Jean-noël NUPIN: compositions, sampler, tablas, udu, darbouka, Cajon, vocoder ( Circée), voix ( Diotima ). Avec Rémi KARNAUCH, écrivain (dans le rôle du chrooner, texte et voix)) sur "j'en crève", "le sniper"et "romain" dont le texte, avec d'autres figurent sur sa propre page (www, machin, voir avatar). DELSETANE TRIO ( musique turc et persane ), avec Maksoud GREZE /chant et saz et Christian FROMANTIN / kemantcheh et guitare.(www.myspace/ delsetane ).
ARCOTOUM (Duo de musique du monde) : Avec Christian FROMENTIN/ Violon, Kemantcheh, Gheytchak. ( www.myspace/arcotoum). Quartet fusion avec Jean-Marie FREDERIC /guitare, Michel MAURIES / basse et Yves PERNET/ Batterie. ( I edited my profile with Thomas Myspace Editor V4.4 (www.strikefile.com/myspace) I edited my profile with Thomas Myspace Editor V4.4 (www.strikefile.com/myspace)
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Influences
"... J'ai plus d'une fois , senti en moi des "passages" de mon père ; Aussitôt je me cabrais. J'ai vécu contre mon père ( et contre ma mère et contre mon grand-père , ma grand-mère , mes arrières grands-parents ) ; faute de les connaître , je n'ai pu lutter contre de plus lointains aïeux... " Henri Michaux.
_Contrairement à d'autres plus vernis, sur le berceau desquels des fées se seraient penchées, le petit Jean-noël est élevé dans les ruines d'un monastère par trois nonnes épileptiques aux cheveux gras mais surtout très sales. Il n'aperçoit que rarement la lumière, sent très tôt le roussi et comprend que la vie pour lui ne va être qu'un long chemin de croix, une farce parfois sanglante. Il se prépare néanmoins au métier d'artiste en passant de longues journées à mendier face à des statues de pierre et ainsi s'habituer au refus. Il ne fréquente pourtant pas encore la pensée de Diogène. Il apprend également d' Emil Cioran, avec qui il partage succinctement une chambre de bonne mansardée et quelques platées de poids cassés: " Qu'espérer c'est démentir l'avenir" et qu'il lui faudra des vertus et des vices tenaces pour se maintenir à la surface. Mais c'est peut-être cela qui lui permet bien des années plus tard d'être encore là, à produire des sons et à partager parfois cette pratique cocasse avec d'autres, avec un enthousiasme toujours renouvelé, émerveillé comme un pourceau goûtant son premier blé. On peut lire sur le sépulcre dans lequel il dort déjà ou plus souvent... somnole ( Car tel un vautour posé sur son front, les pattes croisées_ Affichant ainsi sa décontraction_ une vacance insomniaque habite la plupart de ses nuits et veille à la racine de ses pensées. ) cette épitaphe d'Hölderlin: "Un soir j'ai vu un enfant tendre la main pour arrêter un rayon de lune, le rayon poursuivait indifféremment son chemin; ainsi luttons nous en vain contre notre destin dans sa course"... Car c'est bien lui, ne vous en étonne, que le poète avait surpris un soir de pleine lune: Encore pubère, fuyant les ardeurs libidineuses des trois nonnes et crapahutant, les muscles tremblants, jusqu'aux crêtes escarpées de la Sainte-Victoire; il avait alors implorer avec la ferveur qu'il sied dans ces circonstances, les grâces de Jupiter, du cuissot duquel un astrologue célèbre lui avait assurer être sorti ( Son signe du zodiac, Sagittarius, en attestait dailleurs)... A son tour il avait pu deviner au loin cette silhouette qui lui était devenu familière, de ce précepteur allemand dont on disait aussi qu'il était poète, l'observant, immobile comme traversé par le vent et qui allait plus tard l'accompagner avec la prévenance contenue de celui qui Sait déjà, sur les cimes du désespoir ou Tao de la déconfiture.
