Jeff (Song-guitar), Mr OO (Guitar), Dan (Hammond B3 - Backing vocals), Jo (Tenor Sax - Backing vocals), Lounès « B-Bass » (Bass) and Blaise « Sweety-B » (Drums)
Influences
The Funky Meters, James Brown, Prince, Donnie Hathaway, BB King, Jaco Pastorius, Birelli, Joe Zawinul, Stanley Clark, George Benson, Maceo Parker, Galactic, Stevie Wonder, Jimi Hendrix, Sly & the Family Stone, Steve Coleman, Soul Coughing, Beastie Boys, Thelonious Monk, John Coltrane, Red Hot Chili Peppers (1st period), Michel Petrucciani, Quincy Jones, Lonnie Smith, George Benson, John Lee Hooker, Jimmy Smith, John Scofield, Herbie Hancock, Jon Cleary, Dr John, Corey Harris, Charles Mingus, Taj Mahal, George Clinton and the whole P-funk family, Otis Redding, Bootsie Collins, Billy Holiday, Ray Charles, Earth Wind & Fire, Barry White, Archie Shepp, Bill Withers, Motown, Billy Cobham...
L’histoire commence quelque part dans les profondeurs de l’impénétrable bayou seine et marnais qui étend ses méandres des confins de Jutigny jusqu’aux berges du Durteint. Une rencontre fit basculer le sort de la funk music pour les trente années à venir dans une nouvelle direction, alors inconnue. Cette rencontre, c’est celle des membres du Hot Fella, la formation qui entraîna le groove vers des territoires nouveaux et défricha ces espaces musicaux encore vierges pour plusieurs générations de musiciens.
Dans l’enfer des juke joints du delta provinois, quelques-uns des plus brillants session men du pays décidèrent de créer leur propre combo, autour du blues, et autour d’une figure tutélaire désormais légendaire : Jeff (ou plutôt Big Jeff Voulzie comme il aimait à se faire appeler) apprenti soulman téméraire. Il recruta parmi les plus fines gâchettes de la riche scène locale, à commencer par Sweety B., batteur à l’élégante discrétion, technicien raffiné, six fois vainqueur du Very Long Break Award. Ce travailleur inlassable à l’ascétisme forcené ne dort que 35 minutes par nuit et déjeune d’un simple verre d’eau, perfectionnant la pratique de son instrument jusqu’à 28 heures par jour. A ses côtés éternellement, comme son ombre, son double, se tient son alter ego bassiste, Lounes B-Bass, slapper introverti dont la facilité force l’admiration. Lorsqu’on évoque – forcément - Pastorius, l’ancien bad boy préfère se taire, humble. L’homme est avare de mots, il a ses blessures secrètes. La complicité qui unit les deux musiciens est aussi dénuée de rivalité qu’elle est chargée d’émulation, élevant le groove à bout de bras jusqu’à des niveaux jamais atteints auparavant.
La base rythmique – exceptionnelle – était désormais en place. Il manquait un guitariste. Un grand guitariste. Les auditions eurent lieu. Les aspirants défilèrent, sans succès. Il fallait de l’exceptionnel. Alors que les premiers Fella allaient jeter l’éponge, un homme fit son apparition, le visage sombre, les pieds nus et ruisselant de la pluie qui tombait depuis plusieurs jours sans interruption sur la région, une Stratocaster à la main. Monsieur O.O fut engagé après seulement quelques minutes de jeu. Mercenaire du blues, guerrier du funk, sorcier vaudou de la six cordes, il a été mille fois copié, mais jamais égalé. Le groove devient dangereux entre ses mains, se transforme en arme et certains de ses plans sont si rapides que personne n’a réussi à les déchiffrer à ce jour. Cependant, l’homme refuse le star system. « C’est le groove qui m’a fait. Je dois tout au groove, mec. », répète-t-il inlassablement.
Dès leur début, ils subirent un coup dur. Ne se trouvant pas assez bon pour mener le groupe, Jeff décida de s’exiler au cœur du blues, à la Nouvelle-Orleans, pour apprendre. Il s’envola pour la Louisiane le soir même avec 3 dollars 55 cents en poche, et un paquet de cigarettes entamé. A la dure école du jam, le jeune guitariste fit ses gammes, survivant à peine des quelques dollars grappillés en chantant à des barbecues parties. Mais le garçon n’avait faim que de musique. Après deux années de labeur, il décida enfin de rentrer alors même qu’Aaron Neville lui proposait de l’engager dans son band. Jeff déclina. « Il fallait que je rentre, man. Que je retrouve le groupe. Tu sais, ce sont plus que des zicos. J’aime ces types, ce sont mes amis, mes frères, je donnerais ma chemise pour ces mecs-là », se rappelle-t-il, rattrapé par l’émotion. Il s’arrête soudain, les larmes aux yeux. Un ange passe…
Le niveau qu’avait acquis Baron Jeff Gumbo (le surnom qu’il avait gagné à la Nouvelle-Orleans) était tel qu’une anecdote lugubre circula sur son compte : alors qu’il sortait un soir d’un club où John Cleary lui-même l’avait chassé de scène en lui disant d’aller se trouver un vrai boulot, il serait arrivé à un carrefour désert, où il aurait posé un instant son étui à guitare fatigué. Sur le point de repartir, un homme à l’allure sinistre serait venu vers lui et lui aurait offert de jouer de la guitare comme nul autre homme n’en était capable. Il ne demandait, en échange, que son âme…
La même anecdote concerne néanmoins une bonne douzaine de guitaristes encore en activité, dont Mr O.O également. Sa véracité n’est donc pas réellement attestée, mais elle dit bien quelque chose de l’aura quasi surnaturelle qui enveloppe Baron Jeff Gumbo à la tête de son armée funky, déversant sur un public en transe un son plus chaud que la lave.
