Rodrigue aime Chimène. Chimène aime Rodrigue. Leurs pères sont d'accord. Tout semble présager le meilleur.
Don Diègue, héros en son temps, vient d'être nommé gouverneur du Prince par le Roi. Le Comte, bras armé de sa majesté, lui reproche d'avoir pris sa place. Une querelle éclate et le Comte offense Don Diègue. Ce dernier, trop âgé pour répliquer, confie à son fils Rodrigue le soin de venger son honneur.
Rodrigue est devant un dilemme car le Comte n'est autre que le père de Chimène. Que faire? S'il tue le Comte, il perd Chimène. S'il refuse le duel, il perd son honneur. S'il se laisse tuer, il déshonore ses illustres ancêtres.
Le CiD est une œuvre exemplaire.
Il y a évidemment la sublime histoire d’amour entre Rodrigue & Chimène. A l’époque de Corneille, toute la « presse » soulignait que « Tout Paris pour Rodrigue a les yeux de Chimène ».
On y retrouve également des valeurs communes à toutes les cultures : l’honneur, le respect de l’ascendance et son poids sur le libre-arbitre, le courage.
Il y a bien sûr tout ça et plus encore. Pourtant le point essentiel et singulier reste que l’œuvre soit passée dans l’inconscient collectif.
Demandez à quelqu’un s’il connaît Le CiD. Au mieux, il se rappellera un cours plus ou moins laborieux de collège ou de lycée.
Citez-lui :
O rage ! O désespoir !
Va, je ne te hais point
Rodrigue, as-tu du cœur ?
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire
Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années
A moi, Comte, deux mots !
L’amour est un tyran qui n’épargne personne
Et il aura l’impression d’entendre de vieux proverbes.
Voilà pourquoi Le CiD est une pièce qui perdure en chacun et, par son romanesque et sa contemporanéité, se prête à un traitement évident en comédie musicale.
J’ai choisi de proposer une récriture de l’œuvre, en conservant des mots, des vers de Corneille, afin de le rendre plus abordable tout en gardant ce qui fait sa force.
Musicalement, j’ai allié aux airs « comédies musicales », amples et généreux, des titres aux couleurs pop et rock afin de marquer l’intérêt actuel et intemporel de la pièce.
Le casting étant d’une importance capitale dans la comédie musicale, j’ai donc opéré ma sélection sur plusieurs critères.
Le physique : il faut des gens qui accrochent le regard. Plus que la beauté, souvent relative, le fait d’avoir une gueule, du charisme est nécessaire
Les timbres de voix : j’aime identifier une voix à un personnage sans avoir à le regarder sur scène. J’ai, de fait, suivi mon intuition afin de trouver des chanteurs (ses) qui aient de véritables signatures vocales.
Des interprètes : on ne chante pas, on joue ! Juste à l’écoute des titres, on doit saisir l’enjeu scénique, la tension dramatique des scènes.
La diversité : j’ai choisi de réunir, pour leur talent, des « ténors » du genre comme Eléonore Beaulieu ou Valéry Rodriguez et de jeunes artistes que de tels spectacles permettent de découvrir pour le plus grand plaisir de l’auditoire.
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Bannière du Cid
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J'ai été heureuse de pouvoir apporter ma modeste contribution vocale à mon ami Mike.
Comme cela a pu être fait par le passé avec Hugo ou Shakespeare, Mike a su puiser dans notre patrimoine littéraire afin d'exhumer le chef d'oeuvre de Corneille de façon ludique et éducative.
Ce spectacle a un souffle qui reste dans la mouvance des comédies musicales que l'on connaît, des mélodies qui restent en tête et des textes qui ne dénaturent pas l'oeuvre originale. Il a su, de plus, trouver des interprètes avec une véritable signature vocale.
Comme me l'a dit Gérard Presgurvic, on trouve de bons chanteurs partout mais, pour un spectacle, il est nécessaire d'avoir des interprètes qui véhiculent l'émotion et rendent le texte intelligible.
Longue route au CiD !
Léo Beaulieu