_ Il faut se méfier des gens qui tournent le dos à certains plaisirs de l'existence car ils finissent tôt ou tard par se venger d'y avoir renoncé_. Chère au coeur du peintre Cezanne, le massif de la Sainte-Victoire présente au sud une face abrupte dominant le bassin de l'arc tandis qu'au nord, elle s'abaisse doucement en une série de plateaux calcaires vers la plaine de la durance. C'est par ce versant moins exigeant que les nonnes, comme atteintes d'amok, entreprirent à dos d'ânes de retrouver celui qui s'était promptement refuser à leurs avances, en se jurant lui faire payer cet affront d'une façon qu'il aurait à en porter les stigmates le reste de sa misérable existence... Mais nonobstant leurs faibles constitutions, peu habituées de surcroît à l'exercice physique, les nonnes commencent à avoir mal aux fesses, très mal, un mal croissant. A mi chemin, le sacrum et le coccyx ne forment plus qu'une lame chauffée à blanc qui balaye inlassablement les entrailles, n'épargne aucun viscère. Le muscle du coeur plus qu'une grosse caisse techno hurlante, qui frappe sous les lobes temporaux sa rage et sa douleur. Au sommet qu'elles atteindront avec leurs dernières forces au petit matin, elles mourront en éructant dans un ultime tressaillement. On leur rendra hommage en lançant la construction dès 1654 d'une chapelle et d'un monastère, constituant ainsi le prieuré, à 900m d'altitude, qu'il est loisible de visiter à condition d'être endurant et bien chaussé. Quant à Jean-noël il venait là d'obtenir son premier sursis... Toutefois il allait lui falloir dorénavant apprendre à voler de ses propres ailes; que lui importait d'ailleurs de garder les pieds sur terre devant l'irrémédiable, dans ce monde aberrant auquel il ne pouvait plus guère opposer que ses effarements et ses simagrées de fantoche désinvolte. La tâche n'en restait pas moins périlleuse. Bien sûr il avait eu l'occasion ces dernières années, notamment sous l'impulsion d'évènements pénibles, de s'entraîner à concentrer son esprit sur un objet, une idée dominante. Il avait fait l'expérience d'une perception émotionnelle puis intuitive qui l'amenait à un état plus élargi de conscience. Mais à présent il lui fallait aller plus loin encore, jusque vers ce monde invisible où les esprits et les êtres de la nature communiquent entre eux sans barrières, et par un état de transe suffisamment contrôlé se transmuer en animal totémique, condition du voyage dans l'invisible. Encore fallait il ne pas se tromper de forme. Se transformer en loup ou en jaguar par exemple n'aurait pas été très judicieux pour faire le grand saut. Il en allait de sa peau!... Et s'il n'avait pas de raison de vivre, il n'en avait pas davantage de mourir: " Seuls les optimistes se suicident, ceux qui ne peuvent plus l'être..." A présent l'aube se retirant, le soleil franchissait l'horizon à l'est pour commencer inexorablement sa course dans le firmament. Pour convertir ses doutes en certitudes, il se souvint alors avoir lu que dans la poésie mystique de l'Islam, l'aurore marque "un état de tension spirituelle où l'évènement primordial advient" et que du reste dans toutes les civilisations, l'aurore est le symbole de l'éveil dans la lumière retrouvée, signe de toutes promesses. Fort de ces réminiscences, il ravale sa fébrilité et tourne les talons à cette garrigue un peu austère mais aussi aux quelques jonquilles, crocus ou orchidées sauvages, aux orchis pourpres et... aux corps gisants et encore fumants des trois nonnes _ On ne pardonne que lorsque cela nous convient_; puis se dirige vers la partie la plus haute, la plus accidentée d'éperons rocheux, qui surplombe la vallée. En contrebas il aperçoit ou devine au pieds du massif, les quelques vergers d'amandiers et d'oliviers fraîchement plantés, qui viennent lui rappeler qu'il