Été 2005. Soir de canicule dans un appartement du quartier Rosemont, Montréal. Une douzaine de mains s’activent dans une pièce transformée en atelier d’artisans. Colle chaude, cartons, exactos, bières froides. Tout y est pour assembler les mille nouvelles pochettes du premier disque de Malajube, Le Compte complet qui, propulsé par une presse unanime et élogieuse, se vend chez les disquaires comme des petits pains chauds. Autour de la table, quelques membres du groupe, le cofondateur de la maison de disques Dare To Care (DTC), Éli Bissonnette, et trois bénévoles qui ne comptent pas leurs heures pour fournir à la tâche.
De la fondation de DTC en 2000, jusqu’à la sortie du deuxième album de Malajube en 2006, toutes les parutions de l’étiquette indépendante montréalaise étaient fabriquées à la main dans les bureaux du label. Cette approche artisanale témoigne de la réflexion qui a mené à la naissance de l’étiquette dans un appartement du Centre-Sud. À l’époque, le jeune trompettiste de la formation punk-ska Naked N’Happy et son partenaire, Hugo Mudie (chanteur des Sainte-Catherines), souhaitent créer une entreprise à échelle humaine où l’expression « maison de disques » prendrait tout son sens: un lieu où les artistes s’impliqueraient directement dans le processus de décision et dans les multiples tâches menant à la commercialisation de leurs œuvres. Une philosophie purement DIY (do it yourself / fais-le toi-même). « Fonder Dare To Care était pour Hugo et moi la meilleure façon de lancer les albums de nos propres groupes », explique Éli.
Premier compact à porter le sceau DTC, Naked N’Happy And Friends Live At L’X voit le jour le 24 avril 2001, époque où la salle de concert L’X est le temple punk de Montréal. L’X se trouvait directement sous les locaux du disquaire Soundcentral, où Éli et Hugo avaient loué une portion de l’arrière-boutique pour piloter DTC dès 2003. Un an plus tard, les routes des comparses se séparent. Éli reprend seul les rênes de l’étiquette et transporte les pénates de DTC dans son appartement du quartier Rosemont. Au fil de ses parutions (Sainte-Catherines, Planet Smashers, Selfmademan, Rollerstarter, Fall Out Project, La Descente du Coude), Dare To Care se forge une réputation fort enviable dans les milieux punk et ska québécois.
Puis, tout prend une tournure inattendue au cours de 2005 et 2006 avec la sortie des albums de Malajube, Pawa Up First et Avec Pas d’Casque. Soudainement le label touche au rock indé, au post-rock et au country. Animé par le désir de percer dans le monde de la chanson francophone avec un grand C, Éli décide de fonder Grosse Boîte, sous-division de DTC, à l’automne 2006. « Avec le temps, Dare To Care en est venu à viser autant le Québec que le marché international. Grosse Boîte concentre ses efforts sur la francophonie. »
En seulement deux ans, les gravés du Husky, Chocolat, Cœur de Pirate et Tricot Machine ont permis à Grosse Boîte de jouer dans la cour des grandes maisons de disques québécoises. Le succès de Tricot Machine confirme d’ailleurs que DTC / Grosse Boîte n’est pas l’histoire d’un seul groupe (Malajube) et que le label peut autant abreuver les fervents de musique abrasive que les fans de chanson pop. Sur quinze nominations à l’ADISQ, dont une à titre de Maison de disques de l’année, l’étiquette et ses artistes ont remporté six Félix, dont ceux de Révélation de l’année en 2006 (Malajube) et 2007 (Tricot Machine).
Entre 2006 et 2008, l’étiquette passe de un à dix employés qui travaillent maintenant dans un « vrai bureau » situé sur le boulevard Saint-Laurent. Afin de respecter la philosophie de départ malgré l’expansion, presque tout se fait à l’interne : relations de presse, tracking radio, production de spectacles et gérance dans certains cas.
« Conserver notre approche "entre amis" tout en agrandissant l’entreprise est un défi qui influence nos décisions, précise Éli. Nous pourrions faire paraître certains disques dans le but de faire beaucoup de sous, mais nous ne sommes pas prêts à lancer des albums qui ne nous ressemblent pas. L'important n’est pas la quantité d’albums vendus, mais l'authenticité sentie dans une œuvre. Avec ce qui se passe sur la scène musicale québécoise, cette authenticité ne permet pas de devenir riche, mais elle peut être rentable. Il suffit de trouver les bons groupes. »
Et dans l’art de repérer de bons groupes novateurs, Dare To Care / Grosse Boîte est aujourd’hui un joueur de taille.
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Montréal record label. Active since November 2000 when Eli Bissonnette and Hugo Mudie decided to record Naked N' Happy's last show and put it out on a brand new label that would eventually evolve into a respected record label releasing albums by the likes of Malajube, Pawa Up First, Avec Pas D'Casque, Les Georges Leningrad, We Are Wolves, La Descente Du Coude, Yesterday's Ring, The Sainte Catherines and more!
Just droppin' in to say "HI!” Hope all is well and that you’re having a great weekend? Have a cool and relaxing Sunday. Keep rockin’ ... it's the only thing that matters!
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