RUBEN UM NYOBE (1913-1958)
RUBEN UM NYOBE (1913-1958) Nous sommes contre les colonialistes et leurs hommes de main, qu'ils soient blancs, noirs ou jaunes, et nous sommes les alliés de tous les partisans du droit des peuples et nations à disposer d'eux-mêmes, sans considération de couleur.

Male
96 years old

Cameroon



Last Login: 9/2/2009
Mood: determined Mood Image
View My: Pics | Videos | Playlists

   Contacting RUBEN UM NYOBE (1913-1958)

 MySpace URL: 

Get Flash now!

In order to listen or view this content you will have to upgrade your version of Flash.



    RUBEN UM NYOBE (1913-1958)'s Interests
General« Le tribalisme est l’un des champs les plus fertiles des oppositions africaines. Nous ne sommes pas des « détribaliseurs », comme d’aucuns le prétendent. Nous reconnaissons la valeur historique des ethnies de notre peuple. C’est la source même d’où jaillira la modernisation de la culture nationale. Mais nous n’avons pas le droit de nous servir de l’existence des ethnies comme moyens de luttes politiques ou de conflits de personnes. Nous sommes des hommes politiques camerounais. A des degrés divers nous assumons des responsabilités devant l’histoire de notre peuple. Dans le grand bouillonnement que cela provoque, nous décelons nos insuffisances et nos capacités. Nous puisons alors à la source des peuples qui nous ont précédés, et dans le passé de notre propre peuple, pour fixer notre propre ligne de conduite et ce, avec le concours et la succession des événements. Une telle situation nous impose comme condition première de rompre avec un tribalisme périmé et un régionalisme rétrograde qui, à l’heure actuelle comme dans l’avenir, représentent un réel danger pour la promotion et l’épanouissement de cette nation camerounaise. » ------------Extrait de la Lettre de Ruben Um Nyobè, secrétaire général de l’UPC à André-Marie M’bida et tiré de l’ouvrage de Achille M’bembe, Ruben Um Nyobè, Le Problème National Kamerunais, L’Harmattan, 1984. ----------------------------------------------------------------------------------------- « Les colonialistes ne veulent pas admettre qu'un Noir soit l'égal d'un Blanc. Cette conception se manifeste dans le domaine social, dans l'échelle des salaires, dans le traitement médical, dans le logement, dans la justice et hélas, à l'Église. Quelle est alors l'âme éprise de liberté qui resterait insensible devant ce fait révoltant d'un étranger qui traite les enfants de la terre comme des hommes de seconde zone ? La doctrine coloniale n'a jamais cessé de proclamer que le Blanc est un être supérieur et que le Noir, spécialement, ne possède que des capacités limitées [...]. Une telle façon de ne rien faire pour modérer, sauf cas exceptionnel, la discrimination raciale fait beaucoup pour renforcer notre méfiance et notre combativité ».-------------Extrait de La Françafrique. Le plus long scandale de la République de François-Xavier Verschave.
MusicLa liberté, la dignité humaine et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ------------------------------------------------------------------------ 1. « Un peuple décidé à lutter pour sa liberté et son indépendance est invincible » --------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, in « Comment le massacre des Kamerunais a été préparé et consommé par le gouvernement français », maquis, 3 janvier 1957. ---------------------------------------------------------------------------------------- 2. « Si nous luttons à mort contre une intégration arbitraire de notre pays dans l’Empire colonial français, c’est que nous voulons rester les défenseurs conquérants du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Nous sommes ainsi, restés au service du Kamerun et de l’Afrique. ---------------------------------------------------------------------------------- « Hommes de Bandoeng, nous sommes les véritables artisans de la détente internationale. Nationalistes révolutionnaires, nous luttons pour acquérir pour le Kamerun et pour lui seul, une véritable indépendance nationale avec l’Unification comme condition préalable, simultanée ou consécutive, mais jamais exclue. » ---------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, in « Charte de l’Atlantique et Pacte atlantique. Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », maquis, 25 janvier 1957. -------------------------------------------------------------------------------------------------- 3. « Ainsi donc, la « rébellion » dont nous sommes coupables […] n’est autre chose que la rébellion du nationalisme kamerunais envers la trahison nationale et nous ne pouvons que nous féliciter d’être à l’avant-garde d’une telle rébellion qui est à l’heure actuelle le plus sacré des devoirs que l’Histoire ait assigné aux patriotes kamerunais. » -------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, in « Démission ou complicités françaises dans l’aggravation de la situation au Kamerun oriental », maquis, 2 décembre 1957. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 4. « Qu’on ne croie pas […] que nous nous laisserons intimider par les fusillades, les pillages et les tortures pour renoncer à notre noble mission qui est de continuer le bon combat pour la réunification et l’indépendance immédiates de notre beau et riche Kamerun. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, in « Démission ou complicités françaises dans l’aggravation de la situation au Kamerun oriental », maquis, 2 décembre 1957. ------------------------------------------------------------------------------------------------- 5. « Nous sommes donc occupés, quant à nous, à revendiquer la suppression des discriminations raciales, et radicalement opposés au système du travail forcé, de l’indigénat et des provocations sanglantes […]. Nous avons affirmé à maintes reprises que nous voulions une Afrique Libre, mais une Afrique amie des autres peuples libres. Les colonialistes le savent fort bien et la calomnie tendant à laisser croire que nous sommes à la solde d’une puissance étrangère ne peut servir qu’à les ridiculiser. » ----------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 6. « Le succès de nos réunions et manifestations imposées par la force des masses crée des nuits agitées pour ceux qui ne trouvent plus ici le champ d’application de la doctrine coloniale qui est d’imposer la loi d’un homme à tout un peuple. On ne peut que remarquer la différence d’attitude entre les valets des colonialistes, hommes en quête des faveurs, toujours inquiets d’un lendemain incertain pour eux et pour leurs maîtres et l’aspects des militants du mouvement national, brimés, humiliés, soumis aux privations de toutes sortes, mais toujours gais parce qu’ils ont la force de l’âme et la conviction profonde d’une victoire de la noble cause qu’ils défendent. Ainsi donc le mécontentement populaire se transforme aujourd’hui – n’est-ce pas M. Aujoulat – en un vaste mouvement d’enthousiasme soutenant la cause que vous combattez : l’Unification et l’indépendance du Cameroun. » --------------------------------------------------------------------------------------------------------- Luttes sociales --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 7. « Avant la création de l’UPC […] Même les territoire les plus voisins ignoraient l’action de nos populations. Du point de vue politique, seule la voix de l’administration et les élus dociles au colonialisme pouvaient se faire entendre à l’intérieur comme à l’extérieur. Aujourd’hui, les colonialistes ne peuvent plus répandre leurs mensonges sans risquer la réplique. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 8. « Notre bataille pour l’application de la Constitution et des accords de tutelle s’est concrétisée par une vaste campagne pour la liberté de réunion, de presse, d’opinion, d’association, etc. […] Sur le plan économique, nous avons engagé une lutte soutenue contre la restauration du travail. Nous avons appuyé les revendications de la CGT et du Kumsze pour la liberté de la culture de Café en région Bamiléké. […] ------------------------------------------------------------------------------------------------------------ « Dans la région du Centre, nous nous sommes élevés contre la destruction massive de la production de cacao […] La question du dédommagement du cacao reste encore en suspens. Nous pouvons cependant noter avec satisfaction que l’on n’assiste plus à l’incendie volontaire des produits sur les places de marché, comme cela se faisait avant notre intervention. […] ---------------------------------------------------------------------------------- « S’agissant des Sociétés Indigènes de Prévoyance, […] les cotisations sont perçus cette année sans qu’aucun reçu soit délivré à la partie versante. Comment une telle opération peut-elle susciter la confiance de la population ? Des subventions sont accordées à des hommes d’affaires qui ne sont pas membres de la sip, alors que les cotisants languissent dans une misère insondable. […] Mais il ne suffit pas de boycotter la SIP par la seule démission. --------------------------------------------------------------------------------------------------------- « Il faut exiger des comptes sur l’emploi des sommes versées depuis plus de 13 ans. […] ------------------------------------------------------------------------------------------------ « Nous voulons seulement faire confiance à nos militants et à tous les Camerounais, qui doivent organiser l’action nécessaire en vue de mettre fin à ces sortes d’escroqueries qui n’ont que trop duré » -------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ---------------------------------------------------------------------------------- 9. « Sur le plan social, c’est contre les discriminations raciales et le retour de l’indigénat que notre action a été concentré. […] dans les prisons par exemple, les détenus sont traités suivant la couleur de la peau. Non seulement les privilèges les plus étendus sont accordés aux détenus blancs, mais encore, les détenus noirs sont contraints d’être les serviteurs des premiers, alors que ceux-là ont commis des crimes ou des délits parfois plus importants. Nos interventions contre les mauvais traitements infligés aux détenus autochtones dans les prisons ont permis quelques résultats, notamment à Douala où une voiture cellulaire a été affectée au transport des prévenus se rendant au Parquet, alors qu’auparavant, ils s’y rendaient à pied, demeurément ligotés. […] Mais il reste beaucoup à faire. » ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ------------------------------------------------------------------------------------ 10. « Les travailleurs africains n’ont jamais obtenu un Code de Travail et celui que le Gouvernement se propose de leur imposer porte en son article 2, le rétablissement intégral du travail forcé. