Avant d'être totalement engagé, l'hésitation nous tenaille, il reste une chance de se soustraire à l'initiative. Toujours la même impuissance devant la création.
Il existe une vérité première dont l'ignorance a déjà détruit d'innombrables idées et de superbes projets : au moment où l'on s'engage totalement, la Providence éclaire notre chemin. Une quantité d'éléments sur lesquels l'on ne pouvait jamais compter par ailleurs contribue à aider l'individu. La décision engendre un torrent d'événements et l'individu peut alors bénéficier d'un nombre de faits imprévisibles, de rencontres et du soutien matériel que nul n'oserait jamais espérer.
Quelle que soit la chose que vous pouvez faire ou que vous rêvez de faire, faites-la. L'audace a du génie, de la puissance et de la magie.
Non loin de Marrakech et d'Essaouira, très loin pourtant du Maroc des clichés touristiques, les confréries Regraga accomplissent un rituel millénaire de quarante jours pour rendre hommage aux saints ancêtres, parmi lesquels les sept fondateurs, chrétiens d'origine, qui auraient importé l'islam au Maroc à l'époque du prophète Mohammed.
Manoël Pénicaud les a accompagnées et nous révèle au fil de ce pèlerinage ancestral une autre réalité de la foi musulmane, haute en couleurs, festive, profonde. Grâce à son humilité mais aussi à son humour, l'auteur, cet étranger dont on se méfie au départ, parvient peu à peu à se faire accepter par ces pèlerins rustres mais rayonnants d'une grâce particulière.
Par delà cette étonnante aventure personnelle, Manoël Pénicaud pose en filigrane la question de l'altérité, si importante dans le monde d'affrontement qui est le nôtre.
« J’ai cru longtemps, à tort semble t-il, que j’avais été un des derniers anthropologues étrangers, allogènes, alloglotes à faire du terrain vraiment immergé dans l’objet de sa recherche. Il me semblait que l’exotisme avait vécu dans la mondialisation et le zapping généralisé, et que Loti, Nerval ou Lawrence étaient des fantômes d’un autre temps.(…)
Manoël lui est parti avec sa besace et son carnet de notes. Foin d’exotisme : le voyageur sait bien que si la route aide à s’alléger de tous ses biens elle ne débarrasse pas de tous les maux… L’impérieuse nécessité de ne pas tenir en place, de s’évader, de décamper, de pérégriner ailleurs… traduit le désir de fuir le temps qui passe puisque le temps c’est de l’espace parcouru! Mais pour ce faire il ne faut pas prendre un guide touristique, fut-ce le « Routard » sympa ! Il faut y aller physiquement, souffrir, avoir faim, dormir n’importe où sur les traces des caravaniers et de migrants ou pèlerins, sans idée de changer le monde simplement de le parcourir puis « heureux qui comme Ulysse…», revenir dans la maison du Père! Car chaque pèlerin ne tourne qu’autour de sa propre Kaaba.(…)
Manoël témoigne de cette quotidienneté du peuple : de ce petit peuple d’en bas que ne voit jamais les touristes, tolérant, accueillant, plein d’humour et de malice, généreux, partageux et pauvre, mais riche spirituellement. Quand on est seul, démuni, dans un pays étranger dont on n’est pas vraiment l’hôte, car l’Autre ne devient jamais le Même, s’impose alors «l’émergence graduelle de son voeu secret à travers sa vie publique » selon le mot de Louis Massignon qui campa longtemps dans la culture arabo-musulmane : le désir de comprendre l’Autre et d’en témoigner.»
Extraits
« Ces carnets de pèlerinage relatent le versant subjectif, vécu, voire initiatique éprouvé sur le chemin des Regraga […] Loin d’être un ouvrage à vocation savante, il se veut avant tout un témoignage pris sur le vif, là-bas, dans ce “Far West” du bout du monde, aux confins de cette chère terre d’Afrique… »
« Totalement relâché, je m’abandonne, imitant sans réfléchir les gestes qu’ils exécutent machinalement, et répétant les formules qu’ils murmurent du bout des lèvres. Le plus important c’est l’intention. […] Vient le moment de se prosterner à terre en s’appuyant sur les paumes des deux mains. Le front contre le sol, une impression indicible m’envahit, étran-gement proche de celle ressentie en rêve. Les tempes battent fort car le sang monte au cerveau, et puis il y a surtout ce râle profond expiré des entrailles accompagnant le “Allah ou Akbar” quand on se baisse. Première fois que j’éprouve intérieurement ce qu’est l’islam, en tant que soumission totale d’une part, mais aussi en tant qu’abandon et je comprends qu’islam vient de Salam, la paix. Puissante expérience.»
Intervention dans le séminaire Connaissances du Maghreb. (Sciences, pouvoir et sociétés) pour les Master 1 et Master 2 (Université de Provence) : Le pèlerinage en images : le Daour des Regraga (Maroc)
Merci Manoël, suis ravie de vous compter parmi mes amis, belle musique que vous avez là, vous devriez cliquez dans mon top sur Martin Bauer, ça vous plaira... J'ai mon coeur qui bât pour Bach aussi (contrairement à ce qu'on eput croire!) Aurevoir... S.
ah ! si l'on pouvait, si l'on savait qu'on ne doit pas le demander mais bien le prendre, et bien on arrêterait le temps, on se poserait, on réinventerait du neuf avec du vieux mais tant pis, là, on vivrait ensemble bise
Chalut ! J'ai remisé mes oreilles et autre chatteries au placard virtuel puisque, depuis ma métamorphose, je n'avais plus d'invitation amis ... Voilà comment est l'Homme avec le Chat ! Heureusement, il y a des gens chavant, comme à Modagor. Merci pour le tuyau vidéo, je l'avais zappé étant donné que j'ai cassé la boite à son de mon ordinateur (maltraitance à pc caractérisée).
Hey, je vois que toi aussi tu fais beaucoup plus de choses que je ne croyais. Interessant ! Nos amis d'Essaouira vont prendre le large quelque temps, vers d'autres cieux plus apaisants Inch Allah... A bientôt. Pascal /Users/En-cours/Photos divers/20070422.WWW000000027_19400_3.jpg
Bonjour Manoël, merci pour la visite, en effet nous avons plein de belles choses en commun, les mots, la route, les sons, le vent d'ailleurs... Au fait à quand un blog sur ta page? laisse-nous le plaisir de te lire... Bonne route, qu'elle t'emmène au plus proche de tes rêves et de tes envies!