Il savait qu’il avait désormais assez d’arguments pour aller trouver l’homme sans qui rien n’aurait été possible : Mighty Dan. Multi instrumentiste prodige, Mighty Dan fut une célébrité locale dès l’âge de six ans lorsqu’il déchiffra en entier une sonate de Bach en cours de musique. Capable de tenir un shuffle à la batterie à la main droite et de jouer du clavier de la main gauche tout en soufflant ‘je te tiens tu me tiens par la barbichette’ à l’harmonica, sa maîtrise de 76 instruments reconnus officiellement et son oreille supérieurement développée en avaient fait l’homme orchestre le plus recherché de la région. Le projet ne pouvait que le séduire. Il abandonna aussitôt les huit autres groupes qu’il menait de front pour se consacrer entièrement à l’aventure Hot Fella. Bien lui en prit. Les six hommes commencèrent par éliminer systématiquement toute la concurrence dans la région, provoquant plusieurs émeutes dans les salles les plus chaudes du bayou profond : Everly, Jutigny, Blunay… Une section cuivre fut recrutée, composée de Jo ‘Jo’ Znaty au ténor et de Sam ‘the sham’ Wine à l’alto.
Duo imprévisible, capable du pire et surtout du meilleur, l’excentrique showman et le jazzman mystérieux, réunis, inséparables, complémentaires, le feu et la glace. Le yin et le yang. Les Sax Machines étaient nés et leur légende avec. Les gigs se firent de plus en plus prestigieux, jusqu’à les mener à l’Opus Café qu’ils remplirent dix soirs de suite, laissant chaque nuit les spectateurs en état de choc.
Puis ce fut Montereau et la promesse de la consécration. Escamotant tous les artistes émergeant, éclipsant Johnny Winter et Poppa Chubby, le Hot Felle vola la vedette à tout le monde au cours d’un concert mémorable, à l’intensité brûlante. Les Fella durent être escortés jusqu’à la sortie pour les protéger d’une foule transportée. Les propositions affluèrent. Dans un geste d’intégrité artistique rare, les sept hommes refusèrent en bloc les avances des majors, choisissant plutôt d’enregistrer un EP autoproduit, le désormais culte« Waiting for Fella », dont l’édition originale très prisée des collectionneurs est aujourd’hui cotée à des sommes dissuasives sur Internet. Gorgé de refrains incendiaires, le disque montre toute l’étendue du registre et le savoir-faire du groupe en studio, que l’on disait incapable de rendre toute l’intensité de leurs shows sur album. Le Hot partit défendre le disque en tournée, une tournée des clubs les plus bouillants de l’Ouest.
Les difficultés de la vie sur la route eurent raison de la fragilité nerveuse de Sam ‘the sham’ qui décida de quitter l’aventure en dépit du succès grandissant. Il annonça brièvement son départ et se retira dans son château champenois dont il n’est plus sorti publiquement depuis lors. On raconte qu’il travaille obsessionnellement à reproduire le son exact du vibrato de Cannonball Adderley… Récemment, des rumeurs ont laissé filtré qu’il pourrait reprendre au moins le chemin des répétitions avec son vieux projet Jazz Colors…
Son départ laissa des milliers de fans orphelins de ses solis fiévreux aux accents parkeriens et son acolyte de toujours Jo ‘ Jo’ Znaty en recherche d’un nouveau partenaire. En effet, le ténor du Hot eut beau multiplier les prouesses scéniques - à genoux dans le public, chemise à fleurs ouverte sur un collier fluorescent et perruque afro sur la tête - l’absence restait criante. L’arrivée récente du jeune espoir de la funk, Peter Jr. a soulagé Jo ‘Jo’ et redonné au Hot une section cuivre d’élite.
Le Hot reprit le chemin du studio pour graver tout un album cette fois-ci au ton résolument nouveau, aéré, apaisé, plus smooth lounge que hot disco, baigné dans un groove lowdown où l’on distingue une tendance au revival nu soul, « On avait envie de prendre des risques, man, de se faire peur. On s’est complètement mis en danger, dude. », commente Marius jefferson (comme Jeff se fait maintenant appeler), un verre de rhum à la main, dans le fauteuil du salon de l’hôtel George V où il a donne sa série d’interviews promotionnelles.
Le concert triomphal de fin d’année qu’ils viennent de donner au Café Montmartre en compagnie de leurs alliés de toujours, les rugueux blues rockers des Goodfellas, annonce une année 2007 qui pourrait être celle de la consécration que ces pionniers intègres et visionnaires méritent plus qu’à leur tour.
Salut ! Nous sommes le 1er groupe International listé sur NoMajorMusik, qui offre la possibilité aux internautes de devenir co-producteurs et de percevoir des bénéfices sur les ventes!
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C'est clair que Mojo Jojo m'a bien détruit. Cette photo est en même temps un émouvant souvenir des nuits folles de l'époque CD Corner. On savait vivre et faire la fête en ce temps-là, les enfants, c'est moi qui vous le dit... (et braval pour le mix, Dan. Tu es le master du Master. Tu peux test.)