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ------------------------------------------------------------------------------------------------------ 11. « Quant aux anciens combattants, leurs droits sont enterré dans les tranchées des champs de bataille, où tout le sang versé était rouge. Revenus de la guerre, les frères d’armes sont devenus, les uns, des pensionnés de guerre, les autres, des parias qui n’étaient bons qu’à donner leur vie et c’est dans avec de telles méthodes que l’on nous invite à servir à nouveau de chair à canon pour une cause qui ne servirait qu’à aggraver les injustices et l’arbitraire. » --------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 12. « J’ajouterai simplement qu’il ne servirait à rien de constater et de dénoncer [les injustices et l’arbitraire du système coloniale] si l’action n’est pas organisée pour y mettre un terme. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------ Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 13. « … Ceux qui croient que le régime de tutelle est une sorte d’institution magique qui nous apporterait spontanément et sans notre effort, toutes améliorations, nous répondons que les Accords de tutelle constituent pour les pays intéressés une réforme sociale comme toutes les autres. Les réformes ne peuvent avoir leur efficacité que lorsqu’elles sont activement défendues par ceux qui en bénéficient. » ----------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 14. « Aujourd’hui tous les hommes de bonne volonté ont compris que seule la lutte paie et là aussi, nous ne sommes pas seuls. Dans le monde entier les forces de démocratie et de paix luttent victorieusement contre l’impérialisme oppresseur des peuples. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 15. « …Nous devons lutter pour l’application de tout ce qui est progressif dans les accords de tutelle, par exemple le développement de l’enseignement, la participation des autochtones dans l’administration de leur pays […] le respect de la primauté des intérêts des autochtones en matière de propriété foncière et autres, le respect des libertés fondamentales (liberté de parole, de culte, de réunion, de presse, de conscience, de pétition, etc.). » -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait de son intervention au Congrès de Kumba, 14-17 décembre 1951. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Racisme, tribalisme, religions et idéologies ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 16. « Les colonialistes ne veulent pas admettre qu’un Noir soit l’égal d’un Blanc. Cette conception se manifeste dans le domaine social, dans l’échelle des salaires, dans le traitement médical, dans le logement, dans la justice, et, hélas, à l’Eglise. Quelle est alors l’âme éprise de liberté qui resterait insensible devant ce fait révoltant d’un étranger qui traite les enfants de la terre comme des hommes de seconde zone ? » ----------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, Le problème national kamerunais, Paris, L’Harmattan, 1984, p.23. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 17. « La doctrine coloniale n’a jamais cessé de proclamer que le Blanc est un être supérieur et que le Noir, spécialement, ne possède que des capacités limitées et que sa peau n’est pas capable d’assimiler les choses supérieures. Bien que les faits se soient maintes fois inscrits en faux contre cette prétention, les colonialistes ne veulent point y renoncer. C’est pour cette raison qu’ils affirment que l’accession à l’indépendance dans un pays comme le Kamerun plongerait le pays dans l’anarchie et la ruine. Une telle façon de ne rien faire pour modérer, sauf cas exceptionnel, la discrimination raciale, fait beaucoup pour renforcer notre méfiance et notre combativité. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, Le problème national kamerunais, Paris, L’Harmattan, 1984, p.23. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 18. « Il y a lieu également de combattre la pratique de nos compatriotes qui, aux postes de police comme dans les guichets publics, ont souvent tendance à servir les Européens en priorité, même si ceux-ci sont les derniers venus. Cela constitue aussi une discrimination raciale dans sa forme la plus condamnable. » --------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 19. « Nous devons mettre nos frères en garde contre le danger que consiste la politique du racisme anti-raciste. On ne peut, sous prétexte de lutter pour la libération des Noirs, mener une politique de haine contre les Blancs. La haine raciale est incompatible avec toute idée de progrès. » -------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait de son intervention au Congrès de Kumba, 14-17 décembre 1951. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 20. « Nous invitons M. André-Marie Mbida et ses collaborateurs à comprendre que le « tribalisme » n’est pas valable en politique et que l’intérêt du Kamerun n’est pas dans la politique de corruption et des oppositions africaines. (…) Nous leur demandons de placer l’intérêt du Kamerun au-dessus des luttes d’influence et des problèmes de personnes. » --------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, in « L’amitié franco-kamerunaise en danger. Alerte à l’opinion kamerunaise et mondiale. », Maquis, 27 août 1957. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 21. « Ils [les colonialistes] dressent tribu contre tribu en faisant croire aux uns qu’ils sont plus intelligents et aux autres qu’ils sont très riches et vont dominer le pays. Les uns et les autres croient naïvement à cela et se livrent à de vaines luttes intestines qui aboutissent finalement à la ruine de tous et le seul qui profite, c’est le colonisateur. Ils dressent chefs contre intellectuels en faisant croire aux uns qu’ils sont les détenteurs de la tradition et que le pouvoir leur revient, aux autres qu’ils sont « comme les Blancs » et que c’est à eux que revient le privilège de la civilisation moderne. Mais les colonialistes ne croient ni au pouvoir du chef ni à l’intelligence de l’homme dit « évolué ». Ils cherchent tout simplement à puiser dans la haine de ceux-là, le plus de profit et le prolongement de la misère de tous. » --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait de son intervention au Congrès de Kumba, 14-17 décembre 1951. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 22. « Certains prêtres catholiques oubliant que l’évangile s’élève contre les injustices, font les griots du colonialisme et nous traitent d’anti-religieux, ce qui est très faux d’abord parce qu’il ne peux y avoir d’Africains anti-religieux, ensuite parce que nous ne considérons pas le travail forcé, l’indigénat, la spoliation des terres, l’exploitation colonialiste en général comme des recommandations prescrites par la Bible. Au contraire, ce sont ces prêtres qui, en faisant de l’Eglise une tribune politique, ressemblent à ces trafiquants que Jésus chassa du temple. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 23. « On nous traite de communistes. Or tout le monde sait que nous ne sommes pas une organisation communiste. Nous ne disons pas cela parce que nous détestons les communistes, mais parce que nous considérons que la lutte pour notre libération nationale n’a pas à tenir compte de telle ou telle idéologie. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 24. « La colonisation est un mal dont souffre tous les pays colonisés. Pour apporter un remède quelconque à ce mal, il faut en étudier les origines. On dit que les blancs sont venus en Afrique pour civiliser les « sauvages » de chez nous et un certain nombre de nos compatriotes reprennent de telles théories à leur propre compte. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait de son intervention au Congrès de Kumba, 14-17 décembre 1951. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 25. « Une calomnie c’est le fait d’imputer à quelqu’un les faits qui ne peuvent pas lui être imputés ou qui ne doivent pas lui être imputés. Nous demandons alors à nos compatriotes catholiques si le fait de dire que les prêtres prêchent la politique à l’église, si le fait de dire qu’ils trafiquent les sacrements à des fins politiques constituent une calomnie, alors que cela se fait à tout moment, au grand jour. Nous savons que la calomnie constitue une infraction à la morale religieuse car il est dit quelque part dans la Bible : « Tu ne porteras point un faux témoignage contre autrui », ce qu’est par exemple le fait de qualifier de communistes tous les militants syndicaux et les militants du Mouvement national camerounais sans être en mesure de le prouver. On comprendra donc que ainsi que les calomniateurs sont plutôt du coté des auteurs de la fameuse « lettre commune » [des évêques français exerçant au Cameroun]. » -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, Félix Roland Moumié, in « religion ou colonialisme ? », Douala, 22 avril 1955. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 26. « Ce que nous voulons affirmer une fois de plus, c’est que nous sommes contre les colonialistes et leurs hommes de mains, qu’ils soient Blancs, Noirs ou Jaunes, et nous sommes les alliés de tous les partisans du Droit des peuples et nations à disposer d’eux-mêmes, sans considération de couleur. