L'eau de Javel, Le cubisme, Duchamp, Dada, Schwitters, l'art brut, les combine painting de Rauschenberg, Cage, Pierre Henry, les nouveaux réalistes, Luc Ferrari, François Bayle, et France culture avant que cette chaîne ne se prostitue à la nouvelle droite et à la pensée unique. Il reste évidemment d'excellentes émissions libertaires préservées de la pensée libérale.
Lavabo incongru (j'ai hésité avec lavabo sanguinolant, en hommage au lavabo menstruellement rempli du sang de ma mère) était initialement le premier nom que j'avais donné au groupe de musique improvisée lycéen puis universitaire qui a travaillé quelques années avec André Almuro. Nous l'avons accompagné en musique, enregistrée par France culture, dans une des premières performances homosexuelles musicales. J'ai repris ce nom.
Lavabo incongru n'aspire qu'à disparaître.
C'est pourquoi il aime Tapiés, car regarder une oeuvre de Tapiés c'est à la fois être aspiré par la matière, s'oublier dans le ciment ou la terre, et ressurgir dans une marque rudimentaire tracée dans cette matière, une croix, un pied grossièrement dessiné.
C'est pourquoi il aime Cage qui lui enseigne à disparaître dans le cliquetis ou le ronflement du métro, dans le silence qui n'en est jamais un.
C'est pourquoi il aime Duchamp qui ne nous donne Rien à regarder. Ce Rien conjugué avec l'Etant donné...aboutit à une démarche assez semblable au porno lacanien,huiles de 2m x 1,5 m, sans chassies, inspirées par la note 22 des 3 essais sur la sexualité de Freud.
Lavabo Incongru a longtemps cru que tout le monde se sentait concerné par l'Impossible et le Rien, ces nourritures de la psychose et ces aiguillons des névroses.
Il a aussi espéré qu'on arriverait à sortir de la combinatoire sans âme du post modernisme, nouveau Manièrisme ne visant que le "vu à la télé" et qu'à être choisi comme marchandise d'investissement d'un quelconque groupe industriel, prédendument mécène.
En fait tout le monde s'en fout.
L'ego que le milieu du XX siècle mettaient à l'index, le spectacle et la marchandise alors vouées aux gémonies, les valeurs les plus réactionnaires de l'apparence, de la "réussite" des futurs cadavres que nous sommes, ont reconquis le territoire perdu et nous replongent dans un XIX siècle social qui fait frémir.
Un petit frimeur, issu d'une riche commune de banlieue, et confondant cet électorat bourgeois avec la France profonde, en est l'astucieux promoteur, avec un peu de retard sur Reagan et Thatcher.
Tandis que Lavabo Incongru aspire à disparaître, ces fameux médias qui imposent, comme un miroir, une image, une pensée, une identité au rien qui est au centre de notre réalité existentielle, ne cessent de nous rabâcher que nous sommes de trop, que nous coûtons trop cher, qu'il est temps de réapprendre à obéir et à souffrir. A qui ? Pour qui ? Qui nous parle ainsi ? Qui, en nous mitraillant d'images de massacres et de misères, nous fait vivre dans la terreur de ce qui pourrait nous arriver et la culpabilité de ce qui ne nous est pas arrivé ?
Autrefois, pour l'expliquer, on aurait utilisé les concepts de classe et d'idéologie dominantes.
Il paraît que ce sont des gros mots, comme aliénation ou classes sociales. Beurk !
Quoi qu'il en soit, l'aspiration assez psychotique à la disparition et l'injonction des médias à fermer sa gueule (au sens ou l'ouvrir serait ouvrir une pensée authentique évidemment) et à montrer son cul (le quart d'heure de gloire pour tous, héritage dénaturé de Duchamp via Warhol culminant dans la télé réalité) se rencontrent étrangement en Lavabo Incongru et semblent ne lui laisser que la solution du suicide.
Enfin, pour conclure, lorsque Lavabo Incongru a découvert que la signature du peintre qu'il admirait le plus, celui dont l'exposition des dernières oeuvres à Avignon au milieu des années 70 l'avait bouleversé, avait été vendue à une marque de voiture, il a compris que l'âge post-moderne était définitivement installé. Pour le pire.
Maintenant, si questionner les fondements de la pulsion scopique lui semblait évident au travers du pornolacanien et des topographies des tensions du corps, si l'écriture pour lui était avant tout une projection de l'expérience de la conscience, sans distinction du réel et de l'imaginaire, les fondements de la musique lui posent plus de problèmes, sans doute parce que la tonalité ne s'est jamais si bien portée, que les avancées électroacoustiques ont été intégrées par la musique grand public, de Madonna à M Manson, et que certains confondent création avec la recherches de trouvailles techniques. Alors qu'est-ce qui fonde la musique concrète et l'électroacoustique ? Le simple plaisir de pouvoir en faire avec son home studio. Passer en revue tous les possibles. Un peu court peut-être ?
Lavabo incongru a inventé l'ACOUSMATIQUE NARRATIVE, musique oxymoresque qui n'existe que sur le web, sa salle de concert permanente. Il ne fait plus de concert ni d'expo. Si vous le sollicitez fortement, il collaborera avec vous, voire vous vendra ses peintures.
bonjour, j'ai été très surpris de constater votre élimination de youtube ! on ne peut plus rien voir votre compte a été "suspendu", comme "ils" disent... du coup, j'en suis bien désolé cela vous intéresserait-il de faire partie d'une compil sonore ? bien à vous
Ce tableau est beau. Dommage que je ne parvienne pas à distinguer exactement ce qui y est représenté. Alors, ce rêve, Lavabelle? Raconte-moi! Je te souhaite une très bonne année, pleine de folies créatives. Je t'embrasse!