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les égarés

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Released: Apr 2, 2009
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Un bel article de J-C Lévy publié dans la revue Passage 2050 - Lettre 19 LES EGARES* Ils chantent un moment, en espagnol - ladino, en arabe, en yiddish, en hébreu, le bonheur d’exister, ou de le savoir, un instant. Le savoir, le langage, les anges de la mémoire, égarés tous les jours, le temps d’une chanson… Ils lisent au présent une histoire sans objet, l’innocence d’une femme, qui effeuille quelque marguerite, l’anxiété d’une mère qui prie pour un enfant qui grimpe à l’arbre de son adolescence. Ils suivent, sur la main aux longs doigts de la bonne aventure, l’itinéraire d’une vie quotidienne, qu’on retrouve de Paris à Kachgar, à Cadix, Hambourg ou Tombouctou, la voix ciselée d’une fille qui va, aux seins fragiles et durs comme le souffle d’un amant, celle d’un homme un peu plus rauque, courant s’anéantir au comptoir du désir. Les Egarés, on les reconnait à l’incohérence des contraires, advenus de n’importe où, réunis en famille, ils pleurent ou rient, ils sourient. Leur musique, la musique, c’est comme un mensonge, c’est-à-dire la vérité absolue. Elle roule sur les vagues – les ondes - des navires perdus, court vers l’éternité au cœur de l’océan, et ne cesse d’aborder où elle veut, infaillible. Ils sont quatre ou cinq musiciens filles et garçons, qui raclent du violon et des cordes vocales, jouent avec leurs doigts sur le vent qui souffle, crie, chuinte ou braille dans une clarinette, caressent le ventre d’un oud – un luth, pour en tirer des rythmes haletants, jusqu’à parfois quelque transe, où les anges s’éclipsent vers la contemplation improbable de Dieu. Leur musique c’est « l’histoire d’un homme (un juif), qui demande à sa femme toutes sortes de choses pour préparer le repas du shabbat (de l’Aït), il lui dit d’acheter du vin, de faire des khalot, de cuisiner des ragoûts… et elle lui répond à chaque fois (c’est le refrain) : mais comment veux-tu que je trouve tout ça ? On n’a même pas de graisse, même pas de sel, comment veux-tu que je prépare quoi que ce soit ? » Bref, c’est une chanson de pauvreté et de misère – qui, comme souvent sur ce répertoire très populaire, a paradoxalement un côté comique (A moz iz geven a Yid*). C’est aussi un thème judéo espagnol, traduit à la volée : « La rose fleurit au mois de mai, et moi mon âme s’obscurcit, à force de souffrir d’amour, et moi la passion me tue... Viens ma colombe, sauve-moi, sans toi je vais mourir. » Le second thème* (bint el chalabia) en arabe est une réponse au premier : « fille de mon cœur, toi aux yeux en amande, je t’aime de tout mon cœur, toi mon cœur, fille de les mes yeux… », puis c’est la fille qui parle : « il m’a vaincue, mon bien aimé, trop de désir pèse sur moi.. ». Etc., etc. Leur voix s’élève et chute, en son point le plus faible, son silence, dans la plus enneigée des Asies, un filet d’eau transparent d’où dévalent les vents, les fleuves et jadis des hordes sauvages. Elle emporte toutes choses au passage, au pied des plus hautes montagnes, entre le Turkménistan et la Chine, donne corps au sourire des immenses bouddhas afgans, retranche le vide, le plus muet, de la troupe du bruit convulsif des clans et des tribus. Leur voix paie son tribu de beauté retranchée, aux meurtres les plus atroces, habillés d’ignorance, comme vous et moi, à Paris, en Lybie ou ailleurs, c’est à dire partout. Ils jouent une musique un peu perdue, pacifique, comme un tout, merveille réfugiée, divisée, hors de la violence la plus totale de la grande régression intégriste. Comme en Turquie le ney – flûte oblique en roseau, sur un souffle évadé du grand Livre, fait encore danser des hommes en blancs, qui paraissent embrasser de leur bras, un moment, toute la rotondité de la terre et du Ciel. Shalom Alekhem, Salam Alecum, merhaba… C’est un groupe musical qui court les rues et les cafés-théâtres (Salle centrale Madeleine, Genève - Théâtre de la vieille grille, Paris - Terrasse Agrippa d’Aubigné, Genève - Scène Watteau, Nogent sur Marne – Théâtre de l’Atalante, Paris – Chapelle des Lombards, Paris…), entre Gog et Magog, Café de flore et Deux magots. Sur la pointe des pieds, des anges sont venus. Et ils sont repartis. ------------------------------------------------------------------------------------------------------ *Traductions à la volée de Sarah Hirschmuller.