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Ruben Um Nyobè, Félix Roland Moumié, in « religion ou colonialisme ? », Douala, 22 avril 1955. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- 27. « …Nous nous bornerons à réaffirmer une fois de plus notre position vis-à-vis des prêtres de combat non seulement mais aussi vis-à-vis de toutes les religions. Nous avons appris que chacun répondra à Dieu pour son propre compte. Nous en faisons notre principe. C’est pour cela que nous considérons la question religieuse comme une question personnelle devant laquelle chaque individu prend personnellement position. Mais si pour la vie d’au-delà des morts chacun répondra pour son propre compte, les Camerounaises et les Camerounais doivent comprendre que tous nous répondrons devant l’histoire sur notre attitude à l’égard des revendications nationales du peuple camerounais. C’est pourquoi catholiques, protestants, musulmans, fétichistes et non-croyants, nous devons nous unir et agir ensemble pour hâter l’Unification et l’Indépendance du Cameroun. » --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, Félix Roland Moumié, in « religion ou colonialisme ? », Douala, 22 avril 1955. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Stratégie et pédagogie politiques ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 28. « …Les colonialistes ont une curieuse manière de considérer comme interlocuteurs des gens qui trahissent les intérêts de leur pays à des fins personnelles et ils ne tardent pas de les baptiser « interlocuteurs valables ». […] Au Kamerun, devant la pertinence des réalités, les autorités françaises se sont vues obligées de reconnaître la qualité d’interlocuteur valable à l’U.P.C. Mais au lieu d’engager un dialogue sincère et loyal, propre à aboutir au dénouement de la crise kamerunaise, les autorités françaises se sont évertuées depuis 1955 à nous envoyer des émissaires dont la seule mission consistait à nous amener à opérer le « repli stratégique » à la manière d’Houphouët-Boigny. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Ruben Um Nyobè, in « Démission ou complicités françaises dans l’aggravation de la situation au Kamerun oriental », maquis, 2 décembre 1957. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 29. « Là où la pseudo indépendance a été accordée, surtout par l’impérialisme anglais ou hollandais, les peuples des pays intéressés n’ont pas tardé d’entreprendre une lutte active pour arriver à la véritable Indépendance nationale et marcher dans la voie de la démocraties. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 30. « Des Africains naïfs ou de mauvaise foi, pour justifier leur renoncement à la défense de nos intérêts, prétendent ne pas faire de politique, parce qu’on leur a dit dans les couloirs administratifs que la politique est une mauvaise chose. […] Ne faites pas de politique, pour l’Administration et le Gouvernement colonialiste en général, signifie simplement qu’il ne faut pas défendre vos intérêts. Cela peut se traduire aussi : « Ne faites que ma politique, celle qui approuve mon arbitraire et mes illégalités » -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 31. « Si vous refusez de faire la politique qui consiste à lutter par tous les moyens et sous toutes les formes pour l’émancipation de notre pays, vous laissez le champ libre aux colonialistes pour leur politique criminelle, celle du travail forcé, de l’indigénat, de l’exploitation éhontée de nos richesses, des emprisonnements et des assassinats. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. --------------------------------------------------------------------------------------------------------- 32. « …nous avons insisté auprès de nos compatriotes, auxquels l’on prodigue des conseils pour les mettre en garde contre la politique – cette « dangereuse entreprise » et nos compatriotes surtout les intellectuels, de dire qu’ils ne s’occupent pas de politique, parce qu’ils préparent on ne sait quelle situation matérielle – Nous avons donc insisté auprès d’eux pour leur montrer la tromperie que consistait une telle campagne. Tout est politique et tout s’encadre dans la politique. La religion est devenue politique. Le commerce est politique. Même le sport est politique. La politique touche à tout et tout touche à la politique. Dire que l’on ne fait pas de politique, c’est avouer que l’on n’a pas le désir de vivre. C’est pourquoi nous estimons qu’il faut, avant tout, se battre pour les libertés fondamentales gage essentiel du succès matériel. » -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au 2ème Congrès statutaire de l’UPC », Eséka, 29 septembre 1952. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 33. « Comment vous, étudiants, pouvez-vous vous préparer valablement aux responsabilités de demain si vous afficher un mépris pour la lutte politique de votre pays ? Les bourses et les crédits scolaires sont réglés dans les assemblées politiques. […] C’est pourquoi nous plaçons la lutte politique au premier plan. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au 2ème congrès de l’UPC », Eséka, 29 septembre 1952. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 34. « (…) L’UPC n’est pas une sorte d’Etat-major où l’on discute ; c’est un mouvement de masse où les larges couches de population doivent prendre conscience de leur rôle dans la lutte de libération nationale, dans la lutte pour la démocratie et la paix. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 35. « …Mon devoir de secrétaire général de l’UPC est d’éclairer les masses camerounaises sur les problèmes politiques, car demain nos compatriotes seront obligés de se trouver devant la réalité. Si par nos erreurs d’interprétation empruntées à nos adversaires nous arrivions à leur raconter des choses entièrement fausses, cela diminuerait et notre prestige et la portée de notre action en tant que dirigeants d’un mouvement national. C’est pourquoi il faut être objectif et sincère. Quand on adopte une telle position on a la satisfaction de porter témoignage à la vérité. On peut ne pas être compris à la minute où l’on parle, mais on finit toujours par triompher. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Ruben Um Nyobè, extrait de son intervention au Congrès de Kumba, 14-17 décembre 1951. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 36. « Nous sommes des hommes politiques kamerunais. A des degrés divers, nous assumons des responsabilités devant l’histoire de notre peuple. Dans le grand bouillonnement que cela provoque, nous décelons nos insuffisances et nos capacités. Nous puisons alors à la source des peuples qui nous ont précédés et dans le passé de notre propre peuple pour fixer notre ligne de conduite et ce, avec le concours et la succession des évènements. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Ruben Um Nyobè, « Lettre à M. André-Marie Mbida, Premier Ministre de l’Etat sous tutelle du Cameroun », Maquis, 13 juillet 1957. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Guerre et paix ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 37. « …On fait pour la guerre la même propagande que pour la domination coloniale. Comme on nous dit que le colonialisme est invulnérable, que le « Blanc » est trop fort pour céder à nos luttes pacifiques, on dit de la guerre qu’elle est inévitable, mais on ajoute que si la guerre venait, tous les hommes de l’UPC seraient au poteau. Il faut seulement noter à cette occasion le dessein criminel de nos adversaires. Cela explique aussi que la guerre que préparent les impérialistes n’est pas une guerre de libération de nos pays, mais un moyen de renforcer l’asservissement des peuples. » -------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 38. « Une session du Comité du Congrès mondial vient de se tenir à Stckhölm en Suède, au cours de laquelle un appel a été lancé pour exiger la condamnation de l’arme atomique qui est l’arme d’épouvante et d’extermination des populations. […] L’appel affirme que le gouvernement qui, le premier utiliserait, contre n’importe quel pays, l’arme atomique commettrait un crime contre l’humanité et serait à traiter comme criminel de guerre. Cet appel doit rencontrer dans nos milieux, le même accueil que dans les précédentes initiatives des partisans de la paix. » ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 39. « Le devoir des responsables de l’UPC est donc d’être à l’avant-garde de la lutte pour la paix […] Nous ne sommes pas quantité négligeable dans cette affaire. Il faut aussi faire comprendre à nos camarades et à toutes les populations qu’aucun gouvernement ne peut faire la guerre sans l’accord du peuple. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 40. L’argument de « UPC mouvement fauteur de guerre » ne tient pas debout. Notre lutte est une lutte légale, tendant à réclamer l’application de la Constitution et des Accords de Tutelle. Seuls ceux qui s’opposent à la légalité, les colonialistes, ont recours à la violence parce qu’ils n’ont pas d’argument à nous opposer. Ces quelques explications vous permettent de comprendre que la lutte pour la paix est inséparable de la lutte pour la liberté. » ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait du « Rapport présenté au premier congrès de l’UPC », Dschang, 10 avril 1950. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Le problème national kamerunais -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 41. « Le progrès incontestable que représente le régime de tutelle par rapport à celui des mandats se trouve remis en cause par le jeu de la division du pays en deux zones, une zone dite française, l’autre dite anglaise. On se trouve ainsi devant le paradoxe d’un régime qui a pour but de favoriser l’accession du pays à son autonomie et à son indépendance et qui, en même temps, maintient le même pays sous l’administration de deux nations qui ont créé une frontière artificielle et arbitraire à l’intérieur du pays, avec certaines rigueurs administratives qui font obstacle à la libre circulation des habitants. » Ruben Um Nyobè, extrait de son intervention au Congrès de Kumba, 14-17 décembre 1951. