L ‘histoire de la musique fourmille de sonates perdues, d’albums oubliés, de remixes jamais entendus. L’insouciante apparente de cette musique est échelonnée par ces trous noirs que les artistes eux-mêmes préfèrent parfois oublier. Les espoirs et les rêves qui ont déclanché ces projets musicaux s’évanouissent avec un brûlant sentiment d’injustice. Toutes ces heures à composer et à enregistrer semblent réduites à néant car soudain arrive ce qui effraie le plus l’artiste : l’idée avortée. Le fruit d’une imagination disparaît avant même que le public ait eu la chance de le découvrir. C’est comme une implosion, une sentence extérieure qui peut casser le fil si mystérieux qui nourrit l’art. La meurtrissure persiste pendant des années.
L’album « Succès Damnés (The Lost Album) » porte bien son titre. C’est un Disque Perdu. En 1993, cette collection de chansons enregistrées au Portugal devait être l’objet qui révèlerait Lala à un public plus large et qui marquerait l’aboutissement d’une décennie de tours de chant et de tournées. L’underground a toujours soutenu Lala et son groupe, Les Emotions (avec Antoine Merveilleux de Vignaux au Fender twin reverb) Le bouche à oreille avait encouragé cet étrange performer qui était apparu en 1978, vivant de petits travaux et passant de squat en squat. Il faut se rappeler que la scène alternative parisienne de l’époque était un milieu finalement minuscule où l’entraide était cruciale, la jalousie quasi inexistante. Tout se faisait avec les bouts de ficelle proverbiaux et si l’on n’appartenait pas à la couche supérieure de la jet set du Palace, les chances de s’exprimer restaient minces. Le rock, poussé par le punk, a eu plus de chance.
Mais la chanson ? De Marie France à Mikado, les artistes semblent être apparus juste quelques années trop tôt. Au début des années 80, la chanson underground est pratiquement sur le point d’obtenir un cross-over qui l’aiderait à convaincre une nouvelle audience, pourtant en attente de nouveaux visages. Mais les chansons de ce répertoire sont tout simplement trop camp, trop pointues. Bien sûr, « Jolie fille d’Alger » (Phonogram en France et Chrysalis en GB, 1981) connaît un succès d’estime et a de nombreux fans. la chanson est cajolée par France Inter, FIP ou Radio Nice, mais pour beaucoup le disque provoque le type d’attention que l’on accorde à un OVNI, quand on fait un double take incrédule. C’était un premier pas, il devait y en avoir d’autres. Lala, comme d’autres artistes de sa génération, a totalement digéré l’affirmation de son identité. Les chansons de Lala sont clairement gay. Les sujets abordés, le look de l’artiste, ses références et le double entendre des mots, tout cela est si affirmé que Lala n’a jamais cherché le scandale. L’élément révolutionnaire du registre de Lala, c’est précisément de considérer que la sexualité gay est évidente, avant même que la société l’affirme une bonne fois pour toutes avec l’arrivée de la gauche au pouvoir. Fait digne d’être mentionné, Lala fut le seul artiste français invité trois années de suites dans des festivals gay en Belgique et Hollande. Lala est un chanteur qui ne fait pas de concessions et qui ne compromet pas son travail, même si cela rend la tâche plus difficile. Avant d’évoluer – très vite- vers un look plus « new wave cool », c’est un garçon qui porte des robes Mondrian sur scène, tout comme ses choristes, les mythiques Lalettes. Et alors ? Ce n’est pas du cross dressing, c’est autre chose. La célébrité ? Elle doit arriver selon ses espérances. Artiste de scène, Lala est quelqu’un qu’il faut voir chanter pour comprendre la candeur de son style torturé. Son public est convaincu que ce parfum mélodique est le Zeitgeist de cette charnière si unique de notre histoire : le passage entre la servitude culturelle et la modernité des années 80. Lala est donc un artiste clairement homosexuel, mais il a déjà franchi la frontière, sans jamais insister sur la douleur du parcours effectué, et godness knows que les larmes ont été nombreuses. Le pari insensé de Lala, c’est de s’exprimer tout en développant son amour propre, une envie de convaincre en se montrant tel que l’on est, et c’est un espoir qui soutient les rêves de ceux qui l’entourent, comme Pascale Borel qui l’a accompagné sur scène, d’abord en Lalette, puis aux claviers pour quelques concerts intimistes.
Quand Lala est parti enregistrer au Portugal, nous étions tous à croiser les doigts, priant cette mystérieuse Goddess de lui accorder enfin un album qui lui plairait – et qui nous plairait. Ce disque, c’est le Best Of de ces années. À son retour, nous avons découvert des chansons dont les rythmes et les arrangements avaient été bouleversés, dans le bon sens du terme. Il y avait une sonorité professionnelle, des violons, des instruments à vent, une production posée, orchestrée par Frank Darcel (musicien-producteur rennais, ex-Marquis de Sade et collaborateur d’Etienne Daho), avec d’excellents musiciens français et portuguais. Et puis… Le disque n’est jamais sorti. Aujourd’hui encore, personne ne sait où se trouvent les bandes master originelles.
