"Le premier disque de D.E.V.I.A.N.C.E. est une tuerie. Je me souviens de la première fois où j'ai passé une démo du groupe à l'antenne, c'était le morceau intitulé " petites plaies entre amants ". Il y a eu quelques secondes de silence après la diffusion, une sorte de trou noir qui exprimait le choc ressenti dans le studio. Technicien et invités se sont regardés, comme si une tornade venait de passer.
Aujourd'hui sort enfin l'album, qui tient toutes les promesses qui sont venues depuis bousculer les ondes de Radio libertaire, via Place Aux Fous Musique. Dense, intense, intègre, remarquablement équilibré, D.E.V.I.A.N.C.E., le disque, a manifestement été conçu comme un tout. Ce qui renforce le propos qui, dans une atmosphère trop uniforme ou hermétique, aurait pu être étouffé.
La musique est d'obédience électronique, à la fois expérimentale, minimaliste (sans être pauvre, loin de là) et accessible. C'est là une des forces du duo, cette volonté d'être abordable, sans verser dans la facilité pour autant. La tonalité générale de l'album est sombre, prenante, souvent angoissante, voire terrifiante, c'est une descente dans les arcanes de l'être humain, du quotidien jusqu'aux tréfonds de l'âme, là où stagne l'inavouable. Et l'inavoué. Et si nos deux poétesses (quel autre mot pour les désigner ?) – Sick Lust et So. Noël – nous rapportent leurs tourments, leurs excès, leurs colères ou leurs souffrances, c'est avec ce talent particulier qui fait que les mots et ce qu'ils décrivent dépassent toute forme de nombrilisme pour éveiller un écho dans chacun(e) d'entre nous.
Et puis il y a les voix. Qui parlent. Ni rap, ni slam pourtant (heureusement !). Nous sommes ici entre spoken words et chant. Une forme particulièrement moderne, inédite, ancrée me semble-t-il dans le Sprechgesang, ce chant parlé de la musique contemporaine (cf. Arnold Schönberg, Alban Berg, Luciano Berio), tout en s'en affranchissant par l'introduction du rythme, issu du rock and roll, et qui parcourt les textes comme une décharge électrique. Nous sommes en présence d'un véritable ovni qu'on pourrait définir comme une forme d'opéra électronique au format rock.
Il y a quelque chose de théâtral dans les chansons, quelque chose qui vient en droite ligne de l'Expressionnisme. Les mots claquent, entre cris et murmures, miaulements et hurlements, scandés, martelés, distordus parfois, avec de brusques échappées lyriques qui ouvrent une respiration quand l'atmosphère s'épaissit, glauque, violente ou poignante. Les voix s'entrechoquent, filent à l'unisson avant de s'entrelacer, chacune de leur côté, toujours ensemble. Chaque chanson raconte une histoire, c'est un instantané cru, cruel, d'une des composantes de la condition humaine, un scénario écrit au scalpel d'une représentation kaléidoscopique de la réalité, qui ne farde ni n'esquive aucun sujet : excès en tout genre, maladie, sexe, suicide, brutalité...
Une dimension à ne pas négliger cependant est l'humour. Un humour noir, qui aurait sa place dans l'anthologie du même nom, élaborée et publiée par André Breton (" la tête dans le four ", par exemple, est un chef-d'œuvre du genre), une ironie qui glace le sang (" Petit viol consenti... ", chantonné comme une comptine ; " Maman, est-ce que tu dors ? Papa, détruis-moi encore " susurré d'une façon presque guillerette avec une voix de fillette, comme un défi – un jeu, sinistre jeu ? " sarcophage médical "). Secoué, et pour masquer l'émotion, on sourirait presque, comme on sourit en Asie quand on est mal à l'aise – alors oui on sourit... jaune, très jaune, comme le jaune de l'hématome, des ecchymoses... et puis les cris explosent, vous saisissent à la gorge, ne vous lâchent pas (" Pourquoi ? " - petites plaies entre amants - " Arrête ! ").
D.e.v.i.a.n.c.e. est un miroir qui nous renvoie une image de nous-même, qui est d'autant plus effrayante qu'elle baigne dans la lumière froide de la lucidité. Le jugement ne vient pas des textes mais de ce qu'on en retire, de notre propre conscience. Le reflet qu'on contemple suffit, lui, à nous coller une baffe.
Un disque indispensable."
D.E.V.I.A.N.C.E. : Sick Lust et So. Noël, voix & composition
Eric Tessier
18 mai 2008
Oa est une proposition. Oa est un voyage au-delà du monde connu. Oa est issu du roman Tohu, d’Eric Vuillard. Oa est une expérience du langage, une exploration des rêves, une spéléologie de la scène. Dans Oa il y a des rituels, des hommes qui vivent dans les rêves d’autres hommes, des promeneurs solitaires, des visions, des visages secrets dévoilés, des choses qui meurent, des corps qui éclatent de joie. C’est expérimental, c’est effrayant, c’est onirique, c’est le pied.