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 42. « Les accords de tutelle qui ont été conclus sans que nous ayons préalablement eu connaissance de leur texte contiennent des lacunes importantes qu’il faut combler de toute urgence. Par exemple, ces accords ne donnent aucun délai à la durée de tutelle. Dans les accords concernant le Cameroun sous administration française, il est prévu à l’article 4 que la France administrera le Cameroun « comme partie intégrante du territoire français ». Nous demandons à ce que soit abrogée cette clause qui est d’ailleurs en opposition avec l’article 60 de la propre constitution française. » --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, extrait de son intervention au Congrès de Kumba, 14-17 décembre 1951. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 43. « Toute notre action s’inscrit dans ce résumé simple de ce que veut notre mouvement. Pour grouper et unir les populations, nous avons fait appel aux Camerounais hommes et femmes sans considération de classe ni de religion, sans considération même d’opinion politique, mais à la seule condition d’accepter notre programme qui est anticolonialiste. Pour accélérer l’évolution des populations, l’UPC demande la multiplication des écoles et des centres d’apprentissage. Elle demande le développement de l’enseignement général et de l’enseignement technique. Pour l’élévation du standard de vie des populations, nous luttons pour l’abolition effective du travail forcé, pour la suppression des méthodes racistes dans l’agriculture et le commerce ainsi que dans toutes les autres branches de l’activité économique. Nous luttons notamment contre la politique d’expropriation qui consiste pour l’administration à s’emparer des textes sous prétexte qu’elles sont « vacantes et sans maître ». sur le plan social, l’UPC lutte contre la discrimination raciale, contre le mauvais régime des prisons, etc. Le programme de l’UPC comprend deux chapitres : les revendications particulières intéressant toutes les catégories de la population d’une part et la grosse question de notre marche vers l’indépendance d’autre part. pour l’efficacité de notre lutte, nous avons déclaré que notre mouvement était nettement anti-colonialiste et que c’est à cette seule condition que nous pouvions accepter de collaborer avec d’autres organisations ou même avec l’administration, dès lors que cette dernière pouvait mener une politique réellement progressiste. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Ruben Um Nyobè, extrait de son intervention au Congrès de Kumba, 14-17 décembre 1951. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 44. « notre programme pour la solution de l’indépendance est un programme-école. En effet l’article 5 des Accords de Tutelle sur le Cameroun prévoit la participation des autochtones à l’administration de leur pays par le développement d’organes démocratiques, représentatifs, etc. Notre demande tendant à obtenir la création d’une assemblée, dotée de pouvoirs nécessaires pour délibérer sur les problèmes économiques, sociaux et culturels, intéressant la subdivision a pour but de fournir aux Camerounais un champ d’apprentissage pour la participation à la gestion des affaires de leur pays. » ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben UM NYOBE, in « La défense des propositions concrètes pour l’indépendance et l’unification du Cameroun », Mom (Sanaga-Maritime), 7 septembre 1954. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 45. « Ce que nous voulons, ce n’est pas l’augmentation du nombre des représentants camerounais au parlement français, ce que nous voulons c’est l’institution de notre propre parlement, d’un parlement camerounais. L’Assemblée législative du Cameroun serait donc, nous le répétons, une école au sein de laquelle les Camerounais apprendrons à faire les lois de leur pays. Enfin, quand nous demandons l’institution d’un Conseil Exécutif, nous entendons permettre aux citoyens de notre pays d’apprendre, pendant un laps de temps, à diriger sous l’égide d’un Haut-Commissaire de l’ONU le gouvernement de leur pays. Voilà les raisons pour lesquelles nous considérons notre programme concernant la solution du programme de l’indépendance comme un programme d’école, c’est-à-dire un programme dont l’exécution permettrait aux Camerounais de recevoir une formation adéquate pour pouvoir assumer les charges d’Etat découlant du recouvrement de notre souveraineté. » --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben UM NYOBE, in « La défense des propositions concrètes pour l’indépendance et l’unification du Cameroun », Mom (Sanaga-Maritime), 7 septembre 1954. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 46. « Le mécontentement populaire a pour cause le colonialisme qui exploite et opprime notre pays, s’oppose à la réalisation des objectifs du régime de tutelle qui sont le progrès politique, économique et social des autochtones en vue de l’accession à l’indépendance. Des hommes comme MM. Allaire, chef de subdivision d’Eséka, Pinelli, chef de subdivision de Babimbi, Joud, ancien chef de région de la Sanaga-Maritime, pour ne citer que ceux-là, créent des lois personnelles pour dissoudre arbitrairement nos réunions, violer les domiciles des particuliers, saisir nos brochures et les journaux qui développent les idées de l’indépendance de notre pays, commettent des violences sur les patriotes partisans de l’Unification. Il y a là autant de causes de mécontentement populaire. Mais nous faisons tous nos efforts pour surmonter ce mécontentement en faisant naître dans le pays une conscience nationale et une maturité politique toujours élevées, réduisant au ridicule les provocateurs et les agents de l’arbitraire colonialiste. » --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben UM NYOBE, « Danger Aujoulat. Qui donc représente les mécontents ? » in La Voix du Cameroun, n° du 17 janvier 1955. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 47. « Il y a un autre mécontentement, réel et grave celui-là. C’est le mécontentement colonialiste. […] L’on sait que lorsqu’une cause est en défaite, les défenseurs de cette cause se trouvent être plus touchés, disons plus affectés que quiconque. C’est pourqoi les mécontents des journaux réactionnaires, ceux de l’exploitation coloniale, ceux du clergé […] les mécontents de la clique des valets autochtones qui vendent notre pays au prix de maigres faveurs, les mécontents de tous les calibres du camp du colonialisme, versent leurs larmes de sang sur les épaules de celui qui se présente comme le champion de l’assimilation du Cameroun comme colonie française : le Docteur-député-ministre Louis Paul Aujoulat. Mais aujourd’hui, les évènements ne peuvent rester indifférents à l’égard d’un homme qui a tant fait pour égarer l’opinion camerounaise. » --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben UM NYOBE, « Danger Aujoulat. Qui donc représente les mécontents ? » in La Voix du Cameroun, n° du 17 janvier 1955. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Culture et identité nationale ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 48. « …La langue est l’un des éléments fondamentaux pour le développement de la culture d’une nation, la colonisation perdrait sa raison d’être si elle devait œuvrer pour permettre au pays colonisé d’instituer une langue nationale » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ruben Um Nyobè, « observations devant la Quatrième commission de l’ONU », New-York, 1954. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 49. « …Outre la possibilité que nous avons d’instituer une langue nationale après l’accession à notre souveraineté nationale, nous avons proposé pour l’immédiat la vulgarisation de l’enseignement du français et de l’anglais dans les deux parties du pays, et ce, à partir de l’enseignement élémentaire. » ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- « Observations de Ruben Um Nyobè devant la Quatrième commission de l’ONU », New-York, 1954. --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 50. « La communauté de culture [entre les Camerounais] existe à l’origine. On a seulement essayé de la falsifier en instaurant la pseudo-culture française d’une part et anglaise d’autre part. mais cette entreprise se trouve elle-même mise en échec par le fait colonial qui s’oppose au développement culturel des peuples colonisés. » ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- « Observations de Ruben Um Nyobè devant la Quatrième commission de l’ONU », New-York, 1954. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 51. « …Les Allemands sont restés au Cameroun pendant plus de 30 ans, y a-t-il quelqu’un pour nous apporter la preuve que tous les Camerounais de l’époque parlaient allemand ? […] les Anglais et les Français administrent le Cameroun depuis 38 ans. Or, au Cameroun sous administration française, sur une population de plus de trois millions d’habitants, on ne peut pas compter trois cent mille personnes, c’est-à-dire le dixième de la population à la plus large estimation, parlant le français. Au Cameroun sous administration britannique, à l’exception du pidgin qui est également dans le Cameroun dans le Cameroun sous administration française, rares sont les éléments s’exprimant correctement en Anglais. […] Si après plus de soixante-dix ans de présence des puissances coloniales, les populations du Cameroun n’ont pas encore pu trouver une langue commune, il ne faut pas en attribuer le tort aux patriotes qui luttent pour l’unification et l’indépendance de notre pays. Cela signifie simplement que si nous attendons soixante-dix ans encore [pour revendiquer l’unification et l’indépendance. Ndlr], en l’an 2014, nous entendrons toujours dire que les Camerounais ne parlent pas la même langue. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- « Observations de Ruben Um Nyobè devant la Quatrième commission de l’ONU », New-York, 1954.
MoviesCameroun, autopsie d'une indépendance (G. Le Roy et V. Osouf)
..
Ajouter à mon profil | Plus de Vidéos ..