Bio:

les égarés...

…chantent et jouent au coeur des mondes qui séparent, dit-on, les peuples, les traditions, le croyant de l'incroyant, et au fond chacun de lui-même. À la force de l'archet, du souffle, de la voix et du texte – omniprésent, et servi par une interprétation ensorcelante –, ce jeune groupe force les langues, les musiques et les territoires à un intime dialogue : prières hébraïques et parodies de chants religieux en yiddish, chansons populaires algériennes ou poèmes arabo-andalous, romances érotiques judéo-espagnoles, chansons à boire mystiques…

... tout est bon quand il s’agit de parler à chaque âme la langue secrète de son propre exil.  

___________

Nés en 2008 de la rencontre entre Rabah Hamrene et Sarah Hirschmuller, entre la musique arabo-andalouse et la chanson yiddish, entre un luth oriental et une guitare world, les égarés n’ont cessé, depuis, de pratiquer toutes sortes de mariages improbables.

Par conviction, par amour, et parce que ça leur est tout naturel.

Au fil du temps, le groupe s’est enrichi de rencontres et collaborations diverses, certaines stables et durables, d’autres provisoires, ou uniques… et est devenu peu à peu ce qu’il est aujourd’hui, un groupe ouvert, accueillant, aimant l’improvisation et le risque, où viennent s’égarer, le temps d’un concert ou plus, artistes de tous bords et musiques de tous mondes.

Le tout gravite autour d’un cœur immuable, Sarah, la puissance émotionnelle de son chant, de son univers et de ce répertoire singulier qui est le sien et auquel tous les égarés de passage ajoutent chacun sa couleur, chacun sa touche.

Qu’ils se produisent en duo, en trio, en quintet, qu’ils descendent tout à coup très au Sud ou virent sauvagement à l’Est, toujours ils s’emparent de leurs traditions musicales respectives et les mêlent, les arrangent, les recomposent pour qu’en naisse la musique de leur rêve : une soul universelle, faite d’émotions vives, de joies et de colères, de transes, de couleurs humaines trop humaines, où l’on vous raconte toutes sortes de vieilles histoires dans toutes sortes de langues étrangères que vous comprendrez, au fond, très bien.

..

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Member Since:

January 28, 2008

Members:

Les membres principaux : Sarah Hirschmuller - chant, guitare
Rabah Hamrene - violon, oud, chant, mandoline, percussions
Samuel Maquin - clarinette, saxo
Eléonore Biezunski - violon, chant, mandoline
Samuel Petit - piano, saxo
Les guests occasionnels, égarés d'un soir ou égarés en devenir : Charles Rappoport - violon, mandoline Julien Cretin - accordéon Michaël Benhamou - oud, percussions ..

Influences:

Les Klezmatics, Mati Caspi, Jarabe de Palo, Caetano Veloso, Mozart, Beethoven, Itzhak Perlman, Chava Alberstein, Shura Lipovsky, Denis Cuniot, David Krakauer, Lorin Sklamberg, Moshe Leiser, Glenn Gould, Alfred Brendel, Nina Simone, Yasmine Levy, Farid el Atrach, René Perez, Line Monty, Billie Holiday, Nathan Milstein, Klezmer, Yiddish, Judéo-espagnol ..

