New texts by Alexandra Apperce
Je l’ai fait !
J’ai avalé l’ultime carte routière.
Je les aurai, les péripéties, la foire, les âmes étrangères.
Pourquoi devrais-je t’épargner ?
Toi qui me ronge l’os.
Je sens déjà ma main sur ton gosier
Et ton âme contre ma crosse.
Le cinéma est impotent, il ne me vend plus rien.
Je savoure ce nouveau décor, tes abats, et tes grands reins.
Oui, l’intérieur de ton corps tiède fut mon logis
Il est maintenant sec, implorant et enfui.
Tes ongles de femme ont cisaillé ma souche
Tes fabuleux tissus ont capitonné ma bouche.
Privé de moi-même, je peux dévorer le lien
Regarde l’animal qui gueule, qui touche des catins.
Je t’ai tranchée avec succès
Ton être entier sous le couperet
Je jubile autant que je saigne
Plus aucun sentiment que je ne feigne
Ta petite fournaise me fait défaut
perdant ta langue, tes parfums, tes eaux
Les récits de mes méfaits s’arrachent pour quelques sous
Dans ces rues où je t’hallucine
Je sue de tout ce qui est nous
Le cœur enflé de mille ruines.
Sur des kilomètres, je traîne la chair de tous les miens.
Voilà ce que je ne peux qu’être,
un ambitieux valet, un fantôme, un assassin.
Et je te rends monotone, vulgaire, défunte.
Noyée dans l’acétone, je te recueille éteinte.
Je détrousserai jusqu’aux larmes
De toutes celles qui m’ont dérobé
Et je noierai dans un seau, ce beau roi que j’étais.
Je tends avec hardiesse, mon arme rougie
Des maîtresses aux babines pourléchées
Se hâtent devant mon manteau défait
Parlant de soif infinie.
Des joues bombées et roses comme des ventres crus
Se précipitent.
Des jambes affûtées et nues
Me décapitent.
Regardez mes cernes, ils sont tout de vous, gravés.
Les matins sont en berne, défaillants et lassés.
Buvez encore mes avances, ma sève, ma mécanique.
Que nous laissions à terre, quelques flaques érotiques.
Je suis né de mes travers, d’écorchures et de désirs profanes
Je suis un morceau de verre, un solide pantin de cellophane.
De curieux oripeaux voilent désormais mon crane
Je mange de la peau, de drôles de fruits et bien des femmes.
Dehors, c’est la liesse, bandent ensemble de jeunes yuppies
Qui bientôt supplieront que je taise sur eux mon emprise.
Ces princes anodins gloussent et me croient nu
La seule obsession de vous me vêtit, moi l’Absolu.
Dites moi comme vous êtes, je vous dirai qui tuer
Tous deux salis par ces amours désolés
Des troupeaux de nantis barbus m’enjambent
Et parient sur qui de nous vraiment tremble.
Ces petits passants repus de gloire
Se séparent de quelques éclats d’or
Et je disloque leurs mâchoires
Me relève riche, flamboyant mais dehors.
Oui, mes nuits sont agitées, peu communes et bien noires.
Fidèle à cette danse, je me dédie ma propre histoire.
Je pense aux villes prochaines
au destin de ces fausses communes.
M’attendent leurs hôtes amènes
Et les rousses et puis les brunes.
Je m’ épanouie dans l’imprudence
Sitôt détrônée par ma toute répugnance
Je ris de ces gens sans faim, élevés par quelques bonnes
Qui me croisent et me piétinent comme un tout petit trombone.
Savent-ils que j’ai faim de luxe, de sueur et de prostituées arrondies
Que j’étouffe des femmes de peur ou d’orgasmes de bandits.
Ce sont ces lettres jamais envoyées auxquelles je songe
Votre bouche sur le sol qui s’émerveille et puis éponge
Mourez de mes sucs, pensez aux seins de mes ogresses.
Désaltérée par votre duc, de ce nectar qui vous rabaisse.
Dulcinées au poing, j’échappe à ma banqueroute
Je veux le sang de chaque sirène, coûte que coûte.
Mes souvenirs sont de l’acide sur la peau de mon dos
En hachoirs intrépides, ils traquent et menacent le salaud.
Je suis bouffi et mené par ce qui m’assaille
Ainsi défait de ma mue, je serai votre longue bataille
Votre fantôme n’en pourra plus, les tombeaux seront avares
Toutes les inconnues parées de mon furieux étendard.
Le Mendiant Absolu
Je n’irai pas sur ta tombe,
car tu n’es pas morte.
Tu t’es juste exilée.
De ton plein gré.
Parfois je te hais comme je t’aime.
Ma sébile est vide, pas de larmes.
J’ai un nouvel ami, vois-tu,
le manque puissant.
Envahissant, méprisant.
Il me bouscule, me manipule, m’obligerait presque
à faire la manche, sans tambour
ni trompette.
Je ne veux pas devenir
le mendiant absolu.
Celui qu’on plaint là-bas
et qu’on n’ose regarder tellement
il fait pitié. Alors je résiste.
Je l’affronte en silence,
je me fais petit, je l’amadoue.
Il sait qu’il peut me vaincre
d’un coup de griffe,
mais j’ai l’intime conviction
que si je poursuis le combat,
prise, enfin, il lâchera.
The Absolute Beggar
I won’t go to your grave because you’re
not dead. Just exiled.
Of your own will.
I loathe you sometimes just as I love you.
My cup lies empty, no tears.