Afrique 50
envoyé par rik3m
LUCKY DUBE - PRISONER
TelevisionDOCUMENTAIRE: L'ASSASSINAT DE FELIX MOUMIE PARTIE 1,2 ET 3
Books ..
Heroes ..

     RUBEN UM NYOBE (1913-1958)'s Details
Status:Married
Here for:Networking
Orientation:Straight
Hometown:PAYS BASSA
Ethnicity:Black / African descent
Zodiac Sign:Scorpio
Smoke / Drink:No / No
Children:Proud parent



RUBEN UM NYOBE (1913-1958) les yeux bien ouverts Posted at 3:07 PM Jul 30, 2008
view more

RUBEN UM NYOBE (1913-1958)'s Latest Blog Entry  [Subscribe to this Blog]

Découvre cette vidéo : Cameroun, autopsie dune indépendance (G. Le Roy et V. Osouf)  (view more)

SINDJOUN POKAM : Lettre à Mboua Massock  (view more)

REMEMBER UM NYOBE  (view more)

RELIGION OU COLONIALISME?  (view more)

LE PROCES DE L’ASSASSINAT DE UM NYOBE  (view more)

[View All Blog Entries]

   RUBEN UM NYOBE (1913-1958)'s Blurbs
About me:
RUBEN UM NYOBE est né aux alentours de l’année 1913 à Song Mpèk, un village situé près de Boumnyébel, au coeur du pays bassa, dans le département de la Sanaga Maritime au Cameroun. Il est issu d’une famille modeste. Son père, Nyobè Nsounga, et sa mère, Ngo Um Nonos, sont cultivateurs. Ruben Um Nyobè grandit dans son village où il subit d’abord l’influence de l’éducation traditionnelle (son père est aussi grand prêtre des sociétés initiatiques Bassa), puis de l’éducation chrétienne, puisqu’il fait de bonnes études primaires (pendant une dizaine d’années) chez les missionnaires protestants, avant d’être reçu en 1931 au concours de l’école normale de Foulassi, près de Sangmelima dans le sud du Cameroun. ------------------------------------------------------------------------------------ Mais il en est renvoyé en 1932 pour indiscipline raison d’un conflit avec les enseignants de la mission presbytérienne américaine. Il se présente néanmoins en candidat libre à l’examen de "moniteur indigène", est admis, et commence une carrière d’enseignant. Puis en 1935, il commence à travailler comme employé au sein de l’administration des finances à Douala, mais continue parallèlement ses études et obtient en 1939 le baccalauréat première partie. _____________________________________________________________ Il trouve cette année là un emploi de commis greffier au tribunal de Yaoundé, puis est affecté à Edéa, où il passe deux années avant d’être affecté en 1947 le Nord (Maroua, Ngaoundéré). En juin 1949, placé en position de disponibilité renouvelable, il se consacre à plein temps à l’activité syndicale. ------------------------------------------------------------------------------------ Um s’est initié au syndicalisme sous l’égide de deux fonctionnaires français appartenant à la CGT (Confédération Générale du Travail), MM Donnat et Soulier, en compagnie de Charles Assalé (futur premier ministre du Cameroun oriental) et Jacques Ngom, futur secrétaire de la CGT camerounaise. Dans un premier temps au sein de la JEUCAFRA (Jeunesse Camerounaise Française, créée en 1939, puis au sein du RACAM (Rassemblement Camerounais) en 1947, un mouvement qui a pour but de « travailler à la constitution future de l’Etat camerounais »). Les jeunes camerounais vont à tour de rôle à Paris suivre un stage de perfectionnement auprès de la centrale ouvrière française. Um Nyobè se fait remarquer par son ardeur et sa compétence et est élu premier secrétaire de la CGT camerounaise. ------------------------------------------------------------------------------------ Il vient à la politique via le syndicalisme. Dans son enfance, il a été témoin de crimes coloniaux qui l’ont marqué tels que la mobilisation et de la réquisition des populations, les travaux forcés auxquels étaient soumis les adultes, bref des aspects sombres de la présence coloniale au Cameroun. Ce sont autant de facteurs qui contribuent également à accentuer son désir d’entrer en politique. Um écrira plus tard : "la colonisation, c’est l’esclavage ; c’est l’asservissement des peuples par un groupe d’individus dont le rôle consiste à exploiter les richesses et les hommes des peuples asservis". _____________________________________________________________ En 1946, suite aux principes énoncés lors de la conférence de Brazzaville, le Cameroun peut élire deux députés à l’assemblée nationale française. Ce seront le Docteur Louis-Paul Aujoulat, et le prince Alexandre Douala Manga Bell. Mais pour les militants de la CGT camerounaise, ces deux individus (un blanc « étranger » et un « aristocrate camerounais occidentalisé » ne sont guère représentatifs du peuple). Um qui est officiellement membre de la CGT depuis 1947 entend transformer le nationalisme diffus en structure organisée. ------------------------------------------------------------------------------------ En tant que secrétaire général de l’USCC (Union des Syndicats Confédérés du Cameroun) il se rend à Abidjan, en 1947 au premier congrès du RDA (Rassemblement Démocratique Africain), un parti interterritorial en Afrique francophone, créé en 1946 dans le but de rassembler les hommes politiques africains de tout bord et mieux faire entendre leur voix. Le RDA a pour leader Félix Houphouët Boigny. Le 10 avril 1948 à Douala est créée l’UPC (Union des Populations du Cameroun), dirigé quelques temps par Leonard Bouli, avant que Um Nyobè n’en soit élu secrétaire général. Les symboles de l’UPC seront un drapeau rouge sur lequel est dessiné un crabe noir. Le rouge fait référence aux patriotes qui ont versé leur sang pour une cause juste, le crabe fait référence à la réunion exigée par l’UPC du "Kamerun" (écrit avec un K), divisé par la colonisation. Le Noir symbolise la couleur de l’Afrique Noire, continent où vit la population du Cameroun. ------------------------------------------------------------------------------------ Dès le début, l’UPC inscrit dans ses objectifs la constitution de la nation camerounaise et la levée de la tutelle exercée par la France sur le Cameroun (le Cameroun est alors un territoire sous mandat dont la tutelle a été confiée à la France par les Nations-Unies). Le parti devient la branche camerounaise du RDA. Um Nyobè deviendra un des vice-présidents du RDA en 1949. ------------------------------------------------------------------------------------ Mais à la différence du RDA qui finit par choisir de coopérer avec l’administration, l’UPC si l’on peut dire se « radicalise », et refuse de suivre la voie du parti d’Houphouët Boigny et ses amis qu’il considère comme des "traîtres". Um exerce une ascendance au sein du parti grâce à ses capacités de leadership, son sens du débat, sa maîtrise de l’art oratoire, son courage. "Peu de mouvements révolutionnaires africains auront eu un chef de sa valeur" écrira Georges Chaffard dans le tome II des "Les carnets secrets de la décolonisation". Sous sa houlette, l’UPC se positionne en faveur de l’indépendance immédiate, de la réunification avec le Cameroun britannique, et la renaissance culturelle du Cameroun. ____________________________________________________________ Personnalité marquante, Ruben Um Nyobè a été repéré très tôt par les services de sécurité et de renseignement. On peut ainsi lire dans une fiche dressée sur lui en 1947, à une époque où il est encore peu connu les commentaires suivants : "Intelligent, il cherche à acquérir par lui-même une culture supérieure...Depuis les dix-huit derniers mois, il a consacré toute son activité à créer de nombreux syndicats réunis en Union régionale, dont il est le secrétaire général...Est l’un des membres les plus actifs du mouvement démocratique camerounais, bien que ne paraissant pas lui-même...Elément dangereux. Sort très peu, mène une vie retirée, ayant un noyau d’amis très restreint" Ce parti "nationaliste" ne plaît guère à l’administration française qui décide d’en encourager d’autres. La stratégie de Soucadaux souligne Georges Chaffard (1) est parfaitement résumée par une directive donnée par un chef de région, Mr Humbert, à ses subordonnés : "La meilleure action que nous puissions avoir, c’est de susciter des oppositions africaines et de rendre la vie impossible aux meneurs upécistes en leur opposant des Africains décidés et énergiques". ------------------------------------------------------------------------------------ Parallèlement, Um a aussi entamé des démarches auprès de l’ONU où des pétitions en provenance du Cameroun ont été déposées. Une mission des Nations-Unies s’est rendue au Cameroun pour observer la situation sur place. Um se rend lui à plusieurs reprises à New-York où il témoignera en 1952, 1953 et 1954 devant la quatrième commission des Nations-Unies. Il réclame dans ses revendications à l’ONU la réunification et l’indépendance du Cameroun. Des camerounais de tendances diverses se rendent aussi à l’ONU, où ils défendent des thèses différentes des siennes, contestant notamment sa revendication d’indépendance. ------------------------------------------------------------------------------------ La popularité de l’UPC est telle que le voyage de Um Nyobè en 1952 est financé grâce à une souscription publique. "Paris Match" écrit à l’époque : "Um Nyobè, leader de l’Union populiste du Cameroun est attendu à New-York où la commission de tutelle présidée par son frère de race, Ralph Bunche l’admettra au débat sur le mandat, en accusateur des puissances mandataires". ------------------------------------------------------------------------------------ Pour l’ensemble de la jeunesse camerounaise "évoluée", Um Nyobè est le leader incontesté du patriotisme camerounais, et pour les masses populaires, il est un héros qui permettra l’avènement de jours meilleurs. Son rayonnement est tel que son nom circule dans les campagnes camerounaises comme celui d’un être de légende doté de pouvoirs magiques. La renommée de "Mpodol" (qui signifie "celui qui porte les revendications de") comme on le surnomme s’étend au-delà de son pays d’origine le Cameroun. Um Nyobè est très actif, écrit des articles politiques, tient des meetings auxquels assistent parfois des dizaines de milliers de personnes, rencontre les masses populaires et se déplace dans l’ensemble du pays qu’il sillonne pour porter la bonne parole, n'hésite pas à accuser certains membres de l'église de soutenir la colonisation. En 1954, un nouveau haut commissaire, Roland Pré, arrive au Cameroun et veut nouer un dialogue avec tous les groupements politiques de la place, qu'il espère garder ainsi sous contrôle, mais l’UPC appelle à le boycotter. ------------------------------------------------------------------------------------ Le 19 mai, Félix Moumié, un des responsables du parti, annonce que Um Nyobè est dans le maquis. La tension monte d’un cran lorsque le 22 mai, des gendarmes signifient à des partisans de l’UPC que leurs réunions sont interdites, et les moleste. Le même jour, 22 mai 1955, l’UPC réplique et annonce qu’elle refuse désormais de reconnaître l’administration française et réclame la création d’un comité exécutif provisoire. Le 23 et le 24, des incidents éclatent à Douala où une foule armée de gourdin et machettes prend d’assaut la prison, la police tire faisant 4 morts et 20 blessés. Dans d’autres villes du pays, à Nkongsamba, à Yaoundé, des émeutes éclatent également parfois avec des morts à la clé. Fin mai, le décompte est de 20 morts, 114 blessés chez les émeutiers, 4 morts (2 français) et 13 blessés dans le reste de la population. ------------------------------------------------------------------------------------ Le 13 juillet 55, l’UPC et ses branches sont officiellement interdits. L’insurrection de mai n’est pas approuvée par Um qui considère qu’elle n’avait que peu de chance de succès. Il a par ailleurs toujours été partisan de solutions pacifiques et réprouve l’utilisation de la violence. Il effectuera plus tard une critique globale, préconisant une meilleure organisation du parti pour éviter les échecs des actions entreprises : "Certains camarades peuvent penser que les dirigeants de l’UPC mettent l’organisation du mouvement au-dessus des grands problèmes de l’heure. Cela est vrai. Nous savons par expérience que tous les problèmes politiques peuvent être résolus avec une bonne organisation, tandis que tous les échecs et même les catastrophes sont possibles dans un mouvement mal organisé." ____________________________________________________________ En juin 56, le président de l’Assemblée