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  • WOLFEST MUSIC FRANCE

    Le WOLFEST est à la recherche de groupes pour jouer à Paris à LA MACHINE DU MOULIN ROUGE, L’ALHAMBRA, LE CABARET SAUVAGE et LE BATACLAN, et à Lille au SPLENDID !!!! Tu as toujours rêvé que ton groupe soit choisi pour jouer dans les meilleures salles françaises ? Grâce au WOLFEST, c’est enfin possible ! Suite au succès sans précédent de la première édition du WOLFEST en Espagne, le festival, créé pour et par des musiciens, débarque en France ! Le WOLFEST est déjà considéré comme un tremplin incontournable et l’un des plus influents pour les groupes émergents. Le WOLFEST commence sa sélection pour l’édition française qui va débuter dès mars 2012. Tout d’abord, Wolfest et les musiciens signent un contrat d’engagement sur chaque évènement ! De plus, évitant les interminables étapes de sélection, la philosophie du WOLFEST est simple : Un concert WOLFEST à assurer durant lequel un jury professionnel récompensera le meilleur groupe en lui offrant la possibilité de jouer par la suite sur une salle, habituellement inaccessible aux groupes amateurs, pour un évènement phare: LES WOLFEST GOLD CHALLENGE ! Un deuxième groupe sera aussi élu par vote du public, et gagnera un ampli Orange ! Sur Paris, les concerts WOLFEST se dérouleront à La Machine du Moulin Rouge, au Cabaret Sauvage et à l’Alhambra et les WOLFEST GOLD CHALLENGE auront lieu au Bataclan ! Sur Lille, les concerts WOLFEST se dérouleront au Splendid dans un premier temps et pour les WOLFEST GOLD CHALLENGE, le lieu se confirmera dans les semaines qui arrivent ! Les WOLFEST GOLD CHALLENGE seront l’occasion de récompenser à nouveau, par un jury de professionnels, le meilleur groupe de la soirée! Celui-ci remportera un prix de 3000€ ! Le second groupe, élu par vote du public, sera pris en charge par WOLFEST pour aller jouer dans une salle partenaire WOLFEST en Italie ou en Espagne !! Mais le WOLFEST ne s’arrête pas là ! Il t’offre aussi la possibilité de participer aux évènements PROMO NIGHTS. Les PROMO NIGHTS sont la meilleure façon de faire la promo de ton groupe. L’événement est couvert par une campagne promotionnelle massive dans plusieurs médias partenaires mais aussi par les nombreuses personnes influentes de l’industrie musicale (éditeurs, producteurs, distributeurs, etc…) présentes chaque soir. Un CD Compilation, comprenant les meilleurs morceaux de chaque groupe participant, y sera distribué gracieusement au public et aux professionnels et, en plus, le jury récompensera le meilleur groupe de la soirée en lui permettant de jouer dans une des salles les plus importantes d’une autre ville française, et ainsi de toucher un nouveau public ! Indépendamment des résultats chaque soir, le WOLFEST remet à tous les groupes participants un jeu de photographies professionnelles et une vidéo Haute Définition de leur prestation sur scène en souvenir de ce qui sera, sans nul doute, une soirée inoubliable ! Donne la chance à ton groupe de vivre une aventure extraordinaire !!! Visite notre site internet, inscris-toi et participe !!! http://www.wolfestmusic.com/fr-index.php Et si tu n’habites ni Paris ni Lille, inscris-toi quand même ! Dès que nous aurons suffisamment d'inscrits dans une même ville, on y lancera le Festival ! Merci de faire tourner l'info !

    2 months ago
  • Tuesday Warren

    Bonjour!

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    1 year ago
  • feloche

    FÉLOCHE D'EST EN OUEST
    Le son du bayou urbain de Féloche débarque à la Flèche d'or le 8 décembre pour une soirée exceptionnelle.
    Pour l'occasion, Féloche a convié des artistes qu'il affectionne tout particulièrement !
    - Sxip Shirey - Rona Hartner - Féfé - DJ Tagada -
    ----- HEY TOI !!!
    Feloche and guest @ fleche d'or

    1 year ago
  • 1 year ago
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    1 year ago
  • Beverly S. Kelly



    Hey,i love you space.

    1 year ago
  • Yuki SChlobohm

    Enjoying your music.

    1 year ago
  • Yuki SChlobohm

    Thanks for the add

    1 year ago
  • Festival Il suffit de t…

    un tour en bateau, ça vous dit ?
    Le festival il suffit de traverser le pont est de retour pour la deuxième fois sur la Seine parisienne.