souffre atrocement de vertige. Mais il ne perd pas le nord, se déshabille pour ne garder comme seul habit que ses lentilles de contact. En effet, s'il devait se transformer en aigle ou en condor (plus improbable), sa myopie s'avèrerait rédhibitoire. Comment pourrait-il distinguer puis fondre, les serres aiguisés et alertes, sur les petits lapins gambadants dans les lavandins avec l'insouciance de leurs jeunes âges... Il jette une dernière fois par dessus le vide un regard perplexe. Pfff... Dire qu'il n'a jamais plongé dans une piscine de plus de cinq mètres de haut!... Il estime en cas de ratage le temps qu'il mettrait à s'écraser en bas et regrette de ne pas avoir amener une petite nouvelle, un magazine au cas où. Toujours est-il que pour l'heure, il en est encore réduit à contempler son tumulte, incapable de s'établir dans la sécurité de l'être ou de l'absence d'être. Il n'est pas plus chaman que vous et moi mais il part du postulat qu'un de ses ancêtres, qui l'est forcément, va jaillir du plus profond de son inconscient au moment opportun pour lui filer un coup de pouce. Le pari est osé et, vous en conviendrez, plutôt risqué. A sa décharge, outre le cadre impropre dans lequel il grandit déjà évoqué, les nonnes qui dans leurs seins n'ont à lui proposer qu'un liquide âcre et nauséeux lui font boire pour ne plus y penser, beaucoup d'absinthe. On peut supputer les ornières que peuvent creuser dans la psyché d'un jeune homme les traumatismes de la petite enfance sans compter les lésions sur les organes l'abus prématuré d'une substance, quand bien même Beaudelairienne, aussi peu orthodoxe sagissant d'un nourrisson. Dans notre circonstance cela présente néanmoins l'avantage qu'il n'a pas besoin de prendre de drogues hallucinogènes pour se mettre en condition, il est en quelque sorte tombé dedans petit... Et s'il est bon parfois d'accompagner l'action par un zeste de reflexion, de suppléer à l'instinct dans ses instants de surdité, il faut davantage veiller à ne pas émousser celui ci, à le stimuler, le reconnaître. Pour en tirer sa substantifique moelle il ne sert à rien de le passer au crible d'une raison déficiente ou stérilisante, inappropriée en l'état. C'est le cas lorsque l'on créer une oeuvre d'art mais aussi quand on s'apprête à se transmuer en oiseau, qui plus est d'une certaine envergure... Mais pour l'heure, chaque son, chaque bruit même lointain ou écorchure du vent dans la roche l'aspire comme un gouffre ondoyant, dans lequel se dilate son cerveau et avec lui, le monde qui l'entoure. Les petits poils drus qu'il arbore sur le torse, signe manifeste d'une virilité précoce, ne lui ont pas laissé supposer qu'un jour il serait sujet à un stress d'une telle nature et il faut qu'il lutte dorénavant bec et ongles contre ce reptile farouche et sournois dont il ne connait pas encore, loin s'en faut, toutes les malices. Rompu aux techniques de Pranayama ( Dans le yoga, ces techniques sont employées pour commander le mouvement des énergies subtiles dans le corps... Un peu de pédagogie ici ne nous semble pas superflu.) il finit non sans mal à dompter la bête. Mais c'est maintenant d'une toute autre proie qu'il lui faut s'emparer, par la possession préalable de son image, au prix d'un mimétisme magico-rythmique bien huilé; Enfin, c'est du moins ce qu'il est en droit d'espérer de l'autre... De celui qui sommeille à cet instant encore dans ses os, qu'il entend ronfler dans ses pensées mais dont il ne doute pas qu'il va bientôt gicler dans ses veines comme un zebulon à la rescousse, au fard numineux. Pour autant il n'a pas négligé son propre rôle dans l'affaire, et il n'a pas raté ces dernières semaines un seul des documentaires animaliers proposé par la National Géographic Chanel. Il y apprend notamment, au travers des commentaires éclairés