territoriale camerounaise Soppo Priso, crée un mouvement "d’Union Nationale" et noue des contacts avec l’UPC pour lui proposer de faire campagne sous la bannière de l’Union Nationale. Si l’UPC accepte de ne pas "prêcher pas la violence", l’administration fermera les yeux. Mais l’UPC refuse. Les élections du 23 décembre vont donc se dérouler sans le parti à l’emblème du crabe. Un projet de loi d’amnistie était en préparation avant les élections, mais la lenteur de la procédure incite les upécistes à la méfiance. Il semble en réalité que tout ait été fait afin que l’UPC ne puisse se présenter aux élections. ------------------------------------------------------------------------------------ En décembre 56, l’UPC crée une branche armée, le CNO (Comité National d’Organisation) et décide de passer aux actions de sabotage, lignes téléphoniques sectionnées, voies ferrées coupées via des explosifs, ponts routiers détruits entre Yaoundé, Douala et Edéa...le département de la Sanaga Maritime passe sous contrôle de l’UPC. Malgré ces actions, les élections législatives prévues pour le 23 décembre 1956 sont maintenues. La première assemblée législative du Cameroun est élue. Le recours à la violence armée pour revendiquer l’indépendance fait alors du Cameroun une spécificité parmi les territoires d’Afrique noire sous domination française : c’est le seul pays de cette zone où on a recours à la lutte armée. ------------------------------------------------------------------------------------ Le 28 janvier 1957, l’assemblée législative camerounaise adopte le statut d’Etat autonome sous tutelle (statut qui pourra être modifié plus tard pour permettre la levée de tutelle et l’accession à l’indépendance). Sur proposition du haut-commissaire Pierre Messmer, André-Marie Mbida devient le 1er premier ministre du Cameroun, et se révèlera un farouche adversaire de l’UPC qu’il accusera dans un discours resté célèbre « d’avoir trompé le peuple ». ------------------------------------------------------------------------------------ L’UPC est sollicitée pour savoir sous quelle condition elle reviendrait dans le jeu politique classique. On parle ainsi d’une entrée d’Um Nyobè à l’assemblée territoriale à la suite d’une élection partielle. Um qui est dans le maquis répond en faisant publier plusieurs lettres ouvertes dans lesquelles il expose les conditions qui selon lui permettront de "la détente politique et morale". Tout d’abord, il réclame l’application du projet de loi d’amnistie, qui a été ajourné. Il réclame également l’abrogation du décret du 13 juillet 55 suite auquel l’UPC a été interdite. Enfin la 3ème condition réside dans la déclaration solennelle par le gouvernement français "portant sur la reconnaissance de l’indépendance et de la souveraineté du Kamerun", même s’il précise bien que cette indépendance n’est pas subordonnée au départ de la France, Etat tuteur. ------------------------------------------------------------------------------------ Mais les élections de 56, le statut de mai 57, l’entrée dans le jeu politique d’un gouvernement camerounais a sensiblement modifié la donne politique. Selon certains observateurs, l’UPC aurait du faire profil bas, mais elle choisit "plutôt que de s’insérer modestement dans de nouvelles structures d’agir en doctrinaire et d’en nier la validité, et à s’arc-bouter sur le fait que la loi d’amnistie n’ait pas été votée." Mbida, qui est chef de gouvernement n’est pas partisan d’une amnistie générale qui réintroduirait l’UPC dans le jeu, et n’est pas non plus partisan d’une indépendance immédiate estimant que le Cameroun n’y est pas suffisamment préparé. Mbida en fait part à Messmer, à Paris, et au Cameroun. ------------------------------------------------------------------------------------ Les conditions posées par Um n’ayant pas été prises en compte, l’UPC relance l’action violente (incendies, enlèvements, assassinats). Une seconde fois, le projet de loi d’amnistie concernant l’UPC est ajourné par le conseil de la république à Paris. Mgr Thomas Mongo va alors jouer les négociateurs entre l’UPC et les autorités représentées par Pierre Messmer car Mbida n’est pas dans la confidence. Um pose comme condition une rencontre publique avec Messmer, et une nomination à un poste de premier ministre dans un gouvernement d’Union Nationale, des conditions que le gouvernement n’a pas l’intention d’accepter. Messmer de son côté a une marge de man,,uvre restreinte car il ne peut accepter sans en référer à Paris. ------------------------------------------------------------------------------------ Mbida se met en colère quand il apprend que Messmer a essayé de négocier avec l’UPC. Mongo rencontre Messmer auquel il soumet l’idée d’une rencontre entre lui et Um Nyobè à laquelle Messmer n’est pas opposée. Mais lorsque Mongo repart dans le maquis rencontrer Um Nyobè, celui-ci a changé de position et refuse tout contact avec l’administration s’il n’a pas la garantie d’être désigné premier ministre d'un gouvernement d'Union Nationale. ------------------------------------------------------------------------------------ Le 23 novembre 1957, une patrouille tombe par hasard sur l’un des refuges du "secrétariat administratif et bureau de liaison" de l’UPC dans le maquis, ce qui permet à l’administration de découvrir l’ampleur de l’organisation de l’UPC, beaucoup plus profonde qu’elle ne le croyait. Les "pillages et assassinats" ne sont pas commis par hasard, mais sont le résultat de procédure soigneusement menées. Une administration parallèle a été mise en place avec pour objectif à terme de montrer qu’en Sanaga Maritime on pourra se passer de l’administration centrale, ce qui montrerait qu’une partie du territoire national a "pu se libérer par ses propres moyens ». Des « départements techniques" sont même chargés de la fabrication de fusils et de pistolets, de l’approvisionnement en munitions, outillage et matériel. Un véritable appareil de lutte et de guerre révolutionnaire est en place. Par ailleurs, Um, bien que vivant dans le maquis continue d’entretenir une correspondance avec l’ONU, de répondre à des interviews (dans "La Dépêche du Midi" par exemple), de publier des écrits politiques. ------------------------------------------------------------------------------------ Messmer et ses conseillers pensent déjà à remplacer le premier ministre et d'autre part, Messmer nomme un délégué à la région sud-cameroun pour rétablir l’ordre en Sanaga Maritime. Le 9 décembre, la ZOPAC (Zone de Pacification du Cameroun) est créée. Cette campagne s’étendra sur 11 mois et sera la dernière campagne de "pacification" menée par l’armée française sur le continent africain. ------------------------------------------------------------------------------------ L’action s’avère efficace puisque le nombre de "maquis" détruit passe de 9 en janvier 1958 à 62 en juillet. Le nombre de maquisards de l’UPC capturés et qui se rallient augmente sans cesse : De 70 en mars il atteindra 320 en novembre. Le 7 juin, le "général" Nyobè Pandjock Isaac est surpris dans son poste de commandement et tué. La confrontation militaire tourne à l’avantage des forces armées françaises. Um est toujours dans le maquis, mais de plus en plus seul, entouré de proches (sa compagne, son dernier né notamment) et tient un journal où il note ses rêves, ses aspirations et ses mauvais pressentiments. Les conditions de vie sont de plus en plus difficiles pour lui d’autant que son réseau de soutien, d’aide et de fidelité se démantèle progressivement. En août (57 ou 58 ?) il se rend secrètement à Douala, où une réunion clandestine de dirigeants se tient. ------------------------------------------------------------------------------------ On y discute du retour de l’UPC à la légalité, d’autant que la donne vient une fois de plus de changer. Le haut-commissaire Ramadier a parlé d’indépendance, l’assemblée législative qualifiée de "fantoche" par Um Nyobè a officiellement demandé la reconnaissance à terme de l’indépendance, la levée de la tutelle et immédiatement le transfert de compétences en ce qui concerne la gestion des affaires intérieures. Amadou Ahidjo, qui a succédé à l’ex-premier ministre Mbida, est parti pour Paris négocier le planning de ces différentes étapes. L’UPC qui a été le parti le plus actif dans la revendication de l’indépendance du Cameroun risque de se voir dépassée par "les collaborateurs" du gouvernement Ahidjo. Une loi d’amnistie a été promulguée le 17 février 1958, et ce pourrait être pour Um l’occasion de revenir au devant de la scène en toute légalité. ____________________________________________________________ Lors de la réunion, Um affirme que son devoir est d’être dans le maquis tant que l’indépendance ne sera pas proclamée (il se méfie des promesses faite par la France d’accorder l’indépendance à terme) et en tant que symbole de la nation camerounaise, il ne peut abandonner le flambeau de la nation camerounaise. Mais il se dit prêt à renoncer à la lutte armée si ses camarades de l’UPC pensent que le retour à la bataille légale est la solution. Par la suite, certains observateurs affirmeront que le retour de Um dans le maquis avait été encouragé par des membres de l’UPC qui faisaient un calcul politique. Um tué, capturé, emprisonné, et c’est tout l’héritage de l’UPC qui pourrait être monnayé auprès des dirigeants par les "héritiers spirituels" de Mpodol. ------------------------------------------------------------------------------------ Après une longue période de repérage où ils ont été aidés par des "ralliés", et des indics "traîtres", les services de renseignement parviennent à localiser la zone dans laquelle Um Nyobè se cache dans le maquis. Les patrouilles se multiplient dans cette zone et le samedi 13 septembre 1958, dans les environnements de Boumnyébel, une des équipes d’un détachement opérant par groupe de quatre à cinq personnes découvre un campement fraîchement abandonné. La zone est quadrillée, et quelques temps plus tard, une patrouille de tirailleurs saras (Tchad) commandée par un sergent-chef africain découvre quatre hommes cachés dans les buissons. L'indicateur qui a conduit jusqu'à Um Nyobè le désigne du doigt. Alors que ce dernier cherche à s'enfuir, il est abattu de plusieurs balles par un des soldats. ------------------------------------------------------------------------------------ L’un des quatre morts sera identifié comme étant Um Nyobè par des notables de Boumnyébel. Près du cadavre de Um, on retrouve la sacoche qu’il transportait avec lui. Elle contient des archives de l’UPC et le carnet dans lequel le "Mpodol" notait ses rêves et ses pensées quotidiennes, les taches à accomplir. Les corps sont ramenés au village et les villageois sont invités à venir constater la disparition de Um Nyobè. Il est mort en serrant dans la main un "gris-gris" (fétiche) qui ne l’a pas protégé des balles. Une délégation de l’association des Notables du Cameroun vient de Douala pour voir le corps. Un service religieux est célébré à Boumnyebel par un pasteur protestant. Après l’inhumation, dans l’enceinte de la mission protestante d’Eseka, la tombe du prophète de l’indépendance devra être recouverte d’une chape de ciment, pour empêcher ses plus proches partisans de venir enlever son corps. ------------------------------------------------------------------------------------ Les versions divergent cependant sur les conditions de l’assassinat de Um Nyobé. Certains historiens et acteurs de l’époque affirment que les patrouilles avaient reçu l’ordre d’abattre Um Nyobè, tandis que d’autres pensent que la mort d’Um Nyobé était un accident résultant des circonstances de sa capture. D’autres encore pensent que Um Nyobè a été livré par un traître, en l’occurrence Théodore Mayi Matip, qui aurait opportunément disparu quelques instants avant que Um et ses compagnons ne soient surpris par une patrouille. Ce dernier se ralliera au gouvernement d’Amadou Ahidjo et sera le représentant de "l’UPC légale". ------------------------------------------------------------------------------------ Ainsi s’acheva donc la vie d’un homme qui avait lutté contre les forces coloniales et avait combattu pour l’indépendance de son pays avant que d'autres n'en recueillent les fruits le 1er janvier 1960, quand fut proclamée l'indépendance du Cameroun.
Who I'd like to meet:
..