    Le 6 juin à partir de 16h jusqu'à minuit sur la péniche Alternat
    sous le ciel bleu...et les vagues, cygnes et cigognes....( Quai de Bercy, entre le pont de Bercy et passerelle de Simone de Beauvoir)
    avec Sam Karpienia( Roots/poétique...), Aldona( l'Amazone de l'Est), Matthieu Ha( Fantaisie musique), La Trance formation( la trance à danser), Jéremy Tomczak( chanson bucolique), Hanako Danjo(clown), Julie Jaumot en dessin flottant
    alors viendez !!!!
    http://www.pictonale.net/2010/05/03/i3wq21r/">
    http://vvv.pictonale.net/2010/05/03/i3wq21r/mid-nouveaubateau1.jpg">






    et bises

    Aldona

    1 year ago
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General Info

  • Genre: Acoustic / Melodramatic Popular Song / Roots Music

    Location Paris, Ile-de-France, Fr

    Profile Views: 20910

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    Member Since 1/28/2008

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  • Bio

    Les �gar�s …chantent et jouent au coeur des mondes qui s�parent, dit-on, les peuples, les traditions, le croyant de l'incroyant, et au fond chacun de lui-m�me. � la force de l'archet, du souffle, de la voix et du texte – omnipr�sent, et servi par une interpr�tation ensorcelante –, ce jeune groupe force les langues, les musiques et les territoires � un intime dialogue : pri�res h�bra�ques et parodies de chants religieux en yiddish, chansons populaires alg�riennes ou po�mes arabo-andalous, romances �rotiques jud�o-espagnoles, chansons � boire mystiques… .. ..... tout est bon quand il s'agit de parler � chaque �me la langue secr�te de son propre exil. N�s en 2008 de la rencontre entre Rabah Hamrene et Sarah Hirschmuller, entre la musique arabo-andalouse et la chanson yiddish, entre un luth oriental et une guitare world, les �gar�s n'ont cess�, depuis, de pratiquer toutes sortes de mariages improbables... Par conviction, par amour, et parce que �a leur est tout naturel... Au fil du temps, le groupe s'est enrichi de rencontres et collaborations diverses, certaines stables et durables, d'autres provisoires, ou uniques… et est devenu peu � peu ce qu'il est aujourd'hui, un groupe ouvert, accueillant, aimant l'improvisation et le risque, o� viennent s'�garer, le temps d'un concert ou plus, artistes de tous bords et musiques de tous mondes. .. Le tout gravite autour d'un cœur immuable, Sarah, la puissance �motionnelle de son chant, de son univers et de ce r�pertoire singulier qui est le sien et auquel tous les �gar�s de passage ajoutent chacun sa couleur, chacun sa touche... Qu'ils se produisent en duo, en trio, en quintet, qu'ils descendent tout � coup tr�s au Sud ou virent sauvagement � l'Est, toujours ils s'emparent de leurs traditions musicales respectives et les m�lent, les arrangent, les recomposent pour qu'en naisse la musique de leur r�ve : une soul universelle, faite d'�motions vives, de joies et de col�res, de transes, de couleurs humaines trop humaines, o� l'on vous raconte toutes sortes de vieilles histoires dans toutes sortes de langues �trang�res que vous comprendrez, au fond, tr�s bien. ... Un article paru dans la revue Passage 2050 : "Les égarés", par Jean-Claude Lévy "Ils chantent un moment, en espagnol - ladino, en arabe, en allemand – yiddish, en hébreu, le bonheur d'exister, ou de le savoir, un instant. Le savoir, le langage, les anges de la mémoire, égarés tous les jours, le temps d'une chanson… Ils lisent au présent une histoire sans objet, l'innocence d'une femme, qui effeuille quelque marguerite, l'anxiété d'une mère qui prie pour un enfant qui grimpe à l'arbre de son adolescence. Ils suivent, sur