DU 1ER AU 5 JUILLET A 21H
A GARE AU THEATRE (Vitry) pour le festival NOUS N'IRONS PAS A AVIGNON
Réservations: 01 55 53 22 22 (6/9/12€)
Vous venez?
+ samedi et dimanche 17h: ateliers-performances para-psychiques (gratuit)
NOS EDITIONS FOLLES et CICG ont le plaisir de vous annoncer la parution du roman de SO. NOËL PLAINTES CONTRE X Ce texte relate l'histoire chaotique de Sonia Cribioli, une jeune journaliste musicale un peu trop fêtarde qui gravite dans le microcosme vérolé du rock n roll parisien. D'errances en déglingues, de chroniques de disques cocaïnées en concerts alcoolisés, elle mène une vie fantasque et dissolue. Pour ne rien arranger à son quotidien débraillé, elle tombe un jour gravement malade… Vous pouvez dès à présent découvrir des extraits de Plaintes contre X dans la section blog de www.myspace.com/plaintescontrex. Des visuels léchés et esthétisants viennent compléter l’univers de Plaintes Contre X, roman sulfureux (photos Lu.Bo/DADCOM, Digital Art Sick Lust, Dessin Syl). Un CD 11 titres est inclus dans le livre. Il regroupe 8 groupes rock ou electro qui ont composé un ou plusieurs morceaux spécialement pour cet ouvrage : Lust Control, No Rest 4 The Brave, Laamdatün, d.e.v.i.a.n.c.e, Anadyomène, Kinesin, Iku, Le Collector.
Cyrielle étant partie donner une série de conférences sur
Chateaubriand dans l’express Paris Munich ses petits camarades en profitent
pour s’adonner à leurs passions les plus coupables.
Sofff a pris en otage un paquet de chips, elle ne le
rendra qu’une fois vidé.
Pedro, promu commissaire divisionnaire, enquête sur le
décès suspect d’une poupée chiffon, le dossier est en cours… Mais qui a tué
Laura Poilbeurre ?
JL s’est replongé dans l’étude de ABBA et ses applications
en musique militaire, notamment par les légendaires sous-mariniers commando de
Stockholm.
Palem lui a découvert le nom de son nouveau directeur de
recherche, il s’agit de Snifff. Le courant passe entre eux, mais il va
désormais devoir faire tous ses exposés… en ronronnant.
Vous en saurez plus au cours des quatre prochains concerts
de The Bree Van de Kamp’s Les 11 juin au Pub ADK (Roissy en Brie) / 12
juin au café culture (Draveil) / 13 juin en showcase à Total Music / et pour
finir en beauté le 19 juin à la miroiterie pour lutter contre la vivisection.
(c’est laid)
Petit pincement au cœur : ces quatre concerts seront
les derniers de Cyrielle qui volera ensuite vers de nouvelles aventures.
Plus d’infos sur le myspace et nous restons ouverts à
toutes vos questions existentielles (comme « pourquoi le
beurre ? », « Comment s’appelle les enfants du créateur de
Bibifoc ? » ou bien: « Comment faire cuire des endives sans
qu’elles soient amères ? ») à bientôt en live
Un peu de vidéo, ça adoucit les moeurs, ou bien ça vous permet d'exploser sur la toile !
Intéressé ? Les tarifs s'adaptent aux situations ;) A vous de me dire !
01)- PRAVDA: Panik (générique/PAF theme) 02)- PERFECT IDIOTS: Pinball Guru 03)- TUEPOGOE64: Strychnine 04)- TUEPOGOE64: That's Wrong 05)- ENOB: I'm Fine (What Else) 06)- TUEPOGOE64: Living Like An Animal 07)- JOHNNY HALLYDAY: Les bras en croix 08)- TUEPOGOE64: Police 09)- THE CAVES: Don't Hold Me Back 10)- THE CAVES: Hard Times 11)- THE CAVES: Innocent Child 12)- D.E.V.I.A.N.C.E: Nature Deviante
OUT NOW KRACH 002 various - krachcom.pilation 2 cd - ltd. 300 copies Released: 04 Apr 2009 Genre: Electronic Style: Techno, Noise, Ambient, Industrial worldwide distribution by ANT-ZEN
Encore merci de votre participation, et bravo pour votre prestation! Je suis content et fier de vous avoir comptées parmi l'équipe d'intervenants hier soir. Vous n'avez laissé personne indifférent, ça je peux vous l'affirmer, et j'ai eu de nombreux échos positifs!
Ravi d'avoir échangé quelques mots avec vous après ce concert à la Cantada qui, malgré les petits soucis techniques, était vraiment mortel, sincèrement...