   RUBEN UM NYOBE (1913-1958)'s Friend Space (Top 8)
RUBEN UM NYOBE (1913-1958) has 333 friends.
 John Bantu Samson AkA Mr Gee High (BeatMaker / MC) 


 SIR JOHN LEE RIX 


 Zalem 


 rêves O lution 


 JO TONGO (JOJO L'EXPLOSIF) 


 LA BLAKLIST 


 Kaissa 


 John-E. Matip Eichler 





RUBEN UM NYOBE (1913-1958)'s Friends Comments
Displaying 25 of 70 comments  ( View All | Add Comment )
JO TONGO (JOJO L'EXPLOSIF)

JO TONGO (JOJO L'EXPLOSIF)



Nov 21 2009 1:50 PM

Bonjour UM
HAPPY BIRTHDAY TO YOU




JAH BLESS
Soldierman Clive Kirkland: More Culture CD...

Soldierman Clive Kirkland: More Culture CD...



Nov 16 2009 10:05 PM

ONE LOVE HAPPY BIRTHDAY
Soldierman Clive Kirkland: More Culture CD...

Soldierman Clive Kirkland: More Culture CD...



Nov 15 2009 4:50 PM

ONE LOVE HAPPY BIRTHDAY
JustAfact

O SH



Oct 23 2009 8:29 AM

Bobby Antony Styles

Bobby Antony Styles



Sep 27 2009 6:53 PM

Hi fam!



check out my new single.



"viens de l afrique" feat Kwame Nkruma & Thomas Sankara



lets get it 24seven !



one
Hakkille ☥ Biŋngel Pullo

Hakkille ☥ Biŋngel Pullo



Sep 16 2009 8:03 PM

Salut !

Comment va ? J'espère que tt est ok de ton côté.
Je te laisse une petite vidéo intitulé "Néo-Négritude" par Hakkille.
J'attends bien sûr tes impressions, tes critiques, ...

Respaix.

PS : Le son est disponible sur ma page, mais pour toi je peux te l'envoyer par mail si tu veux ?


Partel Jean marie ( jmp )

Jean marie Partel



Sep 3 2009 5:25 PM

hello
merci pour l'ajout et plein de bonnes choses je te souhaite.
à bientot sur ta page
Foss é couraj
JMP
KING DOME:2 DAYZ LEFT TO MY BIRTHDAY

KING DOME:2 DAYZ LEFT TO MY BIRTHDAY



Aug 10 2009 5:34 PM



WELCOME NEW FRIEND..ENJOY YOUR  MONDAY & MY NEW PICS  ..JDROP A COMMENT ..ADD  ME FOR MY ONLINE BLOG SHOW LIVE CAM @4 PM..SIGN UP & SUBSCRIBE TO MY SHOW..IT'S ALL LIVE!!!SHOWING,"WILD STYLE"...A HIP HOP DOCUMENTARY

http://www.twitter.com/king_dome
http://www.blogtv.com/People/kingdometv
..
kingdometv- Broadcast your self LIVE

              

                       

                        COCO & KING DOME BX,NYC
<a href="http://blingee.c
JO TONGO (JOJO L'EXPLOSIF)

JO TONGO (JOJO L'EXPLOSIF)



Jun 19 2009 1:25 PM

Bonjour UM


Have a great friday & a beautiful week-end
JAH BLESS
Baka Beyond

Baka Beyond



May 20 2009 11:43 AM

Thanks for the friendship. We're on tour at the moment playing songs from our new album "Baka Beyond the Forest" as well as some old favourites. You can hear clips on our website (www.baka.co.uk) and we've put a couple of live tracks on our Myspace page. One Love!
YANIGGA

YANIGGA



May 15 2009 11:58 AM

YANIGGA présente "PLEASE LISTEN TO MY DEMO (VOLUME 1)"

Avec les participations de :

Black Panther (USA), Svirl (ALLEMAGNE), Jahgillaz (SUEDE), Tony Saggese (ITALIE), DJ Cobra (SUEDE), Dub-A Beatz (SUISSE), Stewface (CAMEROUN), Polo from papajazz (CAMEROUN)

En vente sur http://www.yanigga.com
et à la FNAC FORUM de Chatelet-les-halles à Paris
En écoute sur http://www.myspace.com/yanigga
Le GRI-GRI International

gri-gri international



Apr 13 2009 8:31 AM

Sur le www.legrigriinternational.com :

Les Carnets de bal de l’Ambassadrice…
Elie Semoun, obligé de faire des ménages chez Carambar…
Pourquoi la France est gênée par le coup d’Etat malgache…
Le Feuilleton littéraire de Princess Erika…
6 milliards de stars… + la Go et le Gars du moment...
Des interviews : Audrey Pulvar ; François Bayrou, Eric Besson, Aissa Maïga, Mokobé…
+ en Bonus : Les films tirés des « Questions du Gri-Gri » par DailymotionMax
Bonne lecture.


www.legrigriinternational.com
ЈλHlФçĸs...