la main aux longs doigts de la bonne aventure, l'itinéraire d'une vie quotidienne, qu'on retrouve de Paris à Kachgar, à Cadix, Hambourg ou Tombouctou, la voix ciselée d'une fille qui va, aux seins fragiles et durs comme le souffle d'un amant, celle d'un homme un peu plus rauque, courant s'anéantir au comptoir du désir. Les Egarés, on les reconnait à l'incohérence des contraires, advenus de n'importe où, réunis en famille, ils pleurent ou rient, ils sourient. Leur musique, la musique, c'est comme un mensonge, c'est-à-dire la vérité absolue. Elle roule sur les vagues – les ondes - des navires perdus, court vers l'éternité au cœur de l'océan, et ne cesse d'aborder où elle veut, infaillible. Ils sont quatre ou cinq musiciens filles et garçons, qui raclent du violon et des cordes vocales, jouent avec leurs doigts sur le vent qui souffle, crie, chuinte ou braille dans une clarinette, caressent le ventre d'un oud – un luth, pour en tirer des rythmes haletants, jusqu'à parfois quelque transe, où les anges s'éclipsent vers la contemplation improbable de Dieu. Leur musique c'est « l'histoire d'un homme (un juif), qui demande à sa femme toutes sortes de choses pour préparer le repas du shabbat (de l'Aït), il lui dit d'acheter du vin de faire des khalot, de cuisiner des ragoûts… et elle lui répond à chaque fois (c'est le refrain) : mais comment veux-tu que je trouve tout ça ? On n'a même pas de graisse, même pas de sel, comment veux-tu que je prépare quoi que ce soit ? » Bref, c'est une chanson de pauvreté et de misère – qui, comme souvent sur ce répertoire très populaire, a paradoxalement un côté comique (A moz iz geven a Yid*). C'est aussi un thème judéo espagnol, traduit à la volée : « La rose fleurit au mois de mai, et moi mon âme s'obscurcit, à force de souffrir d'amour, et moi la passion me tue... Viens ma colombe, sauve-moi, sans toi je vais mourir. » Le second thème* (bint el chalabia) en arabe est une réponse au premier : « fille de mon cœur, toi aux yeux en amande, je t'aime de tout mon cœur, toi mon cœur, fille de mes yeux… », puis c'est la fille qui parle : « il m'a vaincue, mon bien aimé, trop, trop de désir pèse sur moi. ». Etc., etc. Leur voix s'élève et chute, en son point le plus faible, son silence, dans la plus enneigée des Asies, un filet d'eau transparent d'où dévalent les vents, les fleuves et jadis des hordes sauvages. Elle emporte toutes choses au passage, au pied des plus hautes montagnes, entre le Turkménistan et la Chine, donne corps au sourire des immenses bouddhas afgans, retranche le vide, le plus muet, de la troupe du bruit convulsif des clans et des tribus. Leur voix paie son tribu de beauté retranchée, aux meurtres les plus atroces, habillés d'ignorance, comme vous et moi, à Paris, en Lybie ou ailleurs, c'est à dire partout. Ils jouent une musique un peu perdue, pacifique, comme un tout, merveille réfugiée, divisée, hors de la violence la plus totale de la grande régression intégriste. Comme en Turquie le ney – flûte oblique en roseau, sur un souffle évadé du grand Livre, fait encore danser des hommes en blancs, qui paraissent embrasser de leur bras, un moment, toute la rotondité de la terre et du Ciel. Shalom Alekhem, Salam Alecum, merhaba… C'est un groupe musical qui court les rues et les cafés-théâtres (Salle centrale Madeleine, Genève - Théâtre de la vieille grille, Paris - Terrasse Agrippa d'Aubigné, Genève - Scène Watteau, Nogent sur Marne – Théâtre de l'Atalante, Paris – Chapelle des Lombards, Paris…), entre Gog et Magog, Café de flore et Deux magots. Sur la pointe des pieds, des anges sont venus. Et ils sont repartis."
  • Members

