, des ventes à foison de votre album et de positives retombées !!!
salut LA CANAILLE sympa hier soir a la PéCHE,a vrai dire j ai preferer votre live a celui de la RUMEUR qui regler ses comptes avec skyrock ou autres!!! au replaisir de vous retrouvez le 06 11 salle JACQUES BREL a PANTIN Rachid tenez une pepite NEVER MONEY TODAY PAR MEITEISHO (SIR JEAN)
salut LA CANAILLE...c etais un plaisir de vous voir sur scene a MAINS D OEUVRES Merci pour vos textes pas du tout pessimiste,juste militant contre l absurde et la violence d un monde qui nous anime de colére legitime!au plaisir de vous revoir en live le17 oct a la PéCHE! Weshnek