Lé rЭvolution Sun



Apr 7 2009 6:35 PM


Ex-Black Panther Rejected by U.S.
Supreme Court in Murder Case
By Greg Stohr
April 6 (Bloomberg) -- The U.S. Supreme Court rejected an appeal from Mumia Abu-Jamal, a former radio reporter and Black Panther whose conviction for the 1981 killing of a Philadelphia police officer sparked international controversy. The justices, without comment, left intact a federal appeals court ruling that upheld Abu-Jamal’s conviction, turning away his contentions that prosecutors sought to exclude blacks from the jury. He was convicted in 1982 by a jury of 10 whites and two blacks.

The case is Abu-Jamal v. Beard, 08-8483.


Just a small change (Changeless change) Real change that you could believe in' would be an end to Empire, and an end to wars for corporate greed, not just a change of the shade of the political managers. That change, I'm afraid, is still to come.
- Mumia Abu-Jamal
ЈλHlФçĸs...

Lé rЭvolution Sun



Apr 4 2009 8:26 PM

Photobucket
Photobucket
it is not the passing of the years
but the ripening wisdom of living
it is not just a toll taken
gut a well of receiving and giving
it’s not just the people come and gone
but the heart’s many faces and forms
it’s not just a weathering of skin and bone
but a weathering of stalls and storms
it is not just the luck of survival
but the brave conquering of strife
it is not just the passing of so many years
but the gathering of love and life
in the name of his imperial majesty
haile selassie i
jah i rasta far i
Photobucket
Photobucket
Photobucket
irie/bless sabbath
Genocide made in France

Genocide made in France



Apr 1 2009 10:44 AM

RWANDA un génocide made in France
Vous êtes cordialement invité-e-s

LE MARDI 7 AVRIL à PARIS
Pour fêter les 15 ANS D’IMPUNITE


Gratuit. Infos & réservations : Cliquez sur l’image

..
RWANDA, un génocide made in France
..
NKA/ !!!New Clip!!! BIFUKU MITANO!!!!

NKA/ !!!New Clip!!! BIFUKU MITANO!!!!



Mar 26 2009 9:48 PM

LOPANGO YA BANKA, OPEN BAND BY DEAD PREZ
LOPANGO YA BANKA, EN TOURNEE AVEC DEAD PREZ

03.04.
BERLIN
04.04.
COTTBUS
05.04.
LINZ (Autriche/Österreich)
06.04.
NÜRNBERG
07.04.
SCHWÄBISCH GMUND
09.04.
FRANCKFURT
11.04.
COLOGNE, OPEN BAND BY ICE CUBE/ EN AVANT PREMIERE DE ICE CUBE

Banka le combat continue...
ЈλHlФçĸs...

Lé rЭvolution Sun



Mar 25 2009 3:24 AM

Photobucket

Photobucket
Photobucket
Photobucket
The K. Ivanovitch Experience case

The K. Ivanovitch Experience case



Mar 21 2009 11:28 AM

---------_------ ------- - &_¤¡_ _¡-¡¤][xWx{{[^-∞≅∂≈97_6W_
__ _- k-I(@]=) x∇||≅∂≈≡ ∝}]@^....|[{~²& ≅∂≈≡∝²&~<-∞-- -- -
Merci DE reJOinDRe l'ExPérIENce _ MonsIEUr //
_ The EXpeRieNce tribute -_- -
- ENd trANSmiSSioN --_--
- -- -------- --- --∇||≅∂≈≡∝}]@^.x...|[{~²&≅∂≈ ≡∝²&~<-∞..<∞δ-- _
----y/δx |e^x [ - {[^[]{[_ _]° )° ]] 3" ^[≅∂ ≈≡ ∝ {[^β{[|....^*ù$^--------_
---------- ----------- -
ЈλHlФçĸs...

Lé rЭvolution Sun



Mar 19 2009 5:45 PM

Photobucket
Yes We Can CHANGE the United States Policy on HAITI

the rЭvolution continues...
End The Occupation Now!

Haiti has been under attack by U.S., Canada, France and other European powers since they fought and won their liberation in armed struggle with the French forces in 1804 .


Now is the Time For Real Pan-African Political and Economic Independence,
By Any Means Necessary!

FOCUS ON

· African People in the U.S.
Education and Involvement
· A Pan African Foreign Policy
· U.S.
International Human Rights Abuses - Criminal Offenses
· The Politics of Food
· Exploitation of Haitian Natural Resources
· WHICH WAY FORWARD?

Community Forum
U.S.
Hands Off Haiti
End the Occupation Now!

Sun.
, March 29, 2009 at 3pm

Sistas.. Place
456 Nostrand Avenue, Brooklyn NY
A or C train to Nostrand Ave * Corner of Nostrand & Jefferson Aves * Enter on Jefferson Ave
For Information Call (718) 398-1766
December 12th Movement
International Secretariat
PLEASE PRINT AND FORWARD WIDELY. THANK YOU.

Amadi Ajamu
amadi4@aol.com
718-398-1766
I can not lose 4 winning!!! Somethn 2 repeat 2self

Mackneezy Aka Kleezy



Mar 17 2009 5:24 AM

Thx U 4 da add! You really are a good new look in my book of extended MySpace friends who are sincerely about making positive101 moves for theirs, yours, mine and all the rest of like minds for the future greater, better good in ’09 as we play our roles and do our part, to work to improve ourselves, mentally, physically, morally, socially, politically and economically, etc.
Thereby helping President Obama and his administration to rebuild and improve the state of affairs of this ship of state, these United State of America, by we the people helping us, help ourselves by sharing, networking and creating a way out of not way for us and our children to have a brighter day, regardless of what the media economist and naysayer’s say, come what may by God’s grace and mercy, we will be the over comers!
So for your showing and proving that I was right in my quest to include you, among my space crew, with your honoring the request of my invite, here, there it is below, my very latest rhyme and or jingle, as of last night aight, which pretty much right came off the cuff, sure enough, the way of which I am prone and known to write! Feel foot loose and fancy to pass it on, just show a little love back, here in message or comment, there or anywhere the spirit moves you to look out, give a shout out or mention your boi, Mackneezy as in giving credit where credit is due! For all that we know it is possible that one day we could even collaborate, mingle on a song to put on, and or to build on something positive101 and strong, to help write out, white out, and wipe out some of this wrong that has been going on for so long!
Concise; cool calm and collected, whenever necessary can be a bold soul, precise, smooth as cold ice, chilling with truth & everything nice!
Respectfully,

Mackneezy a.k.a.
Kleezy © 2009
ps: It is my hope that ’09 turns out to be your best year yet, by year’s end my new extended friend.
Just aim high while focused on your goals, and as you sh
Najashi Ashama III

Najashi Ashama III



Jan 13 2009 7:40 PM

As Salaam Aleykum.
Que Ruben Um Nyobe repose en Paix et qu'Allah lui Fasse Miséricorde.
En revanche, sachons bien qu'il ne peut y avoir de Paix sans Justice.
Salaam.
JO TONGO (JOJO L'EXPLOSIF)

JO TONGO (JOJO L'EXPLOSIF)



Jan 1 2009 3:25 PM

BONJOUR UM

New Years MySpace Comments and Graphics
New Years MySpace Layouts Photobucket Login - Upload Pics and Videos
Free Comments and Graphics

JAH BLESS
JO TONGO (JOJO L'EXPLOSIF)

JO TONGO (JOJO L'EXPLOSIF)



Dec 24 2008 3:30 PM

Photobucket
Baobab Indigo

Baobab Indigo



Dec 7 2008 12:50 PM

Merci de votre amitié, je vous présente un pays magnifique, avec ce bref historique didactique d’un « génocide français » en Afrique – Rwanda, 1994 – « Parce Que Le Tchad », le film :





..
Zalem

Zalem



Oct 15 2008 8:42 PM

salut

nouveau morceau sur ma page
"20 ans déjà", sur le 20ème anniversaire de la mort de Thomas SANKARA, il y a tout juste un an

peace

Zalem

Add Comment


©2003-2009 MySpace.com. All Rights Reserved.