    .. .. .. .. .. .. .. Les membres principaux : ..Sarah Hirschmuller.. - chant, guitare.. ..Rabah Hamrene.. - violon, oud, chant, mandoline, percussions .. ..Samuel Maquin.. - clarinette, saxo .. ..Eléonore Biezunski.. - violon, chant, mandoline.. ..Samuel Petit.. - piano, saxo .. Les guests occasionnels, égarés d'un soir ou égarés en devenir : ..Charles Rappoport.. - violon, mandoline ..Julien Cretin.. - accordéon ..Michaël Benhamou.. - oud, percussions Extrait de l'article "Musiques d'ailleurs -Les égarés" par Jean-Claude Lévy (publié dans la revue Passage 2050) "Ils chantent un moment, en espagnol - ladino, en arabe, en allemand – yiddish, en hébreu, le bonheur d'exister, ou de le savoir, un instant. Le savoir, le langage, les anges de la mémoire, égarés tous les jours, le temps d'une chanson… Ils lisent au présent une histoire sans objet, l'innocence d'une femme, qui effeuille quelque marguerite, l'anxiété d'une mère qui prie pour un enfant qui grimpe à l'arbre de son adolescence. Ils suivent, sur la main aux longs doigts de la bonne aventure, l'itinéraire d'une vie quotidienne, qu'on retrouve de Paris à Kachgar, à Cadix, Hambourg ou Tombouctou, la voix ciselée d'une fille qui va, aux seins fragiles et durs comme le souffle d'un amant, celle d'un homme un peu plus rauque, courant s'anéantir au comptoir du désir. Les Egarés, on les reconnait à l'incohérence des contraires, advenus de n'importe où, réunis en famille, ils pleurent ou rient, ils sourient. Leur musique, la musique, c'est comme un mensonge, c'est-à-dire la vérité absolue. Elle roule sur les vagues – les ondes - des navires perdus, court vers l'éternité au cœur de l'océan, et ne cesse d'aborder où elle veut, infaillible. Ils sont quatre ou cinq musiciens filles et garçons, qui raclent du violon et des cordes vocales, jouent avec leurs doigts sur le vent qui souffle, crie, chuinte ou braille dans une clarinette, caressent le ventre d'un oud – un luth, pour en tirer des rythmes haletants, jusqu'à parfois quelque transe, où les anges s'éclipsent vers la contemplation improbable de Dieu. Leur musique c'est « l'histoire d'un homme (un juif), qui demande à sa femme toutes sortes de choses pour préparer le repas du shabbat (de l'Aït), il lui dit d'acheter du vin de faire des khalot, de cuisiner des ragoûts… et elle lui répond à chaque fois (c'est le refrain) : mais comment veux-tu que je trouve tout ça ? On n'a même pas de graisse, même pas de sel, comment veux-tu que je prépare quoi que ce soit ? » Bref, c'est une chanson de pauvreté et de misère – qui, comme souvent sur ce répertoire très populaire, a paradoxalement un côté comique (A moz iz geven a Yid*). C'est aussi un thème judéo espagnol, traduit à la volée : « La rose fleurit au mois de mai, et moi mon âme s'obscurcit, à force de souffrir d'amour, et moi la passion me tue... Viens ma colombe, sauve-moi, sans toi je vais mourir. » Le second thème* (bint el chalabia) en arabe est une réponse au premier : « fille de mon cœur, toi aux yeux en amande, je t'aime de tout mon cœur, toi mon cœur, fille de mes yeux… », puis c'est la fille qui parle : « il m'a vaincue, mon bien aimé, trop, trop de désir pèse sur moi. ». Etc., etc. Leur voix s'élève et chute, en son point le plus faible, son silence, dans la plus enneigée des Asies, un filet d'eau transparent d'où dévalent les vents, les fleuves et jadis des hordes sauvages. Elle emporte toutes choses au passage, au pied des plus hautes montagnes, entre le Turkménistan et la Chine, donne corps au sourire des immenses bouddhas afgans, retranche le vide, le plus muet, de la troupe du bruit convulsif des clans et des tribus. Leur voix paie son tribu de beauté retranchée, aux meurtres les plus atroces, habillés d'ignorance, comme vous et moi, à Paris, en Lybie ou ailleurs, c'est à dire partout. Ils jouent une musique un peu perdue, pacifique, comme un tout, merveille réfugiée, divisée, hors de la violence la plus totale de la grande régression intégriste. Comme en Turquie le ney – flûte oblique en roseau, sur un souffle évadé du grand Livre, fait encore danser des hommes en blancs, qui paraissent embrasser de leur bras, un moment, toute la rotondité de la terre et du Ciel. Shalom Alekhem, Salam Alecum, merhaba… C'est un groupe musical qui court les rues et les cafés-théâtres (Salle centrale Madeleine, Genève - Théâtre de la vieille grille, Paris - Terrasse Agrippa d'Aubigné, Genève - Scène Watteau, Nogent sur Marne – Théâtre de l'Atalante, Paris – Chapelle des Lombards, Paris…), entre Gog et Magog, Café de flore et Deux magots. Sur la pointe des pieds, des anges sont venus. Et ils sont repartis." .. .. .. .. .. .. .. ....
  • Influences

    Les Klezmatics, Mati Caspi, Jarabe de Palo, Caetano Veloso, Mozart, Beethoven, Itzhak Perlman, Chava Alberstein, Shura Lipovsky, Denis Cuniot, David Krakauer, Lorin Sklamberg, Moshe Leiser, Glenn Gould, Alfred Brendel, Nina Simone, Yasmine Levy, Farid el Atrach, René Perez, Line Monty, Billie Holiday, Nathan Milstein, Klezmer, Yiddish, Judéo-espagnol ..
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