de la ravissante, de l'exquise Catherine Ciuppa_ experte en grands rapaces_ qu'il n'atteindra sa maturité sexuelle qu'à trois ou quatres ans et qu'alors, il courtisera sa promise en plein ciel, en décrivant une spirale ascendante, et qu'au moment d'arriver au dessus d'elle, cette dernière, impatiente d'en arriver là, se mettra sur le dos pour lui aggriper langoureusement les serres. Il apprend également que, roi des oiseaux, messager du feu celeste, il sera dorénavent le symbole primitif et collectif du père et de toutes les figures de la paternité. Et oui, ça rigole pas! Et là, il se dit que les nonnes avaient peut-être pressentie cela dans quelque recoin de son être, aux plis de ses aisselles par exemple, où les odeurs sont en général plus diffuses. Qu'à l'inverse il avait sans doute sous estimé, voir même ignorer chez lui la présence de semblables phéromones... En scrutant à nouveau l'horizon qui se déploie dans la lumière dorée, dans des fragrances exaltant ses sens, il entend encore Catherine ( http://catherineciuppa.com/)_ de cette voix qui vous donne l'impression qu'on vous verse du sucre dans les oreilles ou qu'on vous glisse un néon dans les artères_ décrire comment, profitant parfaitement des courants aériens, il va pouvoir allègrement planer pendant des kilomètres, et au passage capturer quelque grue qui se sera trouver là, avec son bec capable de couper, déchirer et même broyer.
Encore une excellente collaboration entre Karnauch et toi....Vous vous êtes bien trouvés...Le texte est superbe et la musique le sublime...Les voix qui se surajoutent, le rythme discontinu....en bref.......Bravo!!!
À l'instant, en feuilletant une revue de juin 1984... je lis ceci :
"C'est un boucher nordique, un marin atlantique, il n'accoste que pour perpétrer un crime précis dans un port. Positivement, il se laisse tomber tout entier dans ses actes. Il se laisse dévorer, il devient dévoration..." Philippe Sollers à propos de De Kooning
Pour ces choses sonores qui tombent chaque jour des rues... l'eau qui me touche particulièrement lorsqu'elle est utilisée pleinement comme instrument...je ne peux que vous en reparler de cette vidéo dont vous ne voyez pas la particularité...mais toutes ces tuiles aussi qui, tant qu'elles ne nous tombent pas sur la tête, peuvent faire un bruit qui sort de la torpeur des jours. c'est cela la musique que j'aime au quotidien: celle de ces petits riens qui rivalisent avec ce qui est.
Et puis parce que j'aimais bien Lento dans votre top ami. Bien plus fin que cette orgue à bicyclette et plus structuré aussi...
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Et parce qu'une belle journée s'annonce comme un relent d'été ! On se replonge dans Ponge !
"Acouphène. J'en perdrais l'audition. J'ai rétréci jusqu'à plus soif, le ventre noué comme au plus triste jour de l'enfance. Mon souvenir est net de cette sensation fichée dans l'estomac. (...) Je bascule dans le temps. (...) Le monde à la renverse. (...) Je joue au funambule sur une ligne dont le tracé n'est qu'un songe éveillé."
Le Simulacre du printemps, Ingrid Thobois, photographies de Frédéric Lecloux, Editions Le bec en l'air.
Se le habían roto los cristales de los anteojos y se le habían perdido las llaves. Ella buscaba las llaves por toda la ciudad, a tientas, en cuatro patas, y cuando por fin las encontraba, las llaves le decían que no servían para abrir sus puertas.
Galeano
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merci, my dear friend.....what a beautiful comment. you send me...............
Merci, de m’avoir nourrie d’ELLE, je suis partie à "sa rencontre" depuis quelques jours… et cette pièce pour piano et violon (en dessous) ...... je n’arrête pas de ne pas pouvoir m’en séparer....un soleil noir qui te tombe sur la tête sans pouvoir avancer....