Too much too soon.
Cet album, Lala a pu le ressusciter, poussé par BillyBoy* il y a quelques mois grâce à l’aide des studios suisses Dinemec à l’occasion de la publication la revue Sang Bleu qui a proposé d’insérer ce CD dans son dernier numéro, pour accompagner un dossier de 16 pages sur les artistes BillyBoy* & Lala. Un travail d’équalisation a permis de nettoyer le son de cet enregistrement, miraculeusement préservé sur un seul CD, conservé par Lala. La surprise, c’est l’intemporalité des arrangements de l’époque. Bien sûr, aujourd’hui, la voix serait mise plus en avant, tout serait compressé. Mais ce qu’il reste, c’est la pureté du phrasé de Lala, la sincérité et aussi, souvent, l’humour ou le comique décalé de son écriture. Lala est un très bon compositeur. Ses textes sont limpides. Certaines de ces chansons ont désormais trente ans. Moi, le petit frère de Lala, et tous ses amis, nous nous sommes dirigés vers ce que nous voulions réaliser dans la vie avec le fond sonore de ces chansons qui sont devenues, pour nous, malgré l’oubli, des leçons de chose, des encouragements philosophiques. « Les biches de la Forêt », c’est notre petite ode à la drague et à la mode. « Mario et Johnny » : la première chanson sur le sida. « Le squat » : nos espoirs de célébrité pendant ces années sans chauffage. « Mon p’tit bla bla bla » : le souvenir d’un amour sans issue et du rêve adolescent. « Un endroit inhumain » : c’est le cri que l’on lançait quand on était trop queer. « Edie Superstar » : un hymne Warholien car l’ensemble de l’underground de l’époque avait le rêve commun de la Factory. « Cherbourg » : une chanson sur un jeune homo confronté à la difficulté d’affirmer son identité et sur la tentation de la fuite, du désespoir. Et que dire cette reprise du « Love Me, Please » de Polnareff, seule chanson non originale de l’album, complètement réapropriée par Lala qui, épaulé par le pianiste et compositeur Jean Pierre Baudry (également Breton, mais de Nantes) transpose le mode majeur de l’original en surprenante mélopée modale. Treize chansons tirées de l’oubli et de la malédiction, comme un pavé de candeur dans un monde devenu tellement moins candide et plus formaté. Seize années pendant lesquelles Lala s’est totalement consacré à son histoire d’amour avec BillyBoy*, partageant le même travail et la même obsession de l’art et de la création. BillyBoy*, qui clôture cet album (avant un bonus d’Edie Superstar) avec deux morceaux feat. totalement zany, comme il se doit, « Vroom ! Vroom ! » et le « Geek National Anthem » (ou « Danse du tapis »). Pour finir sur du Kanye West folle. Folle. Folle.
Didier Lestrade, janvier 2009-
Journaliste (Magazine, Libération, Inrockuptibles, Têtu ), co-fondateur de Têtu magazine, Didier Lestrade est également fondateur d'Act-up Paris et écrivain, auteur de plusieurs livres.
Plus sur BillyBoy* & Lala: http://www.fondationtanagra.com
LALA “SUCCES DAMNES” (THE LOST ALBUM) a été enregistré
en 1993 à Lisbonne, Portugal -
Direction Frank Darcel -
Co-production Patrick Aumigny /Eva/Lilite
Executive producer: Paul Sutin
Il contient 13 chansons originales signées/co-signées et interprétées par Lala, composées entre 1978 et 1993 ( à l’exception de la reprise de “Love Me, Please” de Michel Polnareff - réalisation Jean Pierre Baudry, 1987)
De l’avis de Lala ces chansons “ex new wave cool” et “space lounge avant l’amerrissage” sont enfin prêtes à toucher leur nouveau public. Elles ont toutes été interprétées sur scène par Lala.
Avec:
Lala: chant.
Xavier "Tox" Géronimi: guitares.
Marcel Aubé: guitare basse.
Dominic Cointre: claviers et synthétiseurs.
Alain Le Flour: batterie.
Percussions: Joao Balao, Quim Jojo. Sax alto: Edgar Caramelo.
Vocaux: Lala, Nuno Tana, Gimba, Georg Galvao, Pascale Borel ("Le squat" et "Edie Superstar" 2), Mathieu Geoffroy D'Ocagne ("Le squat")
"Love Me, Please", direction et claviers: Jean Pierre Baudry.
Batterie: Paul Dufayet de la Tour.
"Les Biches de la Forêt", direction Stephane McComb.
avec Dominic Cointre: piano, Lala: appeaux.
Les deux morceaux featuring BillyBoy* intitulés “Vroom Vroom” et “Geek National Anthem”(ou “Danse du tapis”) ont été composés par BillyBoy* en aout 2008.