I have a new friend, you see, the powerful
absence. Haunting, despising. It
troubles me, manipulates me, nearly forces me
to go begging without
trumpets or drums.
I don’t want to become the absolute
beggar. The one to feel for,
the one too pitiful to even
behold. Hence I resist. I face it
in silence, discreetly, I
tame it.
It knows it can crush me with a
swipe of claw, but I’m deep down
convinced that if I fight on,
at last will it release its grip.
DE PROFUNDIS
Je suis si loin déjà.
Les souvenirs m’enveloppent comme les vapeurs d’alcool.
Me reviennent à l’esprit certains vers que tu aimais, Apollinaire, Baudelaire
et le cortège de mes chimères.
De nos draps froissés,
ton odeur commence doucement
à s’échapper.
Je suis comme un gisant désarticulé, aphone et sourd
à ce qui n’est pas toi.
Mon sommeil est éveillé,
mes nerfs dansent la chamade.
J’attends.
Et pendant ce temps,
ma solitude hébétée
fait le compte de mes échecs. Ils défilent, sombres
et droits, presque fiers, arrogants. Foutez le camp.
De Profundis…
I’m far gone already. Memories
surround me like alcohol fumes. Poems
you loved return to my soul,
Apollinaire, Baudelaire, joining the
funeral procession of my dreams.
Gently your scent begins to
dissipate from
our crumpled bed sheets.
I am a disjointed
corpse, voiceless and deaf to
what is not you. My
sleep is alert, my nerves
on a drum roll.
Waiting.
And all this time, my
dazed solitude tallies
my failures. They
parade, dark and stiff,
almost proud, arrogant.
Go and get lost.
GRISAILLE
Dans la lumière blafarde,
j’attends ce qui ne vient pas.
J’ai préparé les couleurs,
installé les fleurs.
Rien ne bouge.
Suis-je encore vivant ?
Quand sonnera l’heure des retrouvailles, je t’offrirai ces pétales séchés
en signe d’infinies fiançailles.
Lorsque le plaisir à nouveau
aura fait ripaille,
je pourrai te dire enfin
ce qui me tenaille et m’émeut.
Ma litanie grise atteindra
tes murailles, je pourrai te dire enfin ce qui me touche et m’étreint.
About me: Le Mendiant absolu est né un soir de juin.
Deux univers se télescopent, et de ce choc enchanté,
jaillit une nouvelle entité, un personnage
à part entière, qui n’appartient déjà plus à ses créateurs.
D’abord, il y a les photos. L’envie d’un homme de traduire,
à sa manière, sa détresse toute fraîche.
Puis viennent les mots : l’envie d’une femme,
de répondre, à sa manière, à cette détresse toute fraîche,
de se faire l’écho des coups et des douleurs,
que la vie, souvent, nous inflige.
Le Mendiant Absolu est né de ce double regard :
celui de l’homme d’image et de la femme d’encrier,
de cette volonté duelle de jouer avec le visuel et l’écrit,
de créer des correspondances, des alliances,
de bouleverser les codes et les habitudes.
En effet, le Mendiant Absolu se raconte au singulier,
à la première personne, mais la richesse de ce petit bonhomme, c’est qu’il est deux.
Le Mendiant Absolu va de l’avant, résolument.
L'album de CORDEBREVE est paru. Le duo bordelais Cordebrève a eu l'ingénieuse idée de mettre en musique des poèmes créés à la fin du XIXe siècle.
Paul Verlaine bien sûr, Sully Prudhomme, Jean Richepin, Jean Moréas, Léon Valade, Catulle Mendès, ou Emile Verhaeren qui écrivent comme on n'écrit plus aujourd'hui.
Atmosphères en gris obscur, souvent charmantes, parfois angoissantes, toujours légères. De ces poèmes que le nouveau siècle pourrait juger mièvres, Cordebrève leur apporte des mélodies langoureuses et pop à l'orchestration luxueuse.).
Je vous invite à voir et à revoir sans modération Rmi, diffusé sur le canal 17 de numéricable et sur le net lyontv.fr (pour connaître les horaires de diffusion, laissez un message sur la page contact de lyontv.fr ).
N'hésitez pas à faire suivre ce message à tous vos amis afin de contribuer à l'émergence d'un nouveau projet de long métrage alternatif.
Vous pensiez avoir tout vu ? Tout entendu ? Tout essayé ? Vous aviez tort !!! YOU WERE BLOODY WRONG !!! NUTCASE revient d'entre les morts et s'apprête à vous offrir le frisson de votre vie
Venez découvrir pourquoi tout le monde danse désormais la UZI DANCE !!! Vous y succomberai ou vous n'y survivrai pas ...
Hey! Thanks again for being our friend. Make sure you have a little listen to our album Songs For Abandoned Buildings and our EP Gravity. If you like it, please follow the link on the player to buy it from itunes so we can play a town near you! Don't forget to give us a review on itunes when you buy it :)
Video documentation of a performance piece by my friend Nate Kassel who rode around on his bike slapping high-fives to people who were trying to hail taxi cabs in NYC. Enjoy!
Merci pour l'ajout. J'espère que tu passes une bonne journée remplie de bonnes choses. Pour ma part, je viens de créer mon entreprise. Je propose des retouches (couture) sur Orléans. J'ai aussi mis quelques unes de mes créations sur ma page et j'aimerai savoir ce que tu en penses.
Merci pour le compliment. J'ai déjà eu l'occasion de voir une exposition du mandiant absolu à l'Atelier. Ca sortait de l'ordinaire, j'ai apprécié. Marie-Line