“Vroom Vroom” est défini par Lala comme “cartoon jungle stomp”, typique de la fantasmagorie BillyBoy*.
Ont élégamment participé à “Vroom Vroom”: Thierry Chaunay (clarinette, sax alto), Alec Jiri (dijerido), Marc Staedler (percussions, piano, choeurs), BillyBoy* (kazoo, chant, choeurs), Lala (tri-angle, choeurs)
“Succès damnés” (The Lost Album) dont les bandes originales sont introuvables à ce jour a été équalisé aux Studios Dinemec en octobre 2008 à parti d'un pré-mix de 1993: ingénieur du son Thierry Chaunay, assisté de Marc Staedler.
Une série limitée de 1000 exemplaires est produite par Dinemec Records à l’occasion de la soirée de lancement du 30 janvier 2009 à:
Cela faisait un bout de temps qu'on n'était pas passé par là. King's Queer finit l'année en beauté, plus d'une trentaine de dates et toujours debout et Non Conforme...
On vous souhaite à tous et à toutes de joyeuses fêtes.
Rendez vous en 2010 avec des projets plein la tête.
Petit passage rapide pour laisser quelques infos. Pour King’s
Queer mai fut une apothéose.
Si, si on vous le jure !
Alors que nous réserve le mois de juin ?
Le 10 juin Show –case de King’s Queer au Café les épines
(Strasbourg) suivi d’un atelier discussion : « Dur à Queer »
Le 13 juin l’asso’ Festygays
donne carte blanche à King’s Queer pour la soirée de clôture de la
Gaypride de Strasbourg. Au programme : King’s Queer + Nos copines de
Mauvais Genres (www.myspace.com/mauvaisgenres) mais aussi projection du court
métrage « Journal intime » (http://journalintime-lefilm.new.fr),
et on s’achève sur une Disco Débile animée par nos soins !!!
Le 18 juin King’s Queer à Bruxelles à l’asso Coiffure
Liliane
Le 20 juin à Lille au CCL avec Viscéralement Déviant
Le 21 juin toujours au CCL atelier discussion : « Dur
à Queer »
Peut être que ce sera l’occasion de se croiser…
En attendant n’oublions pas « La révolution c’est pas
pour les pédés »…
THANK YOU FOR BEING OUR FRIEND ON HERE!
A couple things you might be interested in:
ORDER THE OFFICIAL SHIROCK DEBUT EVERYTHING BURNS HERE: ITUNES PHYSICAL CD
Please sign-up for our email list, it's how we let you know when we're coming to your area!
You can sign-up here to stay connected: http://signup.shirock.net
I'm a Professional Life Coach seeking Vocalists/Musicians/Bands that are interested in Improving their lives on any level that they see fit.
Do you want to become a better performer?
Do you want to play more gigs?
Do you need to focus more on marketing?
Do you want to be happier or healthier?
Do you just want to be a better Human Being?
I'm looking to collaborate with Individuals or Entire Bands at all levels of success who are aware that they have some positive changes to make, but just might need a little help focusing in on exactly who it is that they want to be, and/or how to be that person. We all want to be a better something. It's my job to help people do just that.
I am a huge fan of all genres of music and I have managed numerous bands over the past several years.
I've worked with many well known producers, writers, musicians and engineers and might possibly have some great contacts for the right client.
I'm seeking Bands/Musicians who are willing to be coached and willing to invest both the time and effort that it takes to enhance their lives.
I look forward to hearing back from you and partnering with you to bring out the potential that we all know is within us!
You are reading this for a Reason... Answer This Add.... what have you got to lose? It could change your life...
King’s Queer est un groupe de live, prenant toute sa force devant son public éclectique. Chaque concert est une performance unique où tout est possible…C’est de l’imprévu, de l’énergie à l’état pur, passerelle entre les genres, se réapproprier la fête de façon humaine. Un échange permanent…
Alors si vous voulez les voir au mois de mai, plusieurs dates vous attendent :
Le 10 mai à Nancy à la MJC des Trois Maisons (asso’ Spiruline)
Le 16 mai à Angers Salle Chabada (marche des fiertés)
Le 17 mai à Strasbourg (asso’ OTR et STS 67)
Le 21 mai à Grenade Galerie Dékapée
Le 23 mai à Mimizan (Festydays)
Le 24 mai toujours à Mimizan (Festydays)
Le 30 mai Nantes (clôture de la Marche des Fiertés)
Et vous pouvez aussi télécharger gratuitement leurs morceaux :
Après Paris, Lille, Bruxelles on continue notre tour Non Conforme…
Vous pouvez retrouver King’s Queer le 18 avril à 21h au bar Regards d’Ailleurs à Rennes (36 rue Dupont des Loges) et Le 25 avril à 22h à l’Emblème Bar à Rennes (